Isabelle Marquis : la conscience d’abord, l’action ensuite

Isabelle Marquis : la conscience d’abord, l’action ensuite
Mère de trois enfants

Il n’est pas étonnant de voir Isabelle Marquis présider le comité environnemental à l’hôtel de ville de Drummondville. Depuis de nombreuses années, cette femme de 39 ans, chimiste de métier, ne se gêne pas pour sensibiliser les gens à cette cause des plus importantes. Le moyen qu’elle a choisi : la politique.

Mais avant de joindre le conseil municipal de Drummondville (2009), Isabelle Marquis a présidé, pour le Québec, l’Action démocratique du Québec (ADQ) en 2000 et 2001 et a vainement tenté sa chance lors des élections provinciales de 1998 et 2003, dans Johnson.

En 2008, une vague adéquiste a déferlé sur le Québec et c’est alors qu’Éric Charbonneau a été élu dans cette circonscription. Ce dernier a confié à Isabelle Marquis le rôle d’attachée politique.

«J’ai toujours fait de la politique active. À 17 ans, j’ai eu le privilège de participer au Parlement étudiant à Québec et d’avoir été élue ministre de l’Environnement. Ensuite, j’ai fait beaucoup de militantisme et, chaque fois, j’abordais le sujet de la protection de l’environnement. Au fond de moi, j’espérais tellement qu’il progresse, que les gens soient saisis de son importance. Encore aujourd’hui, je trouve parfois que ça ne va pas assez vite, que les politiciens ne parlent que d’économie, de bénéfices, etc. Un jour, il va s’imposer de lui-même…», estime Mme Marquis, qui a lu tous les écrits de David Suzuki et de Nicolas Hulot.

Si elle rêve d’une société entièrement «verte», Isabelle Marquis a le mérite d’avoir l’audace de passer à l’action. Siégeant sur le conseil des commissaires de la Commission scolaire des Chênes depuis douze ans, cette mère de trois enfants peut se targuer d’avoir réussi à convaincre la direction générale de se doter d’une première politique environnementale (2010) et d’appliquer certaines normes environnementales, dont la géothermie, pour la rénovation du centre administratif.

L’environnement ou le principe des petits pas

En juin prochain, tous les citoyens de Drummondville devront participer à la cueillette des matières putrescibles, une mesure qu’espérait depuis fort longtemps Isabelle Marquis.

Selon cette dernière, cette collecte permettra à la municipalité de réaliser des gains importants et de s’approcher de son objectif de réduire l’enfouissement des déchets domestiques.

«Nous savons que pour certaines personnes, la participation à la cueillette des matières organiques et putrescibles se fera selon le principe des petits pas. Nous allons donner le temps aux gens de s’adapter et d’intégrer cette nouveauté, mais nous espérons qu’ils y participent activement», fait savoir Mme Marquis.

Inévitablement, toutes les nouvelles mesures qui seront suggérées aux citoyens forceront, tôt et tard, des changements d’habitude. Et, selon cette militante réaliste, il vaut mieux en prendre conscience dès maintenant.

«Prenons le dossier des gaz de schiste. Sans nécessairement donner mon avis sur ce projet, je doute que les gens soient prêts à réduire leur consommation d’énergie pour préserver l’environnement. Qui est prêt à utiliser sa voiture que lorsque c’est nécessaire? Qui est prêt à laisser son véhicule à la maison et de prendre l’autobus pour aller travailler? Qui est prêt à changer son mode de vie pour la cause de l’environnement? Plusieurs personnes clament qu’ils ne désirent pas que les gaz de schiste soient exploités, mais en retour, ils ne réalisent pas qu’ils doivent réévaluer leur utilisation de l’énergie», fait-elle réaliser.

Ce regard critique, Isabelle Marquis croit humblement que c’est ce que recherchait Francine Ruest Jutras, mairesse de Drummondville, lorsqu’elle a nommé ses présidents de comités.

«Il faut s’apercevoir qu’on ne peut pas tout avoir. Par exemple, on ne peut pas maintenir notre consommation sans générer de déchets», expose-t-elle.

Sans conteste, Isabelle Marquis sait de quoi elle parle, car durant sept ans, elle a dirigé une usine spécialisée dans la fabrication de liquide correcteur, un produit utile et très populaire, mais qui n’est pas sans conséquence environnementale.

«J’ai bien aimé l’expérience de travailler dans le domaine manufacturier, mais cela a raffermi mes convictions. Ce produit de consommation courante est composé de solvants, de peinture et de plusieurs autres composantes chimiques. Même s’il n’est pas essentiel, sommes-nous prêts à le soustraire?», a-t-elle conclu.

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