Un chirurgien pas très humain…

Mon père a été opéré pour un cancer de la vésicule biliaire et du foie le 3 juillet 2009. Depuis quelques temps, il a des douleurs importantes à l’abdomen et plusieurs ganglions, qui l’avaient poussé à rencontrer son chirurgien.

Bien qu’il ait été vu à l’urgence de l’hôpital Sainte-Croix, les résultats étaient acheminés à son chirurgien traitant. Le 10 novembre 2009, à la demande de son chirurgien, mon père s’est présenté à la clinique externe pour le rencontrer afin de voir ce qu’il en est de ses malaises.

Lors de cette rencontre, le chirurgien n’a pas crû bon écouter ses malaises, mais l’a affublé de toutes sortes de remontrances du style «vous avez vu quelques médecins ces derniers temps, vous coûtez cher au système de santé vous, vous avez mal et vous aurez mal le restant de vos jours, vous n’avez rien, etc.» Il est sorti de la salle d’examen sans même examiner les ganglions que mon père voulait lui montrer. Assez humain comme traitement!

Mon père est sorti de son bureau très touché et perturbé par ces propos, car en 75 ans, il n’avait jamais utilisé le système de santé et se sentait vraiment souffrant puisqu’il ne mangeait plus et ne dormait plus depuis deux semaines.

Le 16 novembre 2009, mon père passait une colonoscopie à Sainte-Croix avec un autre chirurgien, un homme incroyablement humain. Bref, la colonoscopie a révélé des tumeurs malignes au colon du côté gauche et droit avec occlusion.

L’état de santé de mon père s’est détérioré de sorte que le lendemain, j’ai demandé un rendez-vous à son hépathologue à l’hôpital Saint-Luc, le Dr Van den Brooke. Mon père a reçu un accueil incroyable à cet endroit et toute l’attention que requérait son état de santé. Il a été hospitalisé immédiatement. Le Dr. Van den Brooke, une sommité dans son domaine et, vous pouvez me croire, très occupé. Pourtant, il a pris plus d’une heure avec mon père et la famille. Il est humain, patient, à l’écoute.

Le diagnostique médical de mon père s’avère être un cancer assez avancé du colon. Le pronostique, de 4 à 6 mois.

Je désire profiter de cette tribune pour exprimer à ce chirurgien de Drummondville, en mon nom personnel, au nom de mon père et au nom de la famille, notre total désaccord avec la façon dont il a traité mon père et certains autres de ses patients, puisque nous avons entendu les mêmes commentaires venant d’autres citoyens.

Un homme aussi malade et souffrant comme mon père n’aurait pas eu besoin de son arrogance et de sa désinvolture, mais plutôt d’être rassuré et être pris en charge, telle est la profession d’un médecin et d’autant plus d’un chirurgien.

Mon père mourra dans quelques mois et, croyez-moi, votre nom, Monsieur, restera à tout jamais gravé dans la mémoire de notre famille.

Si vous n’aimez pas votre profession, Monsieur, ne le faites pas sentir à vos patients. Édith Brouillard