Michaud impressionné par la personnalité de Rodrigue


Publié le 25 janvier 2017

Olivier Rodrigue

©TC Media - archives, Ghyslain Bergeron

HOCKEY. Dans le hockey junior canadien, rares sont les gardiens de 16 ans à avoir un impact immédiat sur les performances de leur équipe. Pièce maîtresse de la reconstruction des Voltigeurs, Olivier Rodrigue épate tout le monde à ses débuts dans la LHJMQ, y compris son entraîneur Olivier Michaud.

Il veut toujours apprendre et être le meilleur. Ça facilite l'apprentissage. - Olivier Michaud

Unique survivant de l'ancien personnel d'entraîneurs de l'organisation drummondvilloise, Olivier Michaud se dit choyé de s'être vu confier la tâche de polir ce diamant brut.

«C'est un réel plaisir de diriger un athlète de la trempe d'Olivier. Non seulement parce qu'il a du talent, mais surtout parce qu'il est allumé, travaillant et motivé. Il veut toujours apprendre et être le meilleur. Ça facilite l'apprentissage. Comme il en veut toujours plus, ça nous permet de toujours aller un peu plus loin», explique Olivier Michaud.

Considéré par plusieurs observateurs comme le meilleur gardien de son âge au Canada, Rodrigue est en avance sur les athlètes de sa génération à plusieurs égards, tant sur le plan technique que mental. À coup sûr, le jeune surdoué a su profiter des conseils de son père Sylvain Rodrigue, un ancien gardien professionnel devenu entraîneur chez les Oilers d'Edmonton.

«Son bagage est complet pour un jeune de 16 ans. Ses bases techniques sont solides, mais c'est surtout sa personnalité qui m'impressionne. Il a la tête à la bonne place. Même s'il est un premier choix, il n'est pas au-dessus de ses affaires. Comme plusieurs fils d'anciens joueurs professionnels, il sait se comporter et réagir de la bonne façon, tant sur la glace qu'en dehors. C'est aussi un vrai gars d'équipe.»

Grâce à son calme et sa maturité précoce, Rodrigue a su éviter la majorité des pièges guettant les jeunes joueurs. En l'espace de quelques semaines, la recrue a vécu son premier match dans son patelin, à Chicoutimi, un baptême de feu dans l'impressionnante enceinte du Centre Vidéotron ainsi qu'un premier long voyage dans les Maritimes. Chaque fois, il a répondu avec une victoire ou une étoile.

«Peu importe l'âge, l'important pour une recrue, c'est comment elle va gérer les situations les plus stressantes. Chaque fois, Olivier a bien composé avec la situation. Il a appris de ces expériences et il va continuer d'apprendre.»

Olivier Michaud
TC Media - archives, Ghyslain Bergeron

Propulsé au rang de gardien numéro un des Voltigeurs depuis l'échange du vétéran Anthony Dumont-Bouchard, il y a un mois, Rodrigue compose bien avec ses nouvelles responsabilités jusqu'ici. Dans l'histoire du circuit, très peu de cerbères ont hérité de fonctions aussi cruciales à un si jeune âge.

«Je n'ai pas remarqué de changement dans l'attitude d'Olivier depuis cet échange. Il fait encore son travail au jour le jour. Il veut continuer à apprendre et à s'améliorer. On lui donne plus de glace, mais il ne voit pas une pression supplémentaire là-dedans. C'est exactement ce à quoi on s'attend de lui», fait valoir Michaud.

Confronté à une dure séquence de quatre matchs en cinq soirs, la semaine dernière, en raison de la blessure d'Émilien Boily, Rodrigue a de nouveau tiré son épingle du jeu. Après avoir alloué 13 buts en deux sorties, le jeune homme masqué a immédiatement rebondi avec de solides performances face à deux puissances du circuit.

«Olivier est conscient que ça peut mal aller un soir, mais qu'à partir de minuit, on remet les compteurs à zéro. Le lendemain, le match commence toujours à égalité. Il n'y a aucune raison pour perdre sa confiance, ni pour être au-dessus de ses affaires, ce qui représente souvent un piège pour un jeune athlète.»

Déjà identifié comme un espoir de premier plan en vue du repêchage de la LNH en 2018, Rodrigue est également tenu en haute estime au sein du programme de Hockey Canada. Dans la dernière année, le portier de 6 pieds, 1 pouce et 144 livres a défendu le filet de l'unifolié aux Jeux olympiques de la jeunesse et au Défi mondial des moins de 17 ans.

«Les professionnels ou Équipe Canada junior, on n'en parle pas vraiment. Pour atteindre ce niveau, il faut commencer par être bon dans le junior majeur. Si tu réussis ça, tu vas recevoir un appel. Olivier se concentre seulement sur son jeu. Il ne regarde pas plus loin que ça. D'ailleurs, je n'ai jamais eu besoin de le recentrer à ce sujet. Il prend les choses au jour le jour», souligne Michaud, qui a lui-même été considéré comme un espoir de premier plan après avoir été propulsé dans la LNH à l'âge de 18 ans.

«S'il continue de vouloir être le meilleur Voltigeur possible chaque jour, Olivier va assurément récolter le fruit de ses efforts», conclut l'homme de hockey de 33 ans.

Une opportunité pour Boily

Depuis un mois, Olivier Michaud dirige également Émilien Boily. Originaire de Durham-Sud, le gardien de 19 ans a été rapatrié par les Voltigeurs après des séjours fructueux à Sorel-Tracy (collégial) et au Manitoba (junior A).

«Émilien est un gars très calme. Il ne se laisse pas déranger facilement. Il est rapide et possède beaucoup d'habiletés. Dans la dernière année, son jeu a connu une grosse amélioration. Il a maintenant l'opportunité de se faire valoir avec l'équipe de son enfance. C'est une chance qu'il veut saisir.»