Laïcité ou neutralité religieuse, quelle est la différence ?

Publié le 3 mars 2017

Opinion d'un lecteur

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Plusieurs personnes confondent deux concepts qui sont pourtant bien distincts, soit la laïcité et la neutralité de l'état en matière de religion.

La laïcité consiste pour une société à ne reconnaître aucune religion et à n'accorder aucun droit à quiconque pour des motifs religieux. Dans une société laïque comme la France, les religions n'ont aucun pouvoir juridique. Les religions et les temples religieux, qu'ils soient catholiques, protestants ou autres, doivent payer taxes et impôts comme tout citoyen ordinaire et de plus, ils ne peuvent célébrer de mariages qui aient une valeur au plan légal. C'est la raison pour laquelle, en France par exemple, si vous contractez un mariage religieux, pour que ce mariage ait une valeur légale vous devrez par la suite passer par la mairie de votre municipalité pour qu'un fonctionnaire en exercice et dûment accrédité célèbre à nouveau le mariage civil cette fois pour qu'il soit reconnu au plan légal. En France, cependant, les religions conservent les droits reliés à la liberté de la pratique religieuse tel que défini dans les constitutions françaises de 1789 et de 1958.

Maintenant, en raison du préambule de notre constitution, notre société ne peut et ne pourra jamais être laïque au plan constitutionnel à moins qu'un amendement à notre constitution puisse permettre un jour que la laïcité soit possible. 

Dans notre société, c'est le principe de neutralité religieuse qui s'applique. En vertu de ce principe, toutes les religions sont reconnues sur un même pied d'égalité, aucune d'entre elles ne pouvant avoir préséance ou prépondérance sur une autre religion. En vertu de ce principe et pour des motifs religieux, les religions sont exemptées de payer taxes et impôts et les mariages célébrés par un ministre du culte reconnu sont également reconnus au plan légal. 

En vertu de ce principe, toute personne ou toute organisation ou institution comme c'est le cas pour l'hôpital St-Sacrement de Québec a parfaitement le droit d'afficher tous les signes ostentatoires religieux que bon leur semble en toute légalité et cela signifie que l'exigence que le bon québécois de souche a formulé et qui a mené au retrait de ce crucifix est totalement et parfaitement infondé. 

Mais il faut être bien conscient que ce droit d'afficher ses signes ostentatoires religieux va dans les deux sens et s'applique de façon égale aux autres religions, ce qui fait en sorte que si on est d'accord pour le retour de ce crucifix, on ne peut pas s'opposer au port de kippa, turban sikhs, hidjab, tchador ou niqab par les membres de ces religions. C'est la logique implacable et sans appel et cela en vertu du préambule de notre constitution. 

Gilles Bugeaud
Saint-Cyrille-de-Wendover