Le coroner Garneau doit se pencher sur un tragique événement

Jean-Pierre Boisvert jean-pierre.boisvert@tc.tc
Publié le 17 novembre 2012
Le coroner Yvon Garneau
Ghyslain Bergeron

C'est le coroner Yvon Garneau qui aura à faire la lumière sur un événement tragique qui est survenu cette semaine à Drummondville lorsqu'un jeune garçon de 12 ans s'est enlevé la vie.

«Le travail du coroner, un officier public qui est mandaté par le Bureau du coroner du Québec qui relève du Ministère de la Sécurité publique, est de comprendre les causes et circonstances de toute mort qui n'est pas naturelle et, dans le cas présent, la stupéfaction et la tristesse sont les premières émotions qui nous envahissent. Plusieurs questions nous submergent devant un tel drame et bien des gens m'ont interpellé ces derniers jours pour connaître la nature de l'enquête que je viens d'amorcer. Ce n'est pas facile de regarder ça froidement et de mettre en application la «Loi sur la recherche des causes et des circonstances des décès». C'est le troisième cas de suicide d'un enfant de 14 ans et moins que je dois investiguer depuis que je suis en poste, il y a 7 ans», a confié l'avocat drummondvillois.

Selon lui, dans chaque cas, il y a une raison. «Soit il y a un trouble avec la drogue, avec les parents, avec l'école, un problème de santé mentale, d'intimidation ou d'abus d'un tiers. Mais, dans ce cas-ci, aucune de ces raisons ne semble pouvoir être évoquée. Fondamentalement, le but de découvrir les causes est de chercher à éviter que cela ne se reproduise. L'une des premières questions qui prend le dessus dans presque tous les cas consiste à se demander si la jeune victime a vraiment voulu mourir. A-t-elle posé un geste pour impressionner ? C'est pour ça qu'il est important de comprendre ce qui a poussé un enfant à agir de la sorte. Et dans ce processus, il faut dire que j’obtiens une collaboration exemplaire des enquêteurs spécialisés de la Sûreté du Québec», a expliqué Me Garneau. «Dans une situation comme celle-là, on ne peut faire autrement que de se mettre à la place des parents et d’imaginer la grande peine qui les afflige. Je leur exprime toutes mes sympathies», a-t-il dit.

Pour aider à comprendre les motifs qui mènent au geste ultime, Yvon Garneau participe à une vigie sur le suicide en compagnie de médecins et de professionnels de la santé du CSSS. «Nous nous réunissons une fois par mois et nous étudions la trajectoire de vie d'une personne qui s'est enlevée la vie», a-t-il révélé.

Comme dans tous les cas où est instituée une investigation d'un coroner, le présent événement fera l'objet d'un rapport qui sera rendu public dans quelques mois. 

De son côté, le Centre d’écoute et de prévention suicide Drummond a transmis vendredi un communiqué à la presse dans lequel l'organisme offre ses condoléances à la famille, aux amis et aux proches, rappelant que «dans ce genre de situation, il ne faut jamais oublier que la problématique du suicide est multifactorielle et que, si vous vous sentez affectés par cet événement, ou que vous ressentez le besoin d’en parler, il est important pour vous ou vos proches d’aller chercher du soutien».

L'organisme indique que différentes formes de soutien s’offrent à ceux qui le désirent, nommément la ligne du centre d’écoute et de prévention suicide Drummond, soit le 1-866 APPELLE (277-3553), et ce 24 heures sur 24.