Dénoncer la maltraitance envers les aînés

Marie-Ève
Marie-Ève Bourgoing-Alarie
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Un premier plan d’action 2012-2015 visant à lutter contre la maltraitance envers les personnes aînées en Mauricie et au Centre-du-Québec a été dévoilé vendredi, lors de la Journée internationale pour contrer les abus auprès des aînés.

Il ne faut pas avoir honte de dire qu’on est victime de maltraitance, selon Hélène Gervais, responsable des coordinations régionales en matière de maltraitance auprès des aînés.

«On ne part pas de rien, puisque plusieurs acteurs se mobilisent depuis des années. Mentionnons entre autres les centres de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec qui disposent maintenant d’un formateur en maltraitance qui redonne la formation aux intervenants», souligne Hélène Gervais, responsable des coordinations régionales en matière de maltraitance auprès des aînés à l’Agence de santé de la Mauricie/Centre-du-Québec.

Le document résulte d’une consultation qui s’est déroulée en mars 2012. Une quarantaine d’organisations y ont participé.

«Il ne faut pas avoir honte»

Plusieurs facteurs de risque et de vulnérabilité ont été recensés durant la préparation du plan d’action.

Il s’avère notamment qu’il est difficile de rejoindre les personnes isolées, surtout celles qui habitent à domicile, et que les personnes habitant en milieu rural sont plus loin des services. Souvent, leurs enfants demeurent loin et elles se retrouvent ainsi plus isolées. Par ailleurs, les aînés vivant en milieu rural connaîtraient moins les services disponibles.

«Certains ont honte, mais il ne faut pas avoir honte de dire qu’on est victime de maltraitance. Il faut chercher de l’aide. (…) On voit que les aînés ne dénoncent pas la maltraitance parce que c’est complexe et que les gestes sont souvent posés par des personnes qu’ils connaissent», explique Mme Gervais.

Si l’on se base sur les deux seules études réalisées auprès des personnes âgées estimant un taux de prévalence entre 4% et 7%, on peut supposer qu’entre 2750 et 4814 personnes aînées sont victimes de maltraitance en Mauricie et au Centre-du-Québec.

La maltraitance peut autant toucher l’exploitation financière, la violence psychologique et la négligence physique. Des 171 appels reçus à la Ligne Aide Abus Aînés pour maltraitance, 30 % des cas présumés touchent l’exploitation financère/matérielle, 24 % la violence psychologique et 11 % la violence physique.

«Il existe très peu de documents sur la maltraitance auprès des aînés. Une des quatre mesures annoncées dans un plan gouvernemental consiste en la création de la chaire de recherche sur la question», précise Mme Gervais.

L’Agence de santé encourage donc les acteurs du milieu à travailler en partenariat et en concertation pour mettre en place et consolider des actions de prévention, de dépistage et d’intervention.

Des projets sont déjà en branle au Centre-du-Québec pour tenter de repérer les personnes âgées isolées susceptibles d’être maltraitées. C’est notamment le cas dans les MRC de Drummond et de l’Érable.

Rappelons que les personnes aînées victimes de maltraitance peuvent communiquer avec le 811 INFO-SOCIAL, la Ligne Aide Abus Aînés (1-888-489-2287) et le guichet d’accès de leur centre de santé et de services sociaux.

Maltraitance

On parle de maltraitance lorsqu’un geste singulier ou répétitif, ou une absence d’action appropriée, se produit dans une relation où il devrait y avoir de la confiance, et que cela cause du tort ou de la détresse chez une personne aînée.

La petite histoire du ruban mauve

Depuis 2006, le 15 juin est décrétée Journée internationale pour contrer les abus auprès des aînés. Cette cause est représentée par un ruban mauve.

Plus de 2000 rubans mauves ont été distribués vendredi auprès de la population pour sensibiliser les gens à la maltraitance envers les personnes âgées.

«On souhaite susciter la discussion et briser le silence par le port du ruban», indique André Lamothe, de la Table de concertation Abus auprès des aînés.

Organisations: Agence

Lieux géographiques: Mauricie, MRC de Drummond

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • Doris
    18 juin 2012 - 07:25

    Lorsque l’aîné n’a plus la force et les moyens de se battre contre la machine municipale et qu’elle espère une vie moins mouvementée pour les années qui lui reste à vivre… - et que le bienfonds est considéré « EAE » sur l’avis d’évaluation et que lui est imposé une surtaxe pour le ramassage des bacs de poubelle et de recyclage malgré le fait que le changement de situation a été signifié depuis les années 80, i.e. que l’utilisation du bienfonds est « résidentielle » depuis ce temps, malgré également une demande de révision grâce à l’aide de ses proches et que cette demande a été acceptée auprès des instances à cet effet, le changement n’a pas été effectué sur l’avis d’évaluation : est-ce de l’exploitation financière? Est-ce également de la violence psychologique ? - qu’on l’oblige à vidanger son système primaire autonome sans aucune vérification ni analyse au préalable et sans considérer que les enfants ont quitté le nid familiale, malgré le fait que l’installation septique est conforme en tout point selon la législation : est-ce de l’exploitation financière? Il est fort à parier que quand bien même la situation est ou sera dénoncée, l’aîné et ses proches seront ballotés d’un organisme public à l’autre et que personne ne voudra s’occuper du dossier. Il y en a plus que l’on puisse penser en milieu rural. Essayez pour voir... l’exercice a déjà été fait, sans succès. Ce n'est pas de la honte, c'est du découragement. C'est toujours à recommencer... c'est épuisant pour les aînés. Ils n'ont même plus la force d'arborer un carré rouge ou un ruban mauve. Vive la campagne… et la société de droits à sens unique!