Halte Drummond arrime la recherche à la pratique

Halte Drummond arrime la recherche à la pratique

Raymond Brochu, directeur de Halte Drummond, et Andrée-Anne Genest, chercheure-intervenante.

Crédit photo : Cynthia Giguère-Martel

SANTÉ. Rares sont les organismes communautaires dotés d’un volet recherche. En 2009, avec l’arrivée de l’intervenante Andrée-Anne Genest, Halte Drummond a décidé d’être à l’avant-garde en entreprenant un projet de recherche afin de mieux intervenir auprès de sa clientèle. Les résultats préliminaires ont récemment été présentés à différents partenaires du milieu.

Il faut dire d’entrée de jeu que Halte Drummond, qui offre depuis 25 ans des services spécifiques et thérapeutiques aux hommes ayant des réactions violentes en milieu conjugal, a toujours eu un intérêt à être au fait des diverses recherches disponibles en matière de violence conjugale dans le but de mieux intervenir.

En 2009, constatant un changement au sein de la clientèle, les intervenants souhaitaient obtenir des informations leur permettant de mieux comprendre les hommes dans l’optique de pouvoir adapter leurs services au besoin. C’est ainsi que Mme Genest, en collaboration avec Cynthia Mathieu, Ph. D. et professeure à l’UQTR, s’est lancée dans un projet de recherche s’intéressant particulièrement au lien d’attachement ainsi qu’aux traits de personnalité spécifiques des hommes aux prises avec des réactions violentes dans une dynamique de violence conjugale.

Récemment, dans le cadre d’une journée-conférence ayant pour principaux objectifs d’informer les différents partenaires de la réalité de l’organisme ainsi que de présenter des conférences portant sur de nouveaux enjeux en violence conjugale, Mme Genest a pu partager les résultats préliminaires, lesquels ne peuvent pas être divulgués au grand public pour le moment.

«Comme ce sont des résultats préliminaires et considérant que c’est un sujet délicat, nous ne pouvons pas encore en parler. Toutefois, ces résultats justifient qu’il faut poursuivre nos investigations.»

Avant cet événement, plusieurs partenaires ignoraient que Halte Drummond était constitué d’un volet recherche.

«Même si on travaille au quotidien avec la plupart d’entre eux, l’organisme est encore méconnu au niveau des services spécifiques offerts et les formations que nous donnons. Ainsi, beaucoup ne savaient pas que nous avions ce volet de recherche», explique celle qui est en voie de compléter son internat en psychologie au sein de Halte Drummond.

«Il faut dire aussi qu’on commence plus à s’afficher et à s’assumer en tant qu’organisme qui fait de la recherche», renchérit Raymond Brochu, directeur de Halte Drummond.

Au dire de ce dernier, pour en arriver là où l’organisme est rendu, il a fallu faire certains sacrifices, mais qui, au final, en valent la peine et seront bénéfiques pour la clientèle.

«Nous avons nous-même approché des professeurs pour qu’ils collaborent au projet de recherche. Aussi, nous avons dû libérer des ressources financières afin de pouvoir le réaliser et diminuer les heures d’intervention d’Andrée-Anne. C’est plutôt rare pour un organisme de notre nature», détaille M. Brochu.

«Pour ma part, le fait d’arrimer la recherche à la pratique me permet d’aiguiser mes questionnements tout en pouvant mieux aider la clientèle», affirme la chercheure-intervenante.

Soulignons en terminant que deux autres conférences ont été livrées par Cynthia Mathieu, Ph. D. et professeure à l’UQTR (Personnalités sombres et violence conjugale) et Julie Lefebvre, psychologue et professeure-chercheure à l’UQTR (Quand le harcèlement et le couple ne font pas bon ménage…).