Les iniquités

Publié le 12 avril 2017

Lettre ouverte de Juliette de Grandpré.

©Photo Deposit

Cher garçon

À la garderie, ton groupe d’ami était formé de filles autant que de garçons. À ton entrée à la maternelle, tu as été si heureux de voir ta meilleure amie dans ta nouvelle classe. En commençant ton secondaire, cette même amie te faisait compétition avec ses notes exceptionnelles. Depuis toujours, tu étais son égal. Par contre, vous avez remarqué qu’en arrivant sur le marché du travail, tu collectionnais les offres d’emploi tandis qu’elle, elle pouvait les compter sur les doigts d’une seule main.

D’un autre côté, les noirs autant que les personnes d’origine autochtone se sont battues pour que l’équité entre les ethnies soit présente dans notre société. Nous pouvons maintenant dire fièrement qu’au Québec, les personnes de partout dans le monde sont les bienvenues et ont les mêmes droits. Bref, nous sommes solidaires et aidons à ce que les minorités ethniques soient reconnues.

Alors pourquoi, si nous avons dit maintes et maintes fois que tous sont égaux, nous avons fermé les yeux sur les inégalités entre les sexes au sein de notre propre province? Pourquoi les femmes sont-elles encore obligées de se battre en 2017 pour obtenir des choses que les hommes se sont fait donner il y a plus de 100 ans? En quelques mots, pourquoi la société n’est-elle pas solidaire envers les femmes? Ce combat arriéré aurait dû se terminer il y a plusieurs années selon moi. Bien que la situation se soit améliorée, on peut facilement remarquer des grands écarts entre les deux sexes.

Saviez-vous que selon le Secrétariat à la condition féminine du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, la seule chose qui aide à réduire ces écarts au Québec comparé au reste du Canada et de plusieurs autres pays du monde est le taux d’éducation qui est plus élevé chez les femmes? Oui, mon garçon, même si le fait que ton amie a fait les mêmes études que toi l’aide beaucoup, cela n’est encore pas suffisant pour que vous obteniez les mêmes opportunités.

Un autre bon exemple de ce fossé creusé par notre manque de solidarité serait le salaire annuel moyen. Celui des femmes est de 39 400$ au Québec comparé à celui du sexe masculin de 50 280$. En quoi cette statistique est-elle logique? Je ne saurais te le dire, car comme mentionné plus tôt, les femmes ont un taux d’éducation plus élevé que celui des hommes. Il serait donc normal qu’elles aient les plus hauts salaires et les meilleurs postes. Par contre, la réalité est bien différente. On peut voir, que même si celles-ci sont autant sinon plus qualifiées que certains hommes, seulement 15,8% des représentants des hautes sphères décisionnelles sont de sexe féminin.

Pour conclure, lorsque toi et ton amie aurez les mêmes opportunités, nous pourrons enfin dire qu’au Québec nous sommes solidaires envers les femmes. Mon garçon, tu peux aussi te battre pour ton amie, ta mère et toutes les femmes comme elles devraient le faire pour obtenir l’égalité. Nous parlons de ce manque de solidarité depuis si longtemps. Serait-il possible que nous voyons enfin à quel point ce combat est arriéré et que nous comprenions que tous ont droit à l’égalité?

Juliette de Grandpré, Collège Saint-Bernard