La nouvelle politique du transport scolaire mal accueillie en milieu rural

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Gérard Martin
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Des parents demandent à la CSDC de réviser ses positions au nom de la sécurité des élèves

La nouvelle politique du transport adoptée en février dernier par la Commission scolaire des Chênes (CSDC) est loin de faire l'unanimité chez les parents du territoire, particulièrement chez ceux résidant en milieu rural, du moins si l'on se fie aux doléances des intervenants ayant pris la parole, mardi soir dernier, lors de la séance ordinaire du conseil des commissaires.

Une dizaine de parents en provenance, entre autres, de Saint-Bonaventure, Saint-Guillaume, Durham-Sud, Saint-Majorique, Notre-Dame-du-Bon-Conseil, Saint-Cyrille-de-Wendover, Saint-Germain-de-Grantham, mais aussi un du secteur Saint-Charles, ont exprimé à tour de rôle aux élus leurs appréhensions quant à l'application à venir de cette politique dans leur municipalité, particulièrement en ce qui a trait à la sécurité des élèves qui auront dorénavant à marcher pour se rendre à l'école.

Ces porte-parole ont été supportés par une cinquantaine d'autres parents réunis à l'intérieur de la salle des commissaires, lesquels n'ont pas manqué de manifester leur approbation à chacune des interventions de leur porte-parole.

Les plus chauds applaudissements vont venus lorsqu'une mère de famille de Saint-Bonaventure, Annie Provençal, a remis au secrétaire général de la CSDC, Bernard Gauthier, une pétition comportant 974 signatures de parents et de sympathisants réclamant sinon le retour à la situation actuelle, du moins une révision de certains articles.

La pétition était accompagnée d'une cassette-vidéo du parcours qui attendra les élèves-marcheurs de Saint-Bonaventure dès la prochaine rentrée, et ce, pour illustrer de potentielles zones à risques.

La principale critique porte incidemment sur l'abandon du service de transport scolaire qui, jusqu'à la fin de la présente année scolaire, est offert à plusieurs élèves résidant à l'intérieur de la limite admissible du 1,6 kilomètre.

L'autre irritant majeur a trait à un resserrement dans le processus d'inscription des élèves désirant bénéficier des services d'une seconde adresse, dont l'introduction de frais administratifs de 40 $ par enfant.

Des règles claires et équitables

La CSDC, rappelons-le, a adopté à la mi-février une nouvelle politique de transport en justifiant le besoin d'établir des «règles claires, équitables, sécuritaires» tenant compte à la fois des multiples lois et règlements, des ressources financières ainsi que des saines habitudes de vie (la marche) qu'elle souhaitait encourager.

Une des manifestations les plus marquantes de ce rafraîchissement de la politique de transport scolaire aura donc pour conséquence d'enlever cet accès à l'autobus à bon nombre d'élèves du primaire demeurant à l'intérieur de cette limite de 1,6 kilomètre et à d'autres élèves de la maternelle résidant à l'intérieur de la distance admissible établie à 800 mètres pour ces derniers.

L'opposition des parents mécontents de cette réforme est basée principalement sur l'aspect sécuritaire, ceux-ci invoquant divers tableaux dont, entre autres, l'absence de trottoirs (en tout ou en partie) entre le lieu de résidence et l'école, le fort achalandage engendré par une route numérotée, la dangerosité de certaines intersections à traverser, l'omniprésence des camions et machineries agricoles en milieu rural, bref les pièges des zones à risque, particulièrement en hiver où le déneigement n'est pas toujours fait de façon adéquate.

Bien sûr, certains parents ont également dénoncé la longueur du trajet compte tenu de l'âge des enfants et de la charge qu'ils ont à transporter pouvant équivaloir parfois à 11% de leur masse corporelle.

Des parents ont par ailleurs déploré le fait qu'ils n'ont pas été consultés avant d'apporter ces modifications à cette politique, laquelle devrait, selon eux, tenir davantage compte des particularités de chaque municipalité.

À cet égard, Claude Marchand, directeur du Service du transport et des techniques de l'information, a rétorqué que les consultations ont été faites, y compris avec chaque milieu, alors que des rencontres ont eu lieu avec les autorités municipales pour échanger justement sur les interventions à privilégier pour s'adapter à cette nouvelle réalité.

