Moutons égorgés : l'affaire se transporte au palais de justice


Publié le 15 février 2017

La photo a été prise en 2013, lors d'un de ces événements tenu à L'Avenir.

©TC Media - Archives, Ghyslain Bergeron

JUSTICE. La fête du Mouton, qui s'est tenue à quelques reprises à L'Avenir et pendant laquelle des dizaines de bêtes sont sacrifiées, s'est finalement rendue au palais de justice de Drummondville. Michel Cloutier, l'homme qui aurait vendu les bêtes à un groupe de musulmans, subit effectivement son procès pour toute la semaine.

La procureure de la poursuite, Me Marie-Christine Simard, n'a pas souhaité entrer dans les détails, étant au beau milieu des procédures. «Je peux vous dire que c'est dans le cadre de la fête du Mouton que le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) est intervenu à cet endroit en septembre 2016», a-t-elle néanmoins confirmé lors d'un entretien.

Au total, 21 infractions sont retenues contre Michel Cloutier pour des événements datant de 2015 et 2016. Toutefois, il n'est pas seulement question de l'événement mais aussi du piétin, une infection des pieds de moutons, et des installations sanitaires.

Si la preuve de la poursuite s'est complétée mardi après-midi, c'est au tour de Michel Cloutier et de son avocat, Me Lacoste, de présenter leur défense. Jusqu'à présent, c'est une amende très salée qui est envisagée par la poursuite.

On espère pouvoir conclure vendredi, mais nous n'avons pas de certitudes. Me Marie-Christine Simard

Deux inspecteurs du MAPAQ ont été présents pendant la totalité du procès, étant allés sur les lieux de la saisie en septembre 2016. Ils n'étaient pas autorisés à parler de la cause, mais ont tenu tout de même à souligner qu'il est important de faire la distinction entre les faits et un point de vue personnel.

Mentionnons que, depuis 2015, Québec a modifié la Loi sur la santé et le bien-être animal, stipulant que «les animaux ne sont pas des biens. Ils sont des êtres doués de sensibilité et ils ont des impératifs biologiques.» Jusqu'à ce moment, l'animal était considéré comme un bien meuble.

Jonathan Bélanger-Cloutier est le propriétaire de la Ferme BSC, là où se déroule généralement la fête du Mouton. Cependant, c'est son père, Michel Cloutier, qui vend les bêtes aux organisateurs de l'événement, et Jonathan Bélanger-Cloutier signe une décharge de responsabilité. Ainsi, s'il se passe quelque chose, il pourra garder ses installations.

Selon lui, son père n'a rien à se reprocher. «Le MAPAQ ne vient qu'une fois par année, et c'est lors de la fête du Mouton. Si tout était si peu respectueux de la loi, nous aurions beaucoup plus de visites. Tout est sur le bord du chemin et très visible pour les piétons et les cyclistes», expose-t-il. La famille de M. Cloutier est du même avis : ils ne savent pas trop à quoi s'attendre, mais espèrent pour le mieux.

Ce procès se tient dans un contexte relativement sensible, à peine deux semaines après l'attentat de Québec durant lequel six Mulsulmans ont tragiquement perdu la vie. «Je ne crois pas que ce soit une si mauvaise chose. Il y a une vague de sympathie envers la religion musulmane actuellement. La fête du Mouton reste une festivité religieuse comme une autre», croit le propriétaire de la Ferme BSC.

Rappelons que la fête du Mouton, ou l'Aïd al-Adha, est une fête musulmane très importante qui sert à commémorer la foi d'Ibrahim à son Dieu, lorsqu'il accepte d'égorger son fils unique sur l'ordre de sa divinité. C'est toutefois un mouton qui, au dernier moment, prend la place de l'enfant. Les croyants doivent donc sacrifier des animaux selon les règles de respect en vigueur et en consommer la chair, en plus d'en donner une partie à des personnes dans le besoin.

À lire également :

Le maire de L'Avenir garde un œil sur le procès Cloutier

Mohamed Jelidi soutient Michel Cloutier

La photo a été prise en 2013, lors d'un de ces événements tenu à L'Avenir.

©TC Media - Archives, Ghyslain Bergeron