Premier choix des Voltigeurs au repêchage de 2002, Mailhiot était promis à une brillante carrière avant que les commotions cérébrales viennent chambouler sa vie. L’ailier gauche a été contraint d’annoncer sa retraite à l’âge de 18 ans, peu après avoir été victime d’une septième commotion cérébrale. Après avoir vainement tenté d’effectuer un retour au jeu, la saison suivante, il a entrepris des études en droit à l’Université Laval. Le jeune homme natif de Saint-Hyacinthe est aujourd’hui de retour à Drummondville pour y exercer la profession d’avocat.
«Quand je vois ce qui est arrivé à Crosby, je me dis qu’on devrait resserrer la réglementation. La LNH devrait prendre exemple sur la NFL, qui suspend automatiquement les joueurs fautifs», affirme Kevin Mailhiot.
«Au-delà des règlements, il y a la question du respect, une notion qui semble ne plus exister entre les joueurs, poursuit-il. Les médias ont aussi leur part de responsabilité. Au lieu de se servir de la violence pour vendre le hockey, ils devraient plutôt miser sur les beaux jeux.»
Ayant subi sa première commotion cérébrale alors qu’il évoluait dans les rangs atomes, Kevin Mailhiot est conscient que la problématique des commotions cérébrales est également bien présente dans le hockey mineur. Selon lui, la sensibilisation demeure la meilleure façon d’en venir à bout.
«La situation au hockey mineur a beaucoup progressé, mais il y a encore place à amélioration», soutient-il.
Pour toutes ces raisons, Kevin Mailhiot n’hésite pas à raconter son expérience chaque fois qu’il en a l’occasion. En novembre dernier, il a d’ailleurs accepté de prononcer une conférence devant un parterre de spécialistes dans le cadre d’un séminaire sur les commotions cérébrales organisé par Hockey Canada, à Montréal.
«Je donne aussi des conférences dans des écoles au sujet de l’importance des études pour les athlètes. Je réserve toujours une portion de mon exposé pour parler du phénomène des commotions cérébrales. Je répète aux jeunes hockeyeurs qu’ils doivent prendre leur temps avant de revenir au jeu lorsqu’ils sont victimes d’une commotion. Deux ou trois semaines de repos dans une saison de hockey, ce n’est rien, surtout si ta santé et ta vie sont en jeu», raconte Mailhiot, tout en précisant qu’il n’a jamais été forcé de revenir au jeu trop rapidement durant sa carrière.
Même s’il ne ressent plus de séquelles de ses sept commotions cérébrales, Kevin Mailhiot ne peut totalement ignorer ces épisodes. On sait que selon diverses études, les répercussions des commotions cérébrales peuvent s’étaler sur plusieurs décennies.
«J’essaie de mettre ça derrière moi, mais un fait demeure : en raison de mon passé, je suis plus fragile. C’est pourquoi j’ai décidé d’arrêter de jouer au hockey, même avec mes amis. Je ne cours pas après le trouble», termine celui qui a récolté 90 points, dont 47 buts, en 140 parties dans l’uniforme des Voltigeurs.
