Arrêtés par erreur après une partie de pêche

Arrêtés par erreur après une partie de pêche

Steven Labrie et Karl Blake.

Crédit photo : (Photo: Frédéric Marcoux)

FAITS DIVERS. Karl Blake et Steven Labrie, deux pêcheurs drummondvillois, ont eu une bonne frousse après avoir été arrêtés par erreur par des policiers de la Sûreté du Québec (SQ), le 23 septembre dernier, sur le Chemin du golf.

Après avoir passé un dimanche soir à pêcher à la rivière Saint-François, le duo s’apprêtait à quitter les lieux, lorsque plusieurs policiers sont sortis en trombe du champ d’un champ de maïs pour procéder à son arrestation.

«Au moment d’embarquer chacun dans notre auto, boum! Ça sort de partout. J’ai vu quatre policiers sortir du champ en s’approchant à la course, en tenant leur gun et en me disant “bouge pas, bouge pas, bouge pas (sic)! Les mains à la vue”. Ils m’ont fait sortir comme un vrai criminel avec les menottes. Je leur disais “voyons donc, je suis juste à la pêche. Calmez-vous”», a raconté Karl Blake quelques jours après l’événement.

«Sur mon manteau et sur mon équipement, c’était marqué “maniaque de pêche”. Je disais aux policiers : “Ben voyons, tu ne le vois pas que je suis maniaque de pêche? C’est écrit partout», a-t-il poursuivi en riant.

De son côté, Steven Labrie soutient que les policiers lui ont passé les menottes et qu’il les a gardées pendant une vingtaine de minutes pendant que les policiers procédaient à des vérifications près de la rivière. Ils ont ensuite libéré les deux hommes, sans leur donner trop de détails.

«Ils nous ont entourés d’un seul coup en nous disant qu’on était sous enquête criminelle (sic). On nous a dit qu’on avait le droit à un avocat. Je me demandais pourquoi j’aurais besoin d’un avocat, je n’avais rien à me reprocher. Après leur avoir donné mes papiers, les policiers n’ont même pas pris la peine de les regarder pour savoir immédiatement qui j’étais», déplore quant à lui Steven Labrie.

Steven Labrie montre les traces des policiers.

«Mon gars a été traumatisé»

Quelques minutes après leur arrestation, les forces de l’ordre ont fait savoir aux deux amis que leurs nombreux allers-retours de la rivière à leur véhicule respectif ont semé un doute dans la tête des policiers. Le duo est d’avis que les autorités devaient suspecter que des producteurs de cannabis voudraient récolter leur produit, avant le gel. Or, Karl Blake et Steven Labrie soutiennent avoir transporté exclusivement du matériel de pêche.

Peu de temps avant de cesser leur activité, Karl, qui était accompagné de son fils âgé de quatre ans, est allé le porter à sa mère qui était venue le chercher, avant de retourner pêcher. Tout de suite après son départ, les policiers ont procédé à l’arrestation du conducteur et de la maman du jeune garçon.

«Mon gars a été traumatisé de voir ça. Il pleurait et disait qu’il ne voulait pas se faire arrêter», signale Karl Blake.

Les deux amis ont déduit que les forces de l’ordre s’étaient trompées d’hommes. Ils auraient bien aimé  que les policiers soient plus respectueux à leur endroit, après avoir réalisé leur erreur. Au contraire, selon Steven Labrie, ils «cherchaient toutes les raisons pour nous donner un ticket» pour justifier leur présence en vérifiant s’ils avaient leur permis de pêche respectif et s’ils respectaient les procédures.

«Il n’y a pas eu d’excuses rien, mentionne Karl Blake. On nous a juste dit que tout était beau et qu’on pouvait partir. Pourquoi avoir eu cette approche avec les fusils et tout, quand ça faisait des heures que nous étions surveillés? On a eu de la misère à comprendre. Ils ont scrapé leur opération pour deux personnes qui n’avaient pas du tout rapport avec ça. »

«C’est vraiment abusif, ajoute Steven Labrie. On aurait aimé avoir plus d’informations et la raison de notre arrestation. Ils étaient sûrs qu’on était allé récolter du cannabis sur l’île juste en face. Ça aurait été un minimum de s’excuser».

Les deux amis ne cesseront pas de pratiquer la pêche récréative pour autant. Quelques jours après l’événement, ils étaient de retour près de la rivière Saint-François en pratiquant leur passion avec le sourire aux lèvres.