Le cauchemar d’une jeune famille de Wickham

Le cauchemar d’une jeune famille de Wickham

Amy Beauchemin et son conjoint Pierre-Luc Chapdelaine.

Crédit photo : Frédéric Marcoux

TÉMOIGNAGE. Une jeune famille dans le rang 9 de Wickham, enchantée d’avoir acheté sa première maison en 2016, a vu son bonheur prendre fin abruptement. Un problème important de moisissures complique la vie d’Amy Beauchemin et Pierre-Luc Chapdelaine depuis quelques mois.

Dès son arrivée dans sa nouvelle maison qui a été construite en 1845, le couple et ses deux jeunes enfants a commencé à éprouver des problèmes de santé. Malgré plusieurs visites chez le médecin, la santé de chacun des membres de la famille ne s’améliorait pas. Un test réalisé auprès d’une compagnie spécialisée pour évaluer la qualité de l’air a finalement permis à la famille de réaliser qu’un taux anormalement élevé de moisissures était présent dans l’air de la maison. Le sous-sol de la demeure et le grenier sont problématiques. Celui-ci n’était pas accessible avant que Pierre-Luc décide de faire un trou pour y accéder.

«Il n’y avait pas de ventilateur dans la salle de bain, on le savait, pour en installer un, j’ai donc j’ai dû faire un trou dans le plafond pour me rendre au petit grenier, relate Pierre-Luc.  La fenêtre qui était là, elle prenait l’eau. Elle n’avait pas été réparée correctement dans le passé. Quand les anciens propriétaires étaient là, ils ont posé de la tôle et elle se finissait dans la vitre. Ils ont bouché le trou avec du silicone, mais l’eau a continué de passer. Elle a coulé dans la ripe de bois qui servait d’isolation. Cela a fini par faire pourrir le bois. Ça s’est propagé dans les murs et dans le plancher.»

L’humidité est présente dans le grenier de la résidence

Laissés à eux-mêmes

Amy Beauchemin et Pierre-Luc Chapdelaine sont laissés à eux-mêmes. Leur assurance refuse de payer pour un cas de moisissures. Le couple trouve la situation déplorable, puisque s’ils n’avaient pas réparé la tuyauterie et qu’un problème avait éclaté, leur assurance aurait couvert les réparations.

Avant d’acheter la maison qui a été construite en 1845, Amy Beauchemin et son conjoint Pierre-Luc Chapdelaine ont engagé un inspecteur indépendant pour lui demander d’étudier la résidence.

«Il nous a dit qu’il y avait un petit peu de moisissures en haut, mais des maisons de cet âge-là qui n’ont aucune trace de moisissures, il n’y en a pas. On ne s’inquiétait pas trop. On devait réaliser quelques petits travaux, mais il n’y avait rien de trop compliqué», raconte Amy Beauchemin.

Les mauvaises surprises se sont enchaînées, dès que le couple a voulu réaliser des travaux pour réparer les failles de la résidence. Souhaitant corriger un problème d’isolation, Pierre-Luc a ouvert un mur et réalisé l’ampleur de la moisissure. Il a également vu qu’un écureuil avait fait son nid à l’intérieur du mur.

Un nid d’écureuils à l’intérieur d’un mur de la maison.

«Quand j’ai commencé des travaux pour le plancher, il y avait huit couches de prélart et deux épaisseurs de contreplaqué, indique Amy Beauchemin. Il y avait de l’autonivelant entre les deux. Câline, ce n’est pas une personne qui a fait ça seule. Il y avait du plancher flottant par-dessus ça.  Ça ne paraissait pas, mais quand on a enlevé le plancher, ce n’était pas cute. Je pouvais bien être malade!»

Depuis deux semaines, pendant ses vacances, Pierre-Luc travaille jusqu’à minuit de façon quotidienne sur la résidence. Habile de ses mains, il est mesure de sauver plusieurs milliers de dollars. Cependant, même si sa copine a pris un congé sans solde pour l’épauler depuis deux semaines, il reconnaît qu’il n’a pas les compétences pour faire la totalité des travaux par lui-même. Il n’a toutefois pas les moyens d’engager quelqu’un pour l’aider. Le couple a déjà épuisé ses réserves financières. Une amie de la famille a accepté de les héberger gratuitement depuis quelques semaines.

Le couple refuse poursuivre l’ancien propriétaire de la résidence. Ce dernier leur a offert une somme d’argent pour les aider, dès qu’il a été informé de la situation. Amy et Pierre-Luc sont à court de solutions. Ils espèrent simplement régler leur problème le plus rapidement possible. Les nouveaux propriétaires songent à lancer une page GoFundMe sous peu.

 

«C’est un vice caché»

«Ce que tu me racontes est un autre grand classique avec une vieille maison», lance le président de l’Association des inspecteurs en bâtiment du Québec (AIBQ), Pascal Parent. Ce dernier mentionne qu’un inspecteur peut seulement faire des recommandations avec ce qu’il peut constater «pour ne pas causer un préjudice au bâtiment». Un détecteur pour mesurer la moisissure peut être utilisé par l’inspecteur. Toutefois, lorsqu’une maison a plusieurs épaisseurs de plancher et que ce modus operandi se répète pour les murs, l’appareil ne peut détecter l’humidité.

«Si l’inspecteur n’a aucun accès à l’endroit, ce n’est pas qu’il n’est pas bon, c’est juste impossible pour lui voir la problématique, argue Pascal Parent. Il est tenu d’aller dans tous les endroits accessibles, sauf si sa sécurité est en danger. Dans cette situation, c’est un vice caché.»

Le président de l’AIBQ a fait savoir que les autorités pourraient déterminer si la faute revient à l’inspecteur ou au vendeur, dans ce dossier.