Dessins Drummond poursuit huit entreprises pour plagiat

Dessins Drummond poursuit huit entreprises pour plagiat

Yves Carignan a décidé de s'attaquer au plagiat

Yves Carignan, président directeur-général de Dessins Drummond, en a assez de se faire plagier : il vient d’entreprendre une poursuite judiciaire contre huit différentes entreprises québécoises.

«Le droit sur la propriété intellectuelle, ça va pour les films, les livres, les chansons et ça s’applique aussi aux dessins. La loi canadienne protège la création artistique et l’architecture fait partie de cette création. Moi je paye des gens pour créer ces dessins et je constate que d’autres en profitent pour se créer une "business" en les copiant», lance-t-il avec l’assurance d’un homme d’affaires convaincu de défendre l’avenir de son entreprise.

Dessins Drummond offre de nombreux plans de maison sur son site web, lesquels sont à l’évidence, même pour un néophyte, recopiés avec quelques toutes petites modifications, comme il a été démontré au journaliste de L’Express, documents à l’appui.

«Toute entreprise a ses menaces, les miennes concernent le plagiat, dit Yves Carignan. Je dois surveiller ça de près. Au début de l’hiver dernier, on s’est aperçu que plusieurs entreprises plagiaient nos dessins et nous présentaient du même coup une compétition déloyale. J’ai contacté certaines de ces entreprises et j’ai tenté de négocier pour en arriver à une entente d’affaire. La réponse a été non. Pourtant, dans plusieurs cas, il serait revenu moins cher à ces entrepreneurs d’acheter une de nos licences plutôt que de payer un dessinateur pour travailler sur des altérations. Je n’ai pas le choix de foncer et de me défendre».

Le PDG de Dessins Drummond n’est pas sans savoir que le processus judiciaire peut être long et onéreux. «Ce n’est pas la première fois que je prends ce moyen pour obtenir justice. C’est arrivé trois fois et, à chaque fois, ça s’est réglé hors cour. Mais là, c’est la première fois que je dépose huit poursuites en même temps. Ça démontre le sérieux de l’affaire. J’ai donné des avertissements, mais je ne donnerai pas de deuxième chance», tranche-t-il.

Le consommateur, selon lui, ne peut savoir si le plan de maison qu’il achète est une copie ou pas, mais le dessinateur, celui qui a fait les petites modifications à partir de l’œuvre originale, lui le sait. «Devant un juge, en bout de course, j’aurai à prouver que mon dessin a été mis sur internet avant la copie. J’ignore si une des entreprises voudra se rendre jusqu’au bout, car je m’attends à des règlements hors cour, mais moi je suis prêt à me battre».

Une quinzaine de personnes s’activent dans les bureaux de Dessins Drummond, maintenant situés à l’intersection des boulevards Saint-Joseph et René-Lévesque. La bannière est également utilisée dans 23 bureaux au Québec.

Saviez-vous que…

La durée de la protection du droit d’auteur est généralement valide pendant toute la vie de l’auteur de l’œuvre et 50 ans après son décès. C’est la raison pour laquelle vous entendez souvent de la musique classique dans les ascenseurs. Les auteurs sont décédés depuis plus de 50 ans et les droits font donc maintenant partie du domaine public.