Disparition du Mondial : plusieurs petites activités pourraient compenser

Disparition du Mondial : plusieurs petites activités pourraient compenser

Janine Roy, commerçante de la rue Heriot

Crédit photo : Jean-Pierre Boisvert

Chez les commerçants, la disparition du Mondial du portrait de l’été prochain suscite des commentaires à divers degrés, selon bien sûr le type de commerce.

Pour Janine Roy, des Nouveautés Janine Roy, rue Heriot, c’est une grosse déception. «Je vais commencer par digérer ça, car vous m’apprenez la nouvelle. Et ça me fait de la peine. Vraiment. Ça attirait du monde, des étrangers, et les affaires s’en ressentaient. Moi, par exemple, je vendais beaucoup de chapeaux, les gens en avaient besoin avant d’aller passer des heures au gros soleil. Et ça faisait du nouveau en ville. Qu’est-ce qu’on aura maintenant pour attirer le monde ? On ne peut pas ne pas rien faire», a-t-elle imploré.

Chantal Fournier, de la Petite Fripouille

À la Petite Fripouille, la vendeuse Chantal Fournier dit comprendre, pour sa part, qu’un événement, quel qu’il soit, ne peut durer lorsque les déficits s’accumulent. «Peut-être qu’après 36 ans, il est temps de passer à autre chose, de trouver une autre formule. Chez nous, la vente trottoir a bien marché l’été dernier durant le festival, mais ça ne dérangera pas tant que ça si ça ne revient pas. La fête du 31 décembre (D-31) et la fête de la musique sont des événements attirants».

Resto La Muse

Au Resto La Muse, Julie Arel, est à la fois triste et encouragée. «Mon resto est à la porte du festival et c’était tout le temps un gros dix jours pour moi. On faisait de bonnes affaires. Mais je m’encourage à l’idée qu’il y aura autre chose. Pourquoi ne pas amener le Festival de la blague au centre-ville? Beaucoup de gens ont dit qu’il y avait plein de moustiques l’été dernier (NDLR : sur le site de l’Amphithéâtre Saint-François). Le Village illuminé et le Village hanté ont aussi été très bons pour attirer des touristes. Durant la fin de semaine de l’Halloween, ce fut mon meilleur week end de l’année. Des visiteurs sont venus de Montréal. Moi je crois que plusieurs petites activités organisées pas loin de nous pourraient compenser l’absence du Mondial car l’offre de restauration est quand même excellente dans le centre-ville», a fait valoir Julie Arel.

Au Bistro Saint-Georges, le propriétaire Malek Benabdelmoumen soumet que le festival avait perdu des plumes ces dernières années. «Auparavant, la journée du défilé était la plus grosse de l’année pour les affaires ici, maintenant c’était rendu une bonne journée ordinaire. Depuis deux ans, c’est le D-31 qui attire le plus. C’est dommage car le Mondial des cultures est un bel événement qui disparaît. Même si je dois dire que plusieurs de nos clients réguliers ne venaient pas durant ces dix jours, craignant de ne pas avoir de place pour stationner. Moi je trouve ça correct de fermer des rues pour tenir des événements importants», s’est-il dit d’avis.

Sylvain Janelle

Un autre bar, Ô Saint-Fred, a toujours été bien servi par la présence du Mondial. «Il n’y avait pas ici plus de touristes, mais la clientèle sort davantage quand il y a de l’activité», a commenté le proprio Sylvain Janelle. «Le monde attire le monde, c’est bien connu. Chaque fois qu’il y a un spectacle au parc Saint-Frédéric durant l’été, il y a plus de monde dans mon bar c’est sûr. Tout rassemblement festif est une bonne affaire pour les commerces. J’espère que ce sera remplacé par autre chose».

Marc Labbé, opticien, est l’un des commerçants qui vont apprécier que les rues ne seront plus fermées. «Ce n’était pas facile pour ma clientèle qui venait pour des examens de la vue. Le festival ne me permettait pas de faire de meilleures ventes et sa disparition ne fera pas de différence. On voyait qu’il y avait de moins en moins de monde. Peut-être que les gens commençaient à être tannés des vieilles danses».