Mardi. 14 novembre. 7 h 55. L’autobus jaune s’est arrêté devant une résidence de la route 139, à Wickham. Cette fois, ce n’était pas pour embarquer un élève, mais la journaliste de L’Express qui expérimentait le service pour une première fois. Au sein du véhicule, d’autres semblaient plus habitués.
«Tu n’as pas d’auto?», a demandé Michaël, le jeune voisin de banc de la journaliste voyageuse. Curieux, l’élève lui a raconté qu’il avait déjà croisé d’autres adultes dans l’autobus qui devaient aller à Drummondville.
«En plus, ce n’est pas cher!», a-t-il commenté, ce que la journaliste a confirmé, l’informant qu’un aller-retour coûtait 5 $.
La conversation s’est poursuivie jusqu’au transfert effectué à La Poudrière alors que l’étudiant devait se rendre vers l’école Saint-Joseph. La journaliste, quant à elle, est montée à bord d’un nouvel autobus, direction Marie-Rivier, ce qui lui a valu un nouveau bain de jeunesse.
Là encore, les jeunes, et même la conductrice de l’autobus, n’ont pas manqué de socialiser avec l’invitée de la journée. De plus, au sortir du véhicule, au débarcadère de l’école secondaire, un surveillant a aussitôt abordé la journaliste pour connaître son identité et s’assurer qu’elle ne circule pas dans l’école sans autorisation.
En matière de sécurité, d’ailleurs, des précautions avaient été prises par les initiateurs du projet. Avant de bénéficier du service, toute personne soumet une demande de filtrage par la Sûreté du Québec, attestant qu’elle ne possède aucun dossier criminel.
Selon Sylvain Saint-Onge, directeur général de la Corporation de développement communautaire (CDC) Drummond, c’est davantage pour recourir à des services de santé que, jusqu’à maintenant, les gens utilisent le service de transport collectif.
À sa connaissance, il y a eu quelques cas de refus provenant de personnes en réinsertion sociale, mais dont le passé n’est pas sans taches. La responsable du projet à la CSDC, Sylvie Dulac, a affirmé justement que les craintes manifestées au départ, notamment à l’égard de la sécurité, se sont dissipées dès la mise en place du service, en raison du contrôle exercé.
Elle a également soutenu que le transport collectif est aussi utilisé en bon nombre par des adultes qui effectuent un retour aux études ou d’autres individus qui n’aiment simplement pas conduire.
«Il suffit d’une première fois, a-t-elle fait valoir. Parmi nos nouvelles utilisatrices, on compte même une dame de 73 ans!»
De son côté, le directeur général de la MRC de Drummond, Michel Gagnon, est encouragé par l’achalandage enregistré.
«On est content du démarrage. On a abordé ce dossier-là de façon très terrain. On s’est dit : les autobus scolaires ne sont pas pleins et il y a des gens qui sont à pied. Est-ce qu’il y a moyen de faire un mixte avec les deux. On a voulu maximiser ce qui existait déjà», a-t-il expliqué.
Sachant que ce projet s’avérait fort attendu, M. Saint-Onge se garde toutefois d’évaluer le projet, ce dernier étant encore trop récent.
Optimiste, il trouve cependant que c’est un bel écho à la bonification prochaine du système de transport en commun de Drummondville. «Ce sera intéressant de voir comment les deux vont fonctionner», a-t-il renchéri.
Mme Dulac rappelle finalement que l’achat de billets se fait à son bureau ou auprès des municipalités respectives. Le cas échéant, il faut l’en informer préalablement, en composant le 819 478-6700, poste 6860. Pour les nouveaux utilisateurs, il est aussi nécessaire de la contacter pour connaître la procédure à suivre.




