Centre famille-enfant : les infirmières auxiliaires mises de côté

Centre famille-enfant : les infirmières auxiliaires mises de côté

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L’insatisfaction gronde depuis des mois à l’hôpital Sainte-Croix alors que les infirmières auxiliaires n’ayant pas de poste permanent ne travailleront pas au sein de l’équipe de pédiatrie du Centre famille-enfant (CFE).

Avec la collaboration de Josyane Cloutier

Il s’agit d’une décision de la direction des soins infirmiers du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, comme l’explique Nathalie Garon, directrice du programme jeunesse-famille au CIUSSS MCQ.

«Ça n’a rien à voir avec le nouveau Centre famille-enfant, mais avec le niveau de soin qui a été préconisé. Chacun des centres de la région se voit attribuer un niveau de soin et selon ce niveau, des niveaux de besoin en termes d’infirmières, d’infirmières auxiliaires et d’infirmières cliniciennes (bachelières) sont établis. Ce sont donc des orientations mises de l’avant par la direction des soins infirmiers, laquelle est responsable de voir, selon les secteurs d’activité, quel niveau de soin est nécessaire pour offrir un service en toute sécurité et de la meilleure qualité possible. Ici, on a davantage besoin d’infirmières cliniciennes que d’auxiliaires, un ratio convenu par la direction pour s’assurer d’offrir des soins de grande qualité.»

Comme l’avait déjà précisé Nathalie Perreault, directrice adjointe en périnatalité au CIUSSS MCQ, dans un article daté du 14 janvier 2017, le niveau de soin sera le 1B «qui prévoit assurer les soins et services pour les nouveau-nés de 34 semaines et plus».

Rappelons également que le CFE est le premier centre dans la région à être doté d’un bloc obstétrical.

Ainsi, les équipes étant mieux équipées, le taux de rétention des patients sera accru. «Nous allons assumer l’ensemble de notre niveau de soin, ce qui n’était pas le cas auparavant avec le manque de pédiatres. On faisait beaucoup de références vers l’Estrie alors que c’est de la clientèle qu’on aurait dû accueillir au sein de l’établissement. C’est une excellente nouvelle!»

Malgré ces changements, les grands prématurés ou les mamans souffrant de complications majeures devront être transférés vers Trois-Rivières, Sherbrooke ou encore Sainte-Justine, comme c’est le cas présentement.

Enfin, Mme Garon a fait savoir que les infirmières auxiliaires sont «très en demande» et «importantes» au sein du CIUSSS et devraient être affectées dans d’autres départements.

«Une décision administrative»

Selon la vice-présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires de Drummondville (SPSICD), Brigitte Roy, il s’agit d’une décision prise sans égards au personnel médical sur le terrain. «C’est très préoccupant. C’est nous qui allons devoir composer avec ces mesures. C’est une décision administrative, sans plus», déplore-t-elle lors d’une entrevue téléphonique.

En effet, une infirmière auxiliaire ne peut, en principe, exercer sans le soutien d’une infirmière. Ce qui explique cette mesure, selon le syndicat, c’est que les lieux physiques sont trop étendus pour permettre ce jumelage. «C’est ce que l’employeur nous dit. Difficile de savoir si c’est totalement vrai», exprime Brigitte Roy.

Cette nouvelle norme touche une dizaine d’infirmières auxiliaires, sans poste permanent, qui devront être relocalisées dans d’autres départements. Une forme d’équipe volante, prioritaire au CFE, sera constituée afin d’intervenir au département de pédiatrie en cas de besoin.

Six postes destinés aux infirmières bachelières sont actuellement affichés, selon la présidente.

Sauf que les professionnelles et le syndicat sont encore dans le brouillard, même si l’annonce leur a été faite à l’automne dernier.

«Actuellement, aucune ne sait vraiment où elle va se ramasser. Deux ou trois mois après l’ouverture, peut-être qu’on va nous dire que ça ne fonctionne plus et que l’administration va encore tout changer. Rien n’est clair. Les infirmières auxiliaires sont tannées de vivre dans l’insécurité. Elles sont gardées en otage.»

Elle précise que plusieurs n’ont même jamais travaillé à l’extérieur de la pédiatrie ou du département d’obstétrique.

«Ailleurs au CIUSSS-MCQ, les infirmières auxiliaires ont le droit d’exercer en pédiatrie», explique Brigitte Roy, en ajoutant qu’elle entend monter un dossier afin de prouver à l’administration que les infirmières auxiliaires sont qualifiées pour exercer dans ce département.

«Sinon, ça devrait être uniforme partout», conclut-elle.

 

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