Cours de conduite: les jeunes n’ont pas assez de 10 heures de pratique

Cours de conduite: les jeunes n’ont pas assez de 10 heures de pratique

Tribune libre

Crédit photo : Photo Deposit

Cette lettre a été écrite par Lise Gagné, de Drummondville

Plus d’heures de cours pratique supervisées, dans les écoles de conduite, pourraient aider les jeunes à accumuler plus d’expérience sur la route, avant l’obtention d’un permis de conduire.

Dans la plupart des écoles de conduite, la période des cours dure une année. Mais l’élève reçoit en moyenne 10 heures de cours pratique supervisées ce qui est nettement insuffisant pour acquérir assez d’expérience selon moi.
De nombreux parents ne veulent pas accompagner leurs enfants et les faire conduire pour diverses raisons alors que d’autres le font, mais dans le stress, la confrontation, la chicane.

Les parents paient 1000$ et plus, mais pour obtenir quoi?

De la théorie enseignée sur des bancs d’école durant des soirées (après l’école en plus), qui «entre par une oreille et sort par l’autre».

La preuve, regardons la conduite des jeunes et moins jeunes, sitôt le permis obtenu.

Bien sûr, il ne faut pas généraliser, car il y a plus de bons conducteurs que de mauvais sur nos routes.

Mais quand on voit tant d’accidents parmi nos jeunes, peut être pourrions-nous essayer de chercher des solutions dans la façon de leur enseigner la conduite d’un véhicule et changer leurs attitudes en même temps.

Les pilotes d’avion ont besoin de plusieurs heures de vol pour obtenir une licence. Plusieurs corps de métiers également. Les heures consacrées à la pratique sont importantes pour acquérir de l’expérience, pourquoi alors négliger ce temps dans l’apprentissage de la conduite automobile?

Aussi, pourquoi ne pourrions-nous pas retrouver un cours de conduite pratique dans le milieu scolaire en secondaire 5?

Beaucoup de disciplines sont offertes dans nos écoles, on pourrait y ajouter des cours de conduite pratique, ce qui est aussi important.

À mon avis, les écoles de conduite devraient réviser leur programme et les adapter à la réalité d’aujourd’hui. Disons-le, l’attitude des jeunes aujourd’hui n’est pas la même qu’avant alors que le nombre d’autos sur nos routes est en augmentation.

C’est sur la route que l’on voit ce qui se passe «dans la vraie vie» et la façon de réagir instantanément aux situations.

Si un professeur se rend compte que la personne aurait besoin de plus de cours pratique supervisée, et bien, qu’il lui en fournisse davantage, pour son bien et celui des usagers de la route, avant la fin de sa période de cours.
J’irai jusqu’à dire qu’un terrain pourrait être aménagé pour les faire pratiquer dans des situations problématiques (courbes, dérapage, conduite avec texto ou autres) tout ceci avec de l’équipement de protection et sous la supervision d’un moniteur.

Également, on pourrait penser à un «simulateur de conduite», tout comme on a fait avec la venue des ceintures de sécurité obligatoire et la réaction à l’impact. On pourrait les faire conduire en textant ou après avoir pris des consommations de toutes sortes pour qu’ils prennent conscience des impacts dans la conduite automobile.
Tout ceci améliorerait la sécurité de tous. Un simulateur pourrait se retrouver dans un bureau de la SAAQ et nos jeunes de 16 ans auraient un cours sur celui-ci ou plus, selon les besoins.

Les coûts engendrés par de telles mesures (plus de cours pratiques, terrain aménagé à cet effet, simulateur de conduite) compenseraient largement pour les coûts que l’inexpérience des jeunes causent au système de santé, système judiciaire, assurances, sans compter les familles détruites.

Bien sûr, ces mesures à elles seules ne pourraient pas éliminer les risques d’accidents mais je pense que cela pourrait aider largement les personnes à acquérir plus d’expérience et, en même temps, changer leurs attitudes de conduite avant l’obtention de leur permis.

Quelle sera la première école qui offrira plus de cours pratiques?

Lise Gagnon, Drummondville