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Vivre le Mondial des cultures autrement


Publié le 14 juillet 2017

Sylvain Plourde et François Bernard ont beaucoup de plaisir dans leur nouveau rôle bénévole de gestionnaire du centre d'hébergement.

©TC Media - Cynthia Giguère-Martel

Malgré un bon nombre d'avantages, la transition du centre d'hébergement du Mondial des cultures de Marie-Rivier à Jean-Raimbault ne s'est pas faite sans défi, surtout pour les deux responsables qui ne s'étaient jamais impliqués dans ce comité.

«Nous avons été longtemps François (Bernard) et moi bénévoles à la Grande Place (scène principale), au parc Woodyatt. Depuis deux ans, nous nous étions retirés, mais des gens de l'équipe nous ont appelés en début d'année. Ce fut un challenge, parce qu'on n'a jamais été bénévole ici. Il a fallu s'adapter, mais je peux dire que ça très bien été et tout se  déroule bien», explique Sylvain Plourde.

Tout en apprenant leur nouveau rôle, MM Plourde et Bernard ont dû voir à plusieurs choses et régler bien des détails, par exemple, voir à la configuration des dortoirs et gérer les repas.

«Aussi, contrairement à Marie-Rivier, il n'y a pas de buanderie. Heureusement, il y en a une tout près, donc on s'est organisé pour offrir le transport jusque-là lorsque c'est nécessaire», indique M. Plourde.

La quantité de portes de sortie et de fenêtres basses tout autour de l'école est un aspect technique qui a représenté un autre défi.

«Ça demande une surveillance plus accrue de la part des agents de sécurité», fait savoir M. Bernard.

En plus du côté logistique et de l'apprentissage, les deux acolytes devaient du même coup tenter de rassurer les plus anciens bénévoles qui craignaient cette transition.

«Il n'y a pas beaucoup de nouveaux bénévoles à l'hébergement, ils sont tous des gens avec 20, 25 et même 30 ans d'implication. Le principal défi a été de s'adapter, car le fait de perdre ses repères, ce n'est pas toujours facile. Par contre, je peux dire que les gens étaient ouverts et optimistes et ils voulaient que ça marche», raconte M. Bernard, également maire de Saint-Lucien.

Il y avait certes des défis importants à relever, mais maintenant, les deux hommes et tous les bénévoles sont en mesure de noter les avantages.

«La gestion se fait plus facilement étant donné que l'école est moins grande et on se sent moins éparpillé. En plus, ça favorise la proximité des gens, les troupes se mêlent plus», souligne M. Bernard.

«Les danseurs peuvent aller au parc à pied ou en vélo plus facilement, car c'est en ligne droite. Je dirais que le côté négatif de la situation géographique, c'est qu'on est un peu plus loin des centres d'achats, mais nous avons une entente avec la Ville en ce qui a trait au transport collectif», renchérit M. Plourde.

Somme toute, tout le monde semble s'être approprié ce nouvel endroit.

«Les bénévoles sont heureux d'être ici et les danseurs semblent apprécier également. Heureusement, car l'an prochain nous serons ici aussi, car les travaux ne seront pas terminés à Marie-Rivier», exposent-ils.

De beaux moments

Les deux hommes adorent leur première expérience. Même si cela demande certains sacrifices pendant une dizaine de jours, ils disent s'amuser abondamment

«C'est toute une gestion que nous avons à faire, car il y a environ 250 personnes qui gravitent autour de l'hébergement et ça, c'est sans compter les 350 danseurs, lance Sylvain Plourde. Pour nous, c'était important d'assurer une présence 24 heures sur 24 au cas où un incident surviendrait, on devrait faire évacuer d'urgence ou tout simplement pour répondre à une question. Ainsi, nous restons à coucher en alternance chaque soir.»

Le seul inconvénient, observent-ils, c'est qu'ils ne peuvent pas voir aucun spectacle.

«Nous voyons seulement les pratiques! Par contre, la chose qu'on n'a pas vraiment lorsqu'on travaille au parc, c'est le côté humain. Ça, c'est la grosse différence. On vit le Mondial autrement», font-ils valoir.

Les deux hommes ont d'ailleurs créé des liens avec des Français. «Ils nous attendent l'an prochain chez eux», lance M. Plourde, tout sourire.

Ils sont également témoins de belles complicités et de moments uniques

«Les Japonais nous ont pris par surprise lorsqu'ils sont arrivés. En fait, lorsque chaque ensemble arrivait, on prenait le temps évidemment d'aller les accueillir et leur expliquer les consignes. Pour leur part, les danseurs du Japon ont voulu saluer les bénévoles à leur façon avant qu'on leur parle. On en avait des frissons tellement que c'était exceptionnel.»

«Pour une première expérience, c'est super le <@Ri>fun<@$p>. Je m'amuse ici comme ça fait longtemps que je ne me suis pas amusé!» conclut M. Bernard.

 

Des câlins russo-américains

Parmi les moments inoubliables dont ont été témoins Sylvain Plourde et François Bernard, il y a celui entre les Américaines et les Russes.

«À l'arrivée des Américaines à Jean-Raimbault, les danseurs de la Russie se sont empressés à aller à l'extérieur pour les saluer. Tour à tour, ils leur ont fait de gros câlins. Dans le contexte qu'on vit actuellement, c'était spécial et beau à voir», affirme M. Bernard.

Une scène forte en émotions qui est survenue au moment même où le président des États-Unis, Donald Trump, rencontrait son homologue russe, Vladimir Poutine…