Marco Marciano estime que Marc-André Fleury récolte les dividendes des efforts qu’il a déployés au cours des dernières années. (Photo d’archives, Ghyslain Bergeron)
Marco Marciano n’est pas surpris des succès de Marc-André Fleury
Le coentraîneur des gardiens des Voltigeurs de Drummondville, Marco Marciano, n’est pas surpris des succès que connaît son ancien protégé, Marc-André Fleury, chez les Penguins de Pittsburgh.
À sa deuxième présence en séries éliminatoires dans la Ligue nationale de hockey, Fleury n’est plus qu’à une victoire d’une participation à la finale de la Coupe Stanley. Le gardien de 23 ans occupe présentement le deuxième rang du circuit au chapitre de la moyenne de buts alloués et du pourcentage d’efficacité et il domine ses pairs pour les victoires et les blanchissages.
«Je suis très, très content pour Marc-André. Malgré les difficultés, il n’a jamais lâché et il est en train de prouver à tout le monde qu’il est capable d’exceller en séries. Il mérite tout ce qui lui arrive présentement. Il récolte les dividendes des efforts qu’il a déployés au cours des dernières années», a raconté Marciano, qui a dirigé Fleury alors qu’il portait les couleurs des Screaming Eagles du Cap-Breton, en 2003-2004.
Avant le début des présentes séries éliminatoires, le portier natif de Sorel avait la réputation de s’effondrer sous la pression, comme c’est arrivé en finale du championnat junior mondial, en 2004, en Finlande. Il avait alors été directement responsable de deux buts qui avaient permis aux Américains de se sauver avec la victoire en fin de match. Ses insuccès lors de sa première apparition en séries éliminatoires, contre Ottawa, l’an dernier, n’avaient fait qu’accentuer cette impression auprès des observateurs.
«Ces événements n’ont pas été faciles pour lui, mais il s’en est remis. Pour gagner, il faut d’abord commencer par apprendre à perdre. Marc-André a commis des erreurs d’inexpérience, mais il a travaillé fort pour ne plus les répéter. Aujourd’hui, il est devenu un gardien plus expérimenté, plus calme et plus patient. Il ne fait plus de la "crazy carpet" devant son filet. Depuis le début des séries, je vois surtout un gars qui s’amuse et un gardien qui est en plein contrôle de la situation», a raconté Marciano, qui parle à son ancien élève au moins une fois par mois et qui l’entraîne encore durant la période estivale.
Une blessure salutaire
Marc-André Fleury ne l’a pas eu facile au cours de la dernière saison, lui qui a notamment été victime d’une blessure à une cheville qui lui a fait rater 35 rencontres. À son retour, en février, il a dû effectuer un bref séjour dans la Ligue américaine afin de retrouver sa forme. Il a ensuite dû se réapproprier le poste de numéro un, qu’il avait perdu aux mains du surprenant Ty Conklin durant sa convalescence. Au lieu de s’apitoyer sur son sort, il s’est retroussé les manches et a finalement remporté 10 de ses 13 derniers départs, ce qui lui a permis de retrouver la confiance de Michel Therrien.
«Cette blessure est probablement la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Dans une carrière, un athlète a parfois besoin de faire un pas en arrière pour mieux rebondir par la suite. Avant d’être blessé, Marc-André m’avait confié qu’il ne s’amusait plus autant qu’avant. Pendant sa convalescence, il a fait le ménage dans sa tête. Quand il est revenu, il avait encore plus faim», a laissé entendre Marciano.
Selon l’homme de hockey de 25 ans, qui a débuté sa carrière d’entraîneur des gardiens à l’âge de 17 ans, le fait qu’une grande partie de l’attention médiatique soit dirigée vers Sidney Crosby, Evgeni Malkin et compagnie dans la ville de l’acier ne peut qu’être bénéfique pour Marc-André Fleury.
«Un gardien ne devrait jamais être trop sous les projecteurs. C’est gars-là sont à leur meilleur quand ils peuvent se concentrer sur leurs petites affaires. Quand toute l’attention se tourne vers eux, comme ce fut le cas pour José Théodore à Montréal il y a quelques années ou pour Carey Price lors des dernières séries, il y a un danger qu’ils craquent. Présentement, Marc-André n’est pas trop sous le «spotlight». Il évolue dans un environnement parfait pour lui», a estimé celui qui travaille en étroite collaboration avec Frédéric Malette.
Premier choix au total lors de l’encan de 2003 (l’une des meilleures cuvées de l’histoire dans la LNH par surcroît), Marc-André Fleury a fait son entrée dans le grand circuit dès l’âge de 18 ans, alors que les Penguins formaient une équipe médiocre (cette année-là, le meilleur pointeur du club était le défenseur Dick Tarnstrom!). Sa première saison a été à ce point difficile qu’il a passé la campagne suivante dans la Ligue américaine…
«Marc-André a hérité du poste de gardien numéro un alors qu’il était un peu trop jeune. Ce fut la même chose dans le junior, au Cap-Breton. Dans les deux cas, il avait beaucoup de pression sur les épaules. Il a connu toutes sortes de difficultés au départ, mais il a été capable de surmonter ça et de revenir plus fort. C’est d’ailleurs pour cette raison que je l’admire autant, car je sais par où il est passé avant d’arriver là où il est aujourd’hui», a conclu Marco Marciano.