Demande faite par le Comité Vigilance hydrocarbures aux élus municipaux drummondvillois

Demande faite par le Comité Vigilance hydrocarbures aux élus municipaux drummondvillois

Tribune libre

Nous, du Comité Vigilance Hydrocarbure de Drummondville, voulons, par la présente, donner suite, à la période de questions de la dernière séance du Conseil municipal de Drummondville, celle du 5 septembre dernier, où vous affirmiez que la protection de l’eau potable était une priorité incontournable.

Et en ce sens, nous estimons donc  que la Ville de Drummondville a une responsabilité incontournable.

Le Ville a annexé les municipalités de St-Joachim, de St-Charles et de St-Nicéphore. Tous les territoires de ces anciennes municipalités, celui de la Ville y compris, étaient et demeurent « claimés ». Ce qui signifie que, grâce à la loi 106 du gouvernement du Québec, une compagnie gazière  peut forer sur ce large territoire, comme elle pourrait le faire sur le territoire de la MRC Drummond, et même ailleurs, pour en extraire le gaz et le pétrole de schiste. Si pour le moment, on ne craint pas pour le centre de la Ville, il est légitime de craindre pour les propriétés et les terres limitrophes, vu l’étendue de son territoire. Les forages, qui se font à l’aide de produits toxiques, peuvent s’étendre horizontalement sous terre jusqu’à 2 kilomètres de rayon et contaminer ainsi les nappes phréatiques, l’eau potable, les sols, la végétation, nos cours d’eau, l’air environnant et avoir une incidence très grave sur la santé de tous les êtres vivants. Retenons ceci : un forage effectué dans la municipalité de St-Germain de Grantham pourrait rejoindre, sous terre, le sous-sol de la Ville de Drummondville…

Le 8 mai 2017, le Conseil municipal adoptait, à l’instar du mouvement initié par le Comité de pilotage des maires, un  règlement pour la protection de son eau potable et, avec 230 autres municipalités du Québec, demandait au Ministre de l’environnement, une dérogation au Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) en vigueur. Nous vous en félicitons. De même nous vous félicitons pour votre appui à la Fondation Bleu Terre de David Suzuki qui tente de faire reconnaître, dans la Charte canadienne, le droit des citoyens et citoyennes de vivre dans un environnement sain.

Le temps est venu maintenant d’aller plus loin  pour la protection de l’eau.

Vous êtes des personnes élues par la population. Vous êtes élues, non seulement pour bien gérer la ville, mais aussi pour la protéger et prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir la détérioration de la vie des citoyens. Vous avez en main tous les pouvoirs pour informer la population des dangers que représentent  l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures sur notre territoire : contamination de l’eau potable et tremblements de terre puisque la Ville est assise sur une faille géologique et se trouverait, de ce fait, fragilisée par les forages qu’une compagnie y effectuerait. Pour ce faire, la Ville dispose d’un service des communications et d’un outil, LE BULLETIN, publié et distribué mensuellement. D’ailleurs, petit fait cocasse à souligner, dans l’édition de septembre, vous informiez les citoyens sur le « comment prévenir l’apparition des vers blancs ». Avouons qu’il y a ici beaucoup plus que des vers blancs!

C’est presque de l’héroïsme pour de simples citoyens de continuellement s’informer, d’être vigilants et de suivre toutes les séances du Conseil, dans un dossier aussi lourd que celui de la lutte pour la protection de l’eau contre les effets pervers des hydrocarbures. Tout cela, quand le travail requiert une présence de 40h/sem. pour gagner sa croûte et celle de sa famille. Cependant nous ne céderons pas un pouce de notre responsabilité, car la vie de tous et chacun en dépend.

Mais vous aussi, vous avez votre responsabilité : celle d’informer la population. Alléguer que cette responsabilité revient au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), dont la mission est d’informer et de consulter la population sur des projets, relève de la pure fiction. En effet, la Loi 106 juge qu’un projet dont la distance séparatrice de 500 mètres entre la tête d’un puits de forage et une source d’eau potable, représente un risque modéré et que, par conséquent, le BAPE n’est pas tenu de l’évaluer. D’autre part, affirmer qu’on a besoin d’Énergie Est de même que de l’exploitation des hydrocarbures sur nos terres pour répondre à la demande croissante des propriétaires de « gros véhicules »,  est tout simplement fallacieux, puisque la presque totalité de la production issue de ces opération est destinée à l’exportation.

Le vote municipal est pour bientôt et ce ne seront pas les compagnies ni les gens qui les dirigent qui vont vous élire mais bien les citoyens de votre ville.

Le CVH de  Drummondville demande aux élus municipaux de Drummondville de s’engager à être proactifs dans le dossier de la protection de l’eau potable et de faire connaître leur position, par différents médias ou autrement, à toute la population.

Membres signataires : Claire Blais; Paul-Émile Lupien; Robert Poisson; Marjolaine Fecteau; Bernard O’Bready; Alain D’Auteuil; Lyne Bélanger; Anie Langelier; Huguette Manseau; Michelle Théroux; Aline Parent; Berthier Boucher; Henriette Yergeau; Berthe Tessier; Clifford Hamel; Roger Pomerleau; Ginette Laporte; Serge Garneau; Mireille Comeau.