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«Nous avons vu la panique dans leurs yeux»


Publié le 11 septembre 2017

«Nous avons vu la panique dans leurs yeux».

Voilà une phrase que laisse tomber Marie-Michelle Faucher, quelques jours après avoir quitté l'île de Saint-Martin qui allait être dévastée dans les heures suivantes par l'ouragan Irma.

Elle et son conjoint Michael Pelletier, qui résident à L'Avenir, n'étaient arrivés à leur hôtel que depuis quelques jours quand ils ont réalisé qu'une tempête monstrueuse se dirigeait sur eux. Ils ont pu évacuer mardi dernier, mais le choc n'était pas encore disparu lorsque nous lui avons parlé ce matin.

«Nous avons été parmi les derniers rescapés. Sunwing a bien géré la situation. Je sais que bien des commentaires sont négatifs mais, dans notre cas, je n'ai rien à redire à propos de Sunwing… La télé montre cette dévastation et c'est incroyable de voir tout ça. Notre hôtel, le Rio Palace, a été complètement démoli, il ne reste plus que le béton. Je revois tous ces gens qui nous ont aidés. Nous avons vu la panique dans leurs yeux. Nous sommes sans nouvelle d'eux. Je me souviens de cette dame qui conduisait notre taxi, elle nous avait dit que nous étions ses derniers clients. J'ignore ce qui leur arrive présentement… Je ne sais pas  comment ils vont faire pour tout reconstruire. Même la végétation va mettre des années à s'en remettre. Les jeunes vont sans doute partir. Le pire c'est que si ça prend cinq ans pour rebâtir, y a des chances qu'un autre ouragan vienne tout défaire encore une fois», de raconter Marie-Michelle Faucher.

Elle n'a pas du tout l'intention de retourner en voyage. «Non, là il n'est pas question de repartir. Et si jamais je recommence à voyager. C'est certain que ce ne sera pas durant la saison des ouragans. Ça c'est fini», lance-t-elle, trahissant le traumatisme qui l'habite encore.

Elle et son copain sont à préparer une activité pour récolter des fonds pour aider ces gens qui n'ont plus rien sur l'île de Saint-Martin. «Nous ne pouvons rester insensible, nous avons besoin de faire une différence dans leur vie, apaiser leurs souffrances, mettre un baume sur cette tristesse. Pour ce faire, nous aimerions tenir une vente de livres usagés, le 16 septembre prochain, au 575 rue Principale à L'Avenir. «Un don un livre. Tout l'argent sera remis à la Croix-Rouge de France, ils ont un volet express pour aider Saint-Martin», a-t-elle précisé.