Couches lavables ou jetables?

Le résultat d’une recherche faite par une maman cyrilloise

Cynthia Giguere-Martel cynthia.giguere-martel @tc.tc
Publié le 11 janvier 2009

Depuis le 1er janvier dernier, les familles cyrilloises ont droit à un remboursement de 50 % des coûts défrayés pour les couches lavables, et ce, jusqu’à concurrence d’un montant de 250 $ par enfant. L’Express a rencontré la maman qui est la demanderesse de cette aide financière.

Native de Saint-Joachim-de-Courval, Julie Lupien a grandi sur une ferme laitière tout comme son conjoint. Pour ces derniers, la protection de l’environnement demeure une priorité.

Dans cette optique, la jeune maman a toujours eu l’intérêt d’utiliser des couches lavables, même avant d’avoir son garçon, Laurent. «Avant d’accoucher, j’étais dans une boutique de produits pour bébé, à Victoriaville, quand l’une des vendeuses m’a parlé que plusieurs municipalités dans la région avaient emboîté le pas concernant les subventions, a expliqué Mme Lupien. Ça m’a donc incité de faire une recherche sérieuse sur les points forts et faibles des couches lavables versus jetables, dans le but de la présenter au conseil municipal de Saint-Cyrille, au mois d’août.»

Les couches jetables, une source polluante

Dans sa recherche, Mme Lupien a recueilli plusieurs informations démontrant que les couches jetables constituent une grande source de pollution, soit le troisième constituant.

Tout d’abord, de la naissance à la propreté, un enfant met 5000 à 7000 couches. La variation s’explique dans la fréquence de changement et l’âge de la propreté.

De plus, avant qu’une couche jetable se dégrade, il faut attendre 300 à 500 ans. «Cela veut dire que la toute première couche mise à la poubelle n’est même pas encore dégradée», a constaté la maman.

De surcroît, on retrouve plusieurs produits chimiques dans les couches jetables pour faciliter l’absorption. Par exemple, du polyacrylate de sodium qui a d’ailleurs été retiré des tampons féminins. Ce produit est soupçonné de provoquer le choc toxique.

Les couches réutilisables

Il existe plusieurs types de couches lavables : en fibre de bambou (plus dispendieuses, mais grande résistance), en coton, en ratine de velours, etc. Il y en a pour tous les budgets.

La recherche démontre également que les couches lavables nécessitent un changement de couches plus fréquent : contrairement aux couches traditionnelles, elles absorbent moins. Dès lors, l’enfant sent plus rapidement un inconfort. «Certains bébés peuvent devenir propres plus tôt et souffrir moins d’érythème fessier», a ajouté Mme Lupien.

Le coût

Dans son rapport de recherche, Mme Lupien a inséré un tableau comparatif faisant état des frais qu’engendrent les deux types de couches.

«On peut s’équiper pour 475 $ en couches lavables. Une autre personne peut aller jusqu’à 1000 $ pour des couches de plus grande qualité. Ces prix incluent les couches de la naissance à la propreté ainsi que les cache-couches. Elles peuvent également être réutilisables pour un deuxième enfant. Tandis qu’il en coûte 2000 $ à 2500 $ pour les couches jetables», a informé la demanderesse.

Sommes toutes, les couches réutilisables présentent beaucoup plus d’avantages que les couches jetables. Toutefois, au dire de Julie Lupien, encore faut-il que les parents soient prêts à s’investir dans les couches lavables, puisque ça nécessite un peu plus de temps. «C’est sûr que c’est un peu plus d’ouvrage, mais on s’habitue. Lorsqu’on fait des sorties ou que quelqu’un garde Laurent, on utilise des couches jetables parce qu’on ne veut pas imposer les couches lavables. C’est simplement en cas de dépannage», avoue Mme Lupien.

Après la présentation au conseil municipal, Julie Lupien a dû attendre environ deux semaines pour recevoir la réponse, qui lui aura valu une fière chandelle. «Je suis très contente que le conseil ait accepté. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais en même temps j’étais tellement confiante et le fait d’avoir de bons arguments a fait une différence. Je suis fière.»

Le projet a déjà été demandé à Drummondville, mais il avait été refusé. De plus en plus de municipalités au Québec emboîtent le pas.