Waste Management demande au BAPE de tenir une audience publique

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Lise Tremblay
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Avant même d'expliquer à la centaine de personnes réunies en assemblée publique les raisons qui les motivent à agrandir le site d'enfouissement du secteur Saint-Nicéphore, les dirigeants de Waste Management avaient déposé une demande pour que le BAPE organise une audience publique sur la question.

Cette information, communiquée dès les premiers instants de la séance d'information publique qui se déroulait au Centre communautaire Claude-Nault mercredi soir, a été livrée par Louise Bourdages, conseillère en communication pour le BAPE et animatrice de la soirée.

«Nous sommes ici pour vous présenter le projet et pour vous expliquer le processus de consultation. Même si le promoteur (Waste Management) a lui-même fait une demande d'audience, la population, les organismes et les municipalités peuvent faire de même s'ils ont des craintes. Ils sont aussi invités à déposer des mémoires durant la deuxième partie de l'audience. Je vous rappelle dans ce cas-ci que ce n'est pas le nombre qui est important, mais bien le contenu», a-t-elle fait savoir.

Le BAPE a d'ailleurs confirmé jeudi matin, par voie de communiqué, que la première partie de l'audience publique (volet information) débutera le 23 mai, à 19 h, au Centre communautaire Claude Nault. Elle se poursuivra les jours suivants, selon les besoins du public et de la commission. La deuxième partie a été fixée le 18 juin et permettra de recueillir l'opinion et les suggestions du public.

Visiblement, les personnes qui ont participé à la séance publique de mercredi ont été surprises d'apprendre que la multinationale avait elle-même déposé une demande d'audience.

«J'ai été très surpris… comme bien des gens dans la salle, a manifesté André Mercier, un citoyen qui a milité durant de nombreuses années contre l'enfouissement des déchets à Saint-Nicéphore. Selon moi, c'est la solution que l'entreprise a trouvée pour éviter qu'un paquet de demandes soient déposées. Puisqu'on est sûr maintenant qu'il y aura une audience, les gens se diront qu'il n'est pas nécessaire de demander au BAPE d'enquêter sur ce projet.»

L'entreprise se défend bien sûr d'avoir de telles intentions.

«Nous avons déposé une demande d'audience publique parce que nous jugeons que le public connaît déjà très bien notre projet. Nous avons organisé plusieurs journées portes ouvertes en plus d'avoir organisé des séances de préconsultation alors, nous avons la conviction que notre projet est prêt à être passé en revue et à subir l'examen du public», a expliqué Martin Dussault, directeur des Affaires publiques chez Waste Management.

Le projet

Partant du constat que le site actuellement exploité atteindra sa pleine capacité dans la première partie de l'année 2013, Waste Management a présenté les grandes lignes de son projet d'agrandissement, après avoir fait la nomenclature de ses implications communautaires, des techniques utilisées pour assurer la sécurité du site et des investissements qu'ils ont consentis au cours des dernières années.

«Nous voulons poursuivre notre développement à Saint-Nicéphore et nous avons une volonté claire de diversifier nos opérations dans le domaine de la récupération d'énergie», a exposé M. Dussault, en précisant que s'il se réalise, le projet permettra de créer 50 nouveaux emplois en plus d'en consolider 26.

En superficie, l'entreprise, qui exploite actuellement une zone de 65 acres, réclame la possibilité d'utiliser 48,6 acres supplémentaires (soit plus de 2 millions de pieds carrés).

L'objectif est d'enfouir 12 millions de tonnes de déchets provenant du Centre-du-Québec, de la Montérégie, de l'Estrie et de la Communauté métropolitaine de Montréal sur une période de 20 ans.

Une première cellule pourrait être constituée dès cette année, au sud-ouest de l'aire actuellement exploitée. La deuxième phase débuterait en 2016 et regrouperait 22 cellules.

Mercredi soir, des dirigeants de l'entreprise ont insisté sur l'aspect sécurité et ont rappelé que cinq couches de membranes très résistantes couvriront le sol des nouvelles cellules pour protéger la nappe phréatique.

«À travers ces membranes, un système de tuyaux collectera les eaux de lixiviation. Elles seront ensuite traitées deux fois, soit dans notre bassin de prétraitement et à l'usine de traitement d'eaux usées de Drummondville. Ces eaux font certainement partie des mieux traitées au Québec», a exprimé Daniel Brien, directeur général du site d'enfouissement de Saint-Nicéphore.

Concernant la préparation des nouvelles cellules, l'entreprise a aussi reconnu qu'elle devra déboiser l'équivalent de 43 hectares de terrain (4,6 millions de pieds carrés). De plus, elle détruira 4,2 hectares de milieux humides (plus de 400 000 pieds carrés) sans compter tous les autres désagréments qu'elle prévoit (bruit, odeur, etc.)

Qualifiant l'impact environnemental de «mineur» pour le déboisement et de «moyen» pour la perte des milieux humides, l'entreprise a fait savoir que des mesures d'atténuation ont été prévues.

Entre autres, Waste Management a prévu de maintenir une lisière boisée le long de la zone tampon, d'effectuer les travaux de coupe de façon graduelle, de récupérer les branches en vue d'en faire du paillis, de revégétaliser le site lors des travaux de réhabilitation, de conserver intégralement les autres milieux humides situés sur sa propriété (total de 6,4 hectares) et d'offrir en compensation des portions de milieux terrestres adjacents.

Bien entendu, à l'issue de la présentation, plusieurs citoyens se sont avancés au micro pour poser des questions.

Autre texte à lire sous peu.

Organisations: Waste Management, BAPE, Centre communautaire Claude-Nault Affaires publiques Communauté métropolitaine de Montréal

Lieux géographiques: Saint-Nicéphore, Estrie, Drummondville Québec

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