L’église Saint-Majorique passe sous la pelle mécanique

L’église Saint-Majorique passe sous la pelle mécanique

Mercredi matin, sous les yeux d’une cinquantaine de curieux et fidèles, les murs de l’église de Saint-Majorique sont tombés. Au travers les craquements du bois, du grincement des chenilles de la grue, des commentaires des citoyens et de quelques larmes versées, l’imposante grue a mis un peu plus de deux heures à minutieusement détruire le bâtiment religieux du village.

On apprenait la semaine dernière que toutes les tentatives afin de sauver l’église avaient été vaines.

«On avait entrepris des démarches afin de conserver, rénover ou vendre l’église. On s’était donné jusqu’au 31 juillet, mais on a rien conclu. Il y a moins de monde qu’avant, on était rendu là», a laissé tomber Jean-Maurice Roy, directeur administratif de la Paroisse Saint-François-d’Assise. La fabrique assume le coût des travaux.

L’Église de Saint-Majorique a été construite en 1900 par l’entrepreneur Francis Gauthier et l’architecte Louis Caron. Le 17 avril dernier, elle a été désacralisée par Mgr André Gazaille.

Lorraine Dupuis, résidente du village, était sur place afin d’immortaliser la destruction. «Je me suis mariée ici en 1981. Mes parents ont célébré leur 25e anniversaire de mariage dans cette église. Ça fait mal au cœur de voir ça».

Pour Denise Daneault, c’est une grande partie de son histoire qui s’envole. «J’ai vécu bien des choses dans cette église. Mon père a été baptisé ici. J’ai vécu mon enfance au village et mon frère s’est marié ici».

Parmi les curieux, Pascal Auger assistait attentivement à la destruction du lieu de culte. «J’ai été organiste ici pendant neuf ans de 1997 à 2006. Je jouais à Pâques, à Noël et dans plusieurs célébrations spéciales. Ce sont de doux souvenirs».

Au fur et à mesure que les planches touchaient le sol et que la structure devenait instable, la tête de plusieurs curieux hochait en signe de négation devant l’inévitable.

«Dans les années 50, j’ai servi la messe pendant une dizaine d’années. J’ai habité en face de l’église et ma femme enseignait à l’école à côté. J’ai été baptisé, confirmé, marié ici. Toute ma famille habitait sur le boulevard Lemire, tout ça s’envole», a commenté Raymond Desrosiers.

Le terrain vacant sera mis en vente par la Fabrique.