La prison pour Carlo Maltais

La prison pour Carlo Maltais

Carlo Maltais, 44 ans, de Drummondville, a écopé de 20 mois d’emprisonnement pour une accusation d’agression sexuelle.

La décision a été rendue mercredi avant-midi au palais de justice de Drummondville par le juge Gilles Lafrenière.

Il s’agit d’une suggestion commune entre la défense, représentée par Me Frank Pappas, et la procureure de la Couronne Me Justine Denis-Giard. La peine d’emprisonnement s’accompagne d’une probation de trois ans, pendant laquelle Carlo Maltais devra notamment s’abstenir de consommer de l’alcool ou de la drogue et d’entrer en contact de quelque façon que ce soit avec la victime au dossier. Une ordonnance de non-publication interdit d’ailleurs la publication de l’identité de cette dernière. Carlo Maltais devra également poursuivre ses démarches avec les Alcooliques anonymes. Il sera inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de vingt ans, et devra s’abstenir de posséder des armes pour la prochaine décennie.

Rappelons que l’accusé a été acquitté du chef d’accusation d’agression sexuelle causant des lésions.

Les faits se sont déroulés en novembre 2012. La victime, alors âgée d’une vingtaine d’années, se trouvait au bar le Botown, au centre-ville de Drummondville, pour festoyer avec des amis. Elle aurait été intoxiquée, au point d’être à peine consciente, lorsqu’elle a quitté l’établissement en compagnie de M. Maltais. D’après son témoignage en enquête préliminaire, elle n’a aucun souvenir de sa soirée.

D’après Me Denis-Giard, c’est d’ailleurs un facteur aggravant. «L’accusé a abusé de la vulnérabilité de la victime. Elle était inconsciente, et n’était pas capable de consentir à quoi que ce soit. Il a assouvi ses besoins sexuels au détriment de la santé physique, puisque l’agression n’était pas protégée, et de la santé psychologique de la victime», a exprimé la procureure. À ses mots, l’accusé a laissé échapper des sanglots.

La jeune femme, qui n’était pas présente à la Cour, a présenté une déclaration faisant état des conséquences psychologiques avec lesquelles elle doit composer depuis l’agression. «Elle n’était pas consciente, donc elle se fait des scénarios. Cela lui cause beaucoup d’anxiété», a résumé Me Denis-Giard.

Carlo Maltais a pris le chemin de la prison pour les 20 prochains mois.

Me Frank Pappas a, quant à lui, fait état des remords de son client. «Il a accompli une thérapie fermée pour ses problèmes de consommation. Mais l’intoxication n’est pas une excuse : les gestes qui ont été posés sont inexcusables, il le sait. Ses regrets sont sincères.» L’avocat a aussi souligné le fait que le rapport présentenciel est, somme toute, positif : les risques de récidive sont faibles, et aucune déviance sexuelle n’a été mise en lumière par les professionnels.

«Je suis conscient des torts que j’ai pu causer. Je suis vraiment désolé. Je suis rendu à l’étape d’assumer pleinement les conséquences de mes actes, et je tiens à faire des excuses sincères à la victime et à sa famille», a exprimé d’un ton émotif Carlo Maltais, avant de prendre le chemin de la détention.

Une page est tournée

Des membres de la famille de la victime, présents au palais de justice, ont affirmé être soulagés que les procédures soient enfin terminées. «Je suis satisfaite qu’il aille en prison, même si 20 mois, ce n’est pas suffisant en regard des conséquences que ça a eu sur ma fille», a commenté la mère de la victime, après que la sentence ait été rendue. Elle ajoute aussi qu’elle est contente de savoir que Carlo Maltais sera identifié comme délinquant sexuel pour les vingt prochaines années.

«C’est bien qu’il ait des conséquences à long terme. Il faut qu’il se rappelle ce qu’il a fait. Je crois que ses excuses sont sincères, il n’a pas été froid ou arrogant et j’ai aimé qu’il s’excuse à la famille, mais ça s’arrête là», estime-t-elle, le menton haut, sous le regard approbateur de ses proches.

La victime pourra maintenant tourner définitivement la page, et sa famille aussi. «Il faut dénoncer, et se rendre jusqu’au bout. Sinon, qu’est-ce qui dit que les agresseurs ne feront pas d’autres victimes?»