Travaux du BAPE : des positions partagées

Cynthia
Cynthia Giguere-Martel
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Lors de la deuxième journée des travaux du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) mardi, quatre opposants au projet d’agrandissement du site d’enfouissement sont montés aux barricades alors que quatre autres ont demandé clairement au gouvernement d’accorder le permis d’exploitation à Waste Management (WM).

À l’occasion de la deuxième journée des travaux du BAPE, les opinions des intervenants étaient partagées.

Principalement, les opposants ont insisté sur les conséquences graves qui pourraient survenir si un déversement des eaux de lixiviation dans la rivière Saint-François se produisait.

«Nous ne croyons pas les promoteurs quand ils minimisent à zéro les dangers potentiels. Ils existent et peuvent être dramatiques parce que les limites du site et de ses bassins de décantation sont à 100 et 200 mètres de la rivière Saint-François», a témoigné Suzanne Rousseau, une citoyenne.

«Une défectuosité ou une usure (des membranes) pourrait être à l’origine d’une catastrophe écologique en contaminant les eaux souterraines et l’approvisionnement en eau potable», a pour sa part affirmé Berthe Tessier, représentante du comité Environnement de l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec – région Drummondville (AREQ).

Dans un autre ordre d’idée, Jean-Guy Forcier, maire de Saint-Nicéphore de 1993 à 2001, n’a pu s’empêcher de rappeler les grandes lignes de l’entente entre WM, la Ville de Drummondville et la MRC de Drummond portant sur les exigences et garanties imposées.

«Peut-on se demander si nos autorités municipales ne sont pas de connivence avec le promoteur?», s’est-il questionné.

«Nos autorités se laisseront-elles séduire par des avantages financiers au détriment de notre environnement, de notre santé et de celle de nos enfants?», a-t-il renchéri.

Pour lui, la solution à toutes les conséquences potentielles causées par l’agrandissement est tout simplement de fermer le site.

Dans la même veine, Justine Benoit, une résidente du boulevard Allard, y est allée de ce commentaire : «Nous ne sommes pas atteints du syndrome "pas dans ma cour". Nous ne voulons plus de site d’enfouissement tout court. Drummondville a fait sa part, le reste du Québec devrait donc faire la sienne.»

Concernant les odeurs, lesquelles font l’objet de plusieurs plaintes déposées par les résidents voisins, l’AREQ déplore le fait qu’il ne semble y avoir aucun moyen efficace pour les éliminer.

«La Direction de la santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec signale que pour les personnes importunées, il y a possibilité de malaises physiologiques et psychologiques. Le promoteur évoque pour sa part la faible densité de population, ce qui ne rend pas cette nuisance plus acceptable. Toutefois, le document du promoteur sur les plaintes indique un rayonnement de cette nuisance sur plusieurs routes et rues à plus ou moins 2 kilomètres», a indiqué Mme Tessier.

Cette association en a également profité pour dénoncer le cafouillage de la MRC de Drummond et de la Ville de Drummondville entourant leurs démarches pour se conformer aux attentes du promoteur.

«La MRC suit en parallèle la modification du droit de regard de son Plan de gestion de matières résiduelles des municipalités régionales (PGMR) et la révision de son schéma d’aménagement alors que la Ville doit faire concorder son plan d’urbanisme avec ledit schéma en sachant que la révision du droit de regard n’a pas encore subi l’étape de la consultation publique prévue les 21 et 28 juin. Cela fait tellement de choses que même une chatte ne retrouverait pas ses petits», a-t-elle laissé tomber, en rappelant que la demande d’agrandissement est faite depuis 2011.

Par ailleurs, quelques personnes et organismes, dont l’AREQ, ont déploré le fait que toutes les demandes de certificat d’autorisation faites depuis une quinzaine d’années au Québec ont toutes été accordées.

À la fin de l’audience publique, Jean M’Baraga, représentant du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), a toutefois nié ce propos en citant l’exemple de l'agrandissement du lieu d'enfouissement sanitaire de Saint-Athanase, situé en Montérégie, et celui du dépotoir de Danford Lake, dans l’Outaouais, deux projets qui n’ont pas obtenu l’aval du conseil des ministres.

Des intervenants en faveur du projet

Du côté des partisans du projet, notons les entreprises drummondvilloises R. Guilbeault construction et DGR Électriciens, la Tablée populaire ainsi que des employés de Waste Management à Saint-Nicéphore.

Ces derniers ont assuré que les déchets sont gérés de façon sécuritaire et que les règlements en vigueur sont respectés.

«Nous sommes à l’emploi de WM depuis assez longtemps pour dire, sans trop avoir peur de nous tromper, que cette compagnie est sérieuse», a exposé Michel Beauchemin, l’un des employés.

«C’est notre emploi et l’avenir de nos familles qui sont en jeu. Mais ces emplois, on ne veut pas juste les garder pour les garder, on veut continuer à travailler parce qu’on est fier de ce qu’on fait», a-t-il fait valoir.

«Je peux témoigner personnellement du grand professionnalisme de l’entreprise et de ses employés (…). Je peux vous dire que lorsqu’il est question de protection de l’environnement, ils prennent leur rôle au sérieux. (…) Je demande aux autorités d’accorder la demande d’agrandissement», a communiqué François Guilbeault, secrétaire-trésorier de R. Guilbeault construction.

De son côté, Nathalie Guindon, directrice générale de la Tablée populaire, a tenu à souligner le soutien indéfectible de WM depuis 2004. À titre de «Nouveaux Robins des bois», l’entreprise a versé 22 500 $ à la fondation de l’organisme.

«Le contexte économique a un impact sur les activités de financement et nous avons d’ailleurs connu des moments plus difficiles au cours des derniers mois. À ce sujet, WM n’a pas hésité à débloquer des fonds supplémentaires pour nous aider à traverser cette période. Il est donc évident que cette compagnie a à cœur le bien de la population», a-t-elle manifesté.

Rappelons en terminant que le BAPE doit remettre son rapport au plus tard le 21 septembre 2012 au ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, lequel dispose par la suite de 60 jours pour le rendre public.

 

Organisations: Waste Management, BAPE, Ville de Drummondville Environnement de l’Association des retraitées Parcs Tablée PGMR MDDEP Conseil des ministres

Lieux géographiques: Rivière Saint-François, Québec, Région Drummondville MRC de Drummond Saint-Nicéphore Boulevard Allard Mauricie Saint-Athanase Montérégie

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  • Sophie
    22 juin 2012 - 10:45

    Mme Guindon, J'ai toujours appuyé la Tablée populaire dans ces actions, mais là, je crois que vous auriez mieux fait de ne pas commenter. Quand une entreprise fait des millions de profit, ce n'est pas un "50 000 $" qui démontre qu'elle a à coeur le bien de la communauté. Pour eux, c'est comme pour un travailleur moyen de donner 1$. Votre manque de jugement fait en sorte que je préfère maintenant remettre mon don annuelle à un autre organisme qui sera penser au bien commun avant le bien financier d'un partenaire "assez cheep" selon moi.