Le président de la FQM prend le pouls des préoccupations municipales

Le président de la FQM prend le pouls des préoccupations municipales

Richard Lehoux

POLITIQUE MUNICIPALE. Le projet de loi 132 sur la conservation des milieux humides et hydriques, l’insuffisance des programmes de subventions et la difficulté de l’accès aux services d’Internet haute vitesse préoccupent grandement des élus de la MRC de Drummond réunis mardi soir, dans le cadre de la tournée du président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), à Saint-Lucien.

Le président Richard Lehoux entame chaque début d’année une tournée qui le mène dans différentes municipalités membres afin de discuter des dossiers politiques en cours et entendre les préoccupations des élus et des directeurs généraux. Mardi soir, près de 35 représentants des MRC Drummond, Nicolet-Yamaska, Bécancour, d’Arthabaska et Val-Saint-François étaient présents.

Les représentants des municipalités sont inquiets des impacts que pourrait avoir le projet de loi 132 sur la conservation des milieux humides et hydriques. La FQM allait d’ailleurs, jeudi, présenter son mémoire devant la Commission des transports et de l’environnement à l’Assemblée nationale. Le document comporte 20 recommandations qui visent principalement à mieux définir les rôles et responsabilités de chaque acteur dans la conservation, la création et la restauration des milieux humides et hydriques.

«Comme les municipalités sont maintenant reconnues comme gouvernements de proximité, on veut davantage de souplesse, comme c’est le cas dans ce dossier. Il faut arrêter de faire du mur à mur, car ce n’est pas comme ça qu’on va dynamiser les régions et avancer», a soutenu M. Lehoux en entrevue avant la rencontre.

Le mémoire propose aussi quelques modifications au régime de compensation dont la décentralisation des sommes versées au Fonds de protection de l’environnement et du domaine hydrique de l’État vers les MRC.
«La cartographie, la planification régionale et la gestion du programme de restauration et de création des milieux humides et hydriques entraîneront des coûts importants pour les MRC. Pour la FQM, ce transfert de responsabilités doit être accompagné des ressources humaines et financières nécessaires à leur bonne réalisation.»

L’accès aux services d’Internet haute vitesse est encore une réalité omniprésente dans la région. C’est pourquoi ce sujet est revenu sur la table mardi soir. Bien que le gouvernement fédéral ait investi 100 M$ annuellement pour l’ensemble du Canada et que le gouvernement du Québec ait lancé son propre programme Québec branché doté d’une enveloppe de 100 M$, ces montants sont nettement insuffisants, selon M. Lehoux. La FQM a d’ailleurs tissé des liens avec des collectivités françaises permettant de comprendre comment celles-ci ont pu relever les défis qui se sont présentés dans l’établissement de leur réseau.

Au sujet de l’insuffisance des programmes de subventions provenant du gouvernement, lesquels ne parviennent pas à couvrir les besoins actuels, aux dires de plusieurs, M. Lehoux a indiqué mardi que la FQM demande au gouvernement d’augmenter les sommes à 100 millions de dollars par année afin justement de couvrir les besoins qui sont importants dans les plus petites municipalités.

D’autres sujets ont été discutés allant du regroupement des offices d’habitations aux négociations entourant les sommes payables à la Sureté du Québec. Il a également été question du partage des coûts pour les équipements supralocaux, comme les arénas et les piscines, des redevances de l’oléoduc Valero ainsi que, bien sûr, de l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. À ce sujet, M. Lehoux a rappelé qu’il fallait faire pression sur le ministre afin qu’il impose un moratoire de cinq ans sur la fracturation hydraulique en attendant que les nouvelles études sur les dispositions de protection des sources d’eau soient faites. D’ailleurs, les rapports devraient être rendus publics au mois d’août.

 

Création de cellules régionales en développement économique

À court terme, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) mettra en place des cellules régionales des acteurs en développement économique, comme le réclamaient depuis un certain temps bon nombre d’intervenants.

«Depuis l’abolition des CRÉ (conférence régionale des élus), les acteurs concernés n’ont plus l’occasion d’échanger et de partager leur expertise. Ces cellules viennent donc combler le besoin exprimé et permettront aux régions de se parler et se mobiliser davantage», fait savoir Richard Lehoux, président de la FQM.

Une cellule est donc un lieu de réseautage réunissant des intervenants oeuvrant dans les services de développement des MRC, des CLD et des organismes de développement mandataires dont l’action et les décisions auront un impact sur le territoire.

Coordonner des dossiers de développement régional, remplir des demandes de subvention et organiser des colloques ou des formations sont quelques exemples du rôle que peut avoir une cellule. Les participants pourront également être consultés sur les politiques et les prises de position de la Table de concertation sur le développement local et régional et /ou de la FQM en matière de développement économique local.