Ils se sont mariés dans la salle consacrée aux divorces

Ils se sont mariés dans la salle consacrée aux divorces

Le couple s’est marié en plein verglas, le 10 janvier 1998.

Crédit photo : Gracieuseté

Marie-Joëlle Navert et Dominic Labarre se sont mariés en plein verglas, à la lueur des chandelles et avec de la poutine comme festin de noces, le 10 janvier 1998.

«C’est spécial, ce qu’on a vécu. Je ne connais personne d’autre à qui c’est arrivé», s’étonne encore Dominic Labarre.
Le couple, qui a maintenant deux enfants, fêtera son vingtième anniversaire de mariage dans quelques jours. La date du mariage était prévue depuis plusieurs mois, sauf qu’un événement échappant à tout contrôle est survenu, qu’on appelle communément la crise du verglas.
«La date était fixée depuis plusieurs mois. Tout était prêt! Dans les environs du 6 ou du 7 janvier, le verglas a commencé. On vivait au jour le jour, on attendait de voir l’état des choses avant de prendre une décision si on annulait ou pas. Finalement, le matin du 10, nos proches venaient à Drummondville, et nous avons décidé de nous lancer», se souvient Dominic Labarre.
Le hic : impossible de joindre les gestionnaires du buffet Alouette, alors en charge de la salle, ni les nettoyeurs, ni le traiteur… «Marie-Joëlle n’avait pas sa robe, je n’avais pas ma chemise ni mon veston… Nous n’avions pas nos alliances non plus, parce qu’elles étaient encore chez le bijoutier», raconte Dominic Labarre en riant.
Ils ont fini par unir leurs vies dans la salle consacrée au divorce du palais de justice de Drummondville, à la lueur des chandelles, puisque aucune autre salle n’était disponible. «Nous avons trouvé ça bien drôle, mais honnêtement ça n’a rien changé», explique-t-il.

Le mariage du couple avait été médiatisé à l’époque.

Après la cérémonie, ils se sont réunis avec la famille au restaurant Chez Louis, sur le boulevard Lemire, vu que c’était un des seuls établissements qui avait accès à l’électricité cette journée-là. «Ils nous ont réservé une salle et nous avons mangé de la poutine», se souvient M. Labarre d’un ton tendre. Il ajoute même avoir improvisé de la musique avec des batteries de voiture.
«Nous avons fait ce qu’on était capable de faire avec ce qu’on avait sous la main!»
L’événement a même été souligné à la radio, un des seuls moyens de communication qui fonctionnait encore.
Quelques mois plus tard, le couple a refait une réunion de famille afin que tout le monde qui souhaitait assister au mariage et n’a pas pu puisse y être, sans toutefois refaire de cérémonie.
Et ce mariage, même après près de 20 ans, a marqué l’imaginaire de plusieurs. «Tout le monde s’en rappelle et on s’en fait parler régulièrement. Nos enfants aussi trouvent ça complètement fou. C’était tellement spécial», confie Dominic Labarre.
«Nous nous sommes mariés à une époque où les gens ne le faisaient plus, et nous avions à peine vingt ans. Pourtant, nous sommes encore ensemble aujourd’hui», exprime-t-il, en admettant que le verglas et la salle du divorce du palais de justice leur ont peut-être porté chance.