M. Marchand a d'ailleurs confirmé une prochaine rencontre avec le préfet de la MRC de Drummond, Jean-Pierre Vallée, pour valider de part et d'autre le cheminement du dossier, compte tenu que des réactions se font maintenant entendre.

La 2e adresse

En ce qui a trait à l'autre aspect qui irrite un certain nombre de parents, il concerne l'ajout de frais administratifs non remboursables pour l'étude des dossiers en provenance de parents ou de tuteurs se partageant la garde de l'enfant et désirant bénéficier en conséquence d'une 2e adresse pour avoir accès à l'une des places disponibles à bord d'un autobus.

Outre ce montant et l'alourdissement de la procédure, certains parents, comme il est indiqué dans la pétition, déplorent le fait qu'ils devront attendre la rentrée des classes pour s'assurer s'ils ont accès ou non à un service de 2e adresse, une décision qu'ils souhaiteraient connaître à une date déterminée en cours d'été afin de pouvoir s'ajuster en conséquence.

Autant M. Marchand que la directrice générale, Christiane Desbiens, ont tenté d'expliquer aux parents la complexité de la gestion du transport scolaire, surtout lorsqu'on y rajoute système à deux adresses, de sorte, selon eux, qu'il fallait y installer des balises équitables pour tous.

Pour un, M. Marchand a soumis que le travail n'a pas été fait à l'aveuglette puisque la CSDC a vérifié au moins une cinquantaine de politiques des autres commissions scolaires, des jurisprudences et des avis de la Fédération avant d'en arriver à une proposition.

Toujours selon le responsable du transport, son service est revenu 13 fois devant les commissaires avant que l'on en arrive à une version de la politique qui réponde aux fins souhaitées.

Sans faire de promesses formelles quant à des changements, M. Marchand a néanmoins donné l'assurance à chacun des intervenants qu'il allait communiquer avec eux pour vérifier en quelque sorte le bien-fondé de leurs doléances.

Cette réponse n'a manifestement satisfait les parents qui, après avoir quitté la salle, sont restés un long moment dans les corridors du Centre Saint-Frédéric pour échanger entre eux de stratégies communes pour la suite des choses.

Parlant de stratégies, l'une d'elles consiste à la poursuite de la pétition que les opposants de la nouvelle politique de transport scolaire peuvent signer à l'adresse: petitionparents@hotmail.ca.

Du côté de la Commission scolaire des Chênes, le secrétaire général, Bernard Gauthier, sans renier l'importance de ce moyen de pression, a néanmoins indiqué qu'il fallait savoir pondérer les choses.

Ainsi, en s'en remettant à pétition remise mardi soir par les parents, une analyse sommaire permettait de constater qu'au moins 125 des 974 signataires étaient de l'extérieur du territoire de la CSDC, alors qu'on y retrouvait un certain nombre de doublons, soit des gens ayant signé deux fois.

Malgré tout, il est facile de constater que cette nouvelle politique sème la grogne chez bon nombre de parents habitués à plus de souplesse pour l'accès à ce service et que, de l'autre côté, la CSDC ne semble plus posséder les marges de manœuvre qu'elle a déjà eues par le passé.

Reste à voir quelle sera la suite des choses.

Organisations: Claude Marchand, Service du transport et des techniques, Centre Saint-Frédéric Commission scolaire

Lieux géographiques: Saint-Germain-de-Grantham, Secteur Saint-Charles, Territoire de la CSDC

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  • Annie Provençal
    26 avril 2012 - 14:56

    Bonjour, j'aimerais simplement vous indiquer que l'adresse de la pétition est la suivante : http://www.mapetition.ch/signatures.php?idsig=ACm7a5w7rrCGubMsYDA9 de plus, je tiens à préciser que les comités de parents dans les écoles et les CÉ n'ont pas été consultés, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas eu a donner leur opinion ou leur point de vue, ils ont été INFORMÉS que la CSDC travaillaient à des modifications concernant la politique du transport scolaire et lorsque la politique a été adoptée, ils en ont été informés via leurs enfants au même titre que le reste de la population...