Le silence est d’or



Le silence est d’or

Le silence est d’or

Publié le 13 Mars 2007
Publié le 10 Juin 2010
 

Une cégépienne rafle le concours provincial du Marathon d'écriture intercollégial

Virginie Blanchette-Doucet, une étudiante du Cégep de Drummondville, a remporté les grands honneurs du concours littéraire provincial tenu lors du Marathon d’écriture intercollégial.

Sujets :
Drummondville , Rimouski , Campus de La Pocatière

Les quelque 200 participants à ce Marathon étaient réunis dans quatre établissements collégiaux, à savoir les cégeps André-Laurendeau, de Drummondville, de Rimouski et l’Institut de technologie agroalimentaire, campus de La Pocatière.

Les participants du concours devaient rédiger un texte de 250 mots. Localement, deux autres textes, en plus de celui de Virginie Blanchette-Doucet, ont été sélectionnés afin de se mesurer aux meilleurs textes des autres collèges. Il s’agit de ceux signés de la main de Cassandra Lambert-Pellerin et de Mélissa Saint-Yves.

Originaire de Val d’Or, la grande gagnante en est à sa première année d’un double DEC où elle combine les cheminements du programme Arts et lettres avec celui de Danse.

Voici d’ailleurs l’intégral du texte qui lui a valu le premier prix du Marathon d'écriture intercollégial, intitulé «La Partition». «La salle est comble. Sur les sièges s’agitent les derrières endimanchés. On attend le clou du spectacle, l’instant qui a fait rêver dès que le papier de l’argent s’est envolé pour faire place au papier du billet. On a hâte. Derrière le rideau épais, le pianiste sent le trac, cette bête féroce, s’agiter dans ses entrailles. C’est risqué.

Un frisson parcourt la salle quand le musicien entre en scène; son corps franchit l’espace jusqu’au piano. On remarque la partition qu’il tient enroulée entre ses longs doigts fins. Il s’assied, second vertige. C’est la promesse de l’inconnu, du futur, de l’instant musical volatil à saisir.

Un grand silence s’installe comme le pianiste devant son instrument. Il respire profondément et s’apprête à plonger.

Avec lui, dans la salle, on retient son souffle. À quand l’envol décisif? On réprime quelques fous rires dans l’assistance. Il y a des gens qui ne supportent pas le silence. Le moment s’étire et on dirait que le temps s’est arrêté.

Plus personne n’ose bouger. Les secondes s’égrènent, pesantes, forcées, comme les battements de cœur d’un mourant. Va-t-il jouer?

On attend, on piaffe, on s’impatiente. Et ce silence qui prend toute la place! On essaie de disparaître, mais les mains gantées s’agitent sur les cuisses, les yeux roulent en tous sens.

Le pianiste se lève, fait sa révérence et part, après avoir caressé les touches demeurées muettes. Sur la partition propre et blanche, pas une note : le silence.»

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