Les poules arrivent en ville


Publié le 19 mars 2017

Mylène Lampron devant le modèle de poulailler pouvant abriter quatre poules.

©Photo: TC Media - Reine Côté

Après l'engouement des Montréalais pour les animaux de ferme à la maison, voilà que les Centricois succombent à leur charme à leur tour. Depuis l'été dernier, Mylène Lampron a installé près d'une dizaine de poulaillers sur le terrain arrière de citoyens de Drummondville et des environs.

C'est rendu qu'on les considère comme des animaux domestiques Line Beauchamp

Durant les quatre jours de la Foire de l'habitation de Drummondville, qui se terminait dimanche, Mme Lampron a répondu à des dizaines de visiteurs curieux qui s'arrêtaient devant son stand d'information. La présence de poules dans un poulailler attirait l'attention, à coup sûr.

«Il y a un retour aux sources. Les gens veulent se rapprocher de l'agriculture, car ils ne savent pas d'où vient leur nourriture», constate Mylène Lampron, qui a été élevée sur une ferme complétée d'un petit poulailler.

Son intérêt pour les animaux domestiques n'est pas d'hier. Celle-ci a longtemps oeuvré comme zoologiste à la Fédération des producteurs de volailles du Québec.

Bachelière en agroalimentation, la Drummondvilloise faisait partie du conseil consultatif d'urbanisme de la Ville de Drummondville qui a proposé le règlement municipal autorisant l'usage d'un poulailler en milieu urbain, qui a été adopté, en mars 2016.

Formule tout compris

Mylène Lampron a vite compris qu'un bon nombre de gens se montreraient intéresser à l'idée d'avoir des poules en pleine ville. Sous le nom de Les poules à Colin, elle a lancé un service de location de poulailler à l'intention des citoyens vivant en ville, justement. Elle leur  propose un modèle de poulailler, dont le choix est déterminé par le nombre de poules qui y séjournera. Trois poules sont autorisées sur un terrain de moins de 1500 mètres carrés et cinq, si l'espace est supérieur.

Au printemps, Mme Lampron installe le poulailler, livre les poules, la moulée pour tout le séjour des pensionnaires à plume ainsi que la rip pressée qui servira de litière. Elle conseille aussi ses clients. À l'arrivée des grands froids, elle revient chercher les poules et les héberge pour l'hiver, si le client le souhaite.

Il y a évidemment des coûts pour la location du poulailler et des poules ainsi que pour leur pension hivernale. Les prix de location varient selon le modèle et le nombre de poules, de 350 à 500 $. Un prix supplémentaire s'ajoute pour la pension hivernale. Au bout de la troisième année, les locataires en deviennent propriétaires.

En une saison à peine, Mylène Lampron a gagné son pari. Les citoyens qui se sont laissé tenter par l'expérience d'un poulailler urbain l'an dernier veulent ravoir leurs poules, cet été.

De bons œufs frais

Line Beauchamp, qui habite le secteur de Saint-Charles avec ses trois enfants, a hâte qu'on lui ramène «ses» poules. Lorsqu'elle s'est décidée, l'été dernier, il y avait bien sûr l'idée d'avoir des œufs frais, mais aussi la présence d'animaux sur son terrain. Ce n'était surtout pas pour économiser sur l'achat des œufs.

«Je suis vendue au poulailler. Ça met de la vie sur le terrain. C'est rendu qu'on les considère comme des animaux domestiques. Je les appelle et les poules viennent me voir», raconte Mme Beauchamp.

Le poulailler a fait fureur autour d'elle. Ses enfants aiment leurs poules et leur ont même donné un nom. Leurs amis sont tous venus les entendre caqueter.

À la fin de l'automne, Mme Lampron est venue chercher ses poules pour les mettre bien au chaud durant l'hiver. Ce printemps, elle ramènera les élevages à leurs locataires.

Le chant du coq

Le couple Jonathan Vincent et Sammy Joe attend le retour de leurs deux poules et de leur coq «de fantaisie». Ils l'ont choisi pour l'entendre chanter soir et matin, pas pour ses vertus de reproducteur.

Jonathan et sa conjointe comptent garder leur élevage plusieurs années. Ils en deviendront donc propriétaires d'ici deux ans. Ils ont commencé à construire leur bâtiment qui les gardera au chaud durant l'hiver.

Ils n'avaient aucune expérience avec ce type d'animal, mais possédaient déjà deux chats et deux chiens. «On voulait essayer ça. Je ramasse deux à trois œufs par jour et ils sont frais. Et c'est facile d'entretien, le poulailler», affirme M. Vincent, qui habite lui aussi un secteur urbain de Drummondville.

Pour plus d'information, visitez le @locationdepoulaillersurbains.