Comme des milliers de personnes à travers le monde, je me suis mise à la recherche de mes amis onusiens qui travaillaient à Port-au-Prince, via Internet. Six jours plus tard, nous espérons toujours que certains d’entre eux seront retrouvés in extremis des décombres de l’Hôtel Montana et/ou sous les ruines de l’édifice de la Minustah.
De prime abord, les nouvelles étaient «bonnes» pour ceux et celles que je connaissais, mais désastreuses pour des milliers et milliers de familles et d’amis de Haïtiens et/ou de travailleurs humanitaires basés en Haïti.
Les bureaux du Programme Alimentaire Mondial (PAM) ont survécu au choc sismique. La directrice, une amie, s’y trouvait. Son mari m’a écrit pour me dire combien «il n’avait jamais eu aussi peur de sa vie». Venant de lui j’ai compris l’intensité de ce séisme; il a été de toutes les urgences et n’a jamais eu froid aux yeux. Depuis lors, ils travaillent à pied d’œuvre, dorment un peu dans leurs camps de fortune (leur voiture) et travaillent 20 heures par jour. Les secousses ont continué, mais ont quand même diminué.
L’horreur m’a personnellement interpellée vendredi matin, le 15 janvier. J’ai appris que la famille de mon ex-collègue Antonio, un américain, a péri sous les décombres. La maison s’est écroulée comme un vulgaire château de cartes. Sa femme, d’origine française et ses deux garçonnets ont trouvé la mort. Les corps ont été sortis des décombres au bout de trois jours. Trois jours d’enfer…
En apprenant la nouvelle, je me suis remémorée un samedi après-midi de mars 2007 à Kinshasa, au Congo. Le plus vieux de deux enfants, Bastien, avait le même âge que la petite fille que j’allais bientôt chercher en Chine, il était à peine âgé d’un an. Je m’étais dit, en le prenant dans mes bras, combien «Antonio était chanceux, car il a pu chérir son fils dès le premier jour de sa naissance». Aujourd’hui, je me dis que je suis la chanceuse, car Antonio a perdu ce qui lui était le plus cher au monde…
Par pure coïncidence, le mercredi 13 janvier dernier, j’avais décidé d’appuyer la cause de 1200 orphelins du VIH-SIDA à Haïti par l’entremise d’une levée de fonds organisée par CARE Canada, organisme non gouvernemental. Andrée Jean s’est jointe à moi afin de participer à cette journée unique en son genre. En effet, nous avons dévalé les pentes de ski du Mont-Avila en présence de deux ex-champions de descente : Mélanie Turgeon et Peter Duncan, parrains d’honneur de cette journée «Ski4CARE» (en français; skions pour CARE).
La levée de fonds a atteint son objectif. Nous avons amassé 39 000 $. Ce montant a par la suite été multiplié par trois par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). La levée de fonds totalise donc 156 000 $. Au moment où j’écris ces quelques lignes, cet argent a déjà été utilisé afin de nourrir les orphelins à Port-au-Prince.
Ce montant est bien peu par rapport aux besoins actuels d’Haïti. Voilà pourquoi je désirais vous en glisser un mot par l’entremise de L’Express. Si vous ne connaissez pas le travail que CARE Canada effectue à travers le monde, vous pouvez vous familiariser avec eux à l’adresse suivante www.care.ca.
Je peux vous assurer que CARE Canada est une ONG très fiable pour avoir collaboré de près avec eux lorsque j’étais en poste pour le Programme Alimentaire Mondial.
Une des spécialités de CARE est d’effectuer les distributions alimentaires lors de crises humanitaires. J’ai donc eu à travailler de concert avec eux lors de distributions de vivres d’envergure, notamment dans les camps de réfugiés à 700 000 rwandais et burundais en Tanzanie; en République Démocratique du Congo pour les 1,2 millions de déplacés, et suite au tremblement de terre du El Salvador. Je suis devenue membre de leur Conseil d’administration à mon retour au Québec.
CARE Canada fait aussi partie de la Coalition Humanitaire qui regroupe les organismes non gouvernementaux humanitaires suivants basés au Québec, soit CARE Canada, OXFAM Québec/Canada et Aide à l’enfance.
CARE Canada est implanté en Haïti depuis 1954, ils connaissent donc bien le pays et ses habitants. Leur équipe d’urgence a été l’une des premières à arriver sur les lieux, et ce, dès le 14 janvier dernier.
Vos dons serviront à couvrir les besoins immédiats en eau et en vivres. Aujourd’hui, par exemple, CARE distribuera à plus de 12 000 personnes un approvisionnement en comprimés pour purifier l'eau d'une durée de 80 jours. L'attention se portera principalement sur les femmes enceintes et les enfants.
Sachez que le gouvernement canadien s’engage à égaler votre don lorsque vous ferez une contribution. Un reçu d’impôt vous sera aussi remis.
Vous pouvez composer le 1 800 464-9154 et/ou effectuer un don en ligne au www.thehumanitariancoalition.ca.
Merci de votre générosité.
Marie-France Bourgeois
Haïti : Donnez généreusement à CARE Canada
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