Les travailleurs de rue du Refuge la Piaule se prononcent sur la crise sociale actuelle

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Les travailleurs de rue du Refuge la Piaule, membres de l'Association des Travailleurs et Travailleuses de rue du Québec, présentent un énoncé sur les impacts potentiels de la crise sociale actuelle pour la jeunesse d’aujourd’hui. L'Express publie cette lettre de manière intégrale.

Piaule

L’ATTRueQ est une association qui a pour but de regrouper les travailleurs et travailleuses de rue du Québec afin d’assurer le développement et la reconnaissance du travail de rue au sein de la société québécoise.

Présent depuis 1984 dans la communauté de Drummondville, les travailleurs de rue du Refuge la Piaule, de concert avec les 193 autres membres de l’ATTRueQ à l’échelle de la province, souhaite nommer leur préoccupation face aux impacts de la crise sociale actuelle.

Notre position quotidienne d’accompagnement des personnes les plus vulnérables, marginalisées et exclues de la société ainsi que notre engagement envers la jeunesse nous amènent aujourd’hui à prendre la parole et à ajouter notre voix à la réflexion qu’anime la crise sociale actuelle.

Résolution de l’assemblée délibérante des membres de l’ATTRueQ du 18 mai 2012.

Considérant notre responsabilité de témoigner de nos craintes à l’égard des impacts sociaux de la crise sociale actuelle et surtout de l’escalade qu’alimente son développement, notamment :

-les blocages judiciaires, économiques, sociaux et professionnels auxquels de nombreux jeunes du Québec feront face dans la suite des événements qui s’enchaînent depuis février dernier;

-les scissions possibles entre les gens, les générations, les groupes et les classes sociales découlant des tensions suscitées par le conflit social en cours ;

-la fragilisation de la cohésion et de la paix sociales pouvant amener une perte de confiance de la population, en particulier des jeunes, envