Un couple perd près de 20% de sa récolte de camerises

Un couple perd près de 20% de sa récolte de camerises

Nicole Dion et Daniel Morin ont toujours l’intention de récolter la camerise en 2019.

Crédit photo : (Photo Frédéric Marcoux)

AGRICULTURE. La dernière canicule a été catastrophique pour des producteurs de camerises situés dans le neuvième rang de Wickham qui ont perdu près de 15 000$. Nicole Dion et son mari Daniel Morin qui l’aide lors de la cueillette ont fait une croix sur près de 20% de leur récolte annuelle.

«Les fruits ont muri beaucoup plus vite qu’à l’habitude, raconte Nicole Dion. Les fruits ont donc séché rapidement. Dès qu’il a commencé à faire chaud, on a vu une différence. Quand on a vu ce qui se produisait, on a essayé de récolter ce qu’on pouvait! Il faisait tellement chaud que c’était difficile pour nous de les récolter.»

Plusieurs fruits ont séché sur les plans, lors de la dernière canicule. (Photo Frédéric Marcoux)

La camerise est un petit fruit nordique qui a la forme d’un bleuet allongé. Aussi connu sous le nom de chèvrefeuille, il a un goût unique «souvent associé au cassis, au bleuet et à la framboise», note Camerise Québec sur le web.

Les clients qui viennent faire de l’autocueillette n’ont pas été très nombreux, lors de la canicule. Cela a compliqué le travail du couple qui s’est retroussé les manches pour sauver la majorité de leur récolte annuelle.

La saison de camerise se termine donc deux semaines plus tôt que l’an dernier pour les producteurs.

Nicole Dion et Daniel Morin en sont à leur troisième année dans le domaine de la camerise. Leurs plans seront à pleine maturité dans un an et demi.

Apprendre à la dure

Ce n’est pas la première fois que le duo joue de malchance. La première année, Nicole et Daniel ont vu les oiseaux dévorer tous les petits fruits, puisqu’ils n’avaient pas mis de filets pour les protéger.

«On est en démarrage dans le secteur, la canicule est un autre coup pour nous, déplore Nicole Dion. On a stressé beaucoup! C’est beaucoup de temps qu’on met pour ça. Chaque année, on apprend quelque chose de nouveau. On peut dire qu’on apprend à la dure.»

Malgré cette dernière malchance, Nicole garde le moral. La femme âgée dans la cinquantaine souffre d’arthrite et de fibromyalgie, une maladie qui la rend souvent fatiguée.

« Je n’ai pas le choix de garder le moral; j’adore ce que je fais, c’est ma thérapie être dans le champ. Je suis aussi bien dehors qu’une taure qui sort pour la première fois à l’extérieur au printemps. Ça me tient en forme de m’occuper avec ça», lance l’agricultrice le sourire aux lèvres.

(Photo Frédéric Marcoux)

Continuer malgré tout

«C’est censé être ça qui va nous occuper à la retraite, quand ça va être rentable», mentionne Nicole Dion.

«On aime ça,  poursuit Daniel Morin qui travaille également comme camionneur en aidant sa femme à temps partiel. J’ai été agriculteur sur une ferme laitière toute ma vie depuis que j’ai 14 ans. C’est difficile arrêter de travailler.»

Le couple est également propriétaire d’une bleuetière à Saint-Théodore- D’Acton. La canicule n’a pas eu de fâcheuses conséquences sur les bleuets, puisque le fruit est plus résistant que la camerise, ont-ils souligné.

Dans les prochaines semaines, Nicole sera occupée avec la période de récolte des bleuets. Quand elle n’est pas dans les champs, elle s’occupe à cuisiner différents produits à base de camerise comme des tartes, des vinaigrettes, de la confiture  ou du jus.

Elle continuera de travailler à développer de nouveaux marchés pour le fruit nordique qu’elle a découvert à Alma, il y a quelques années. Le couple offre d’ailleurs huit différents types de camerises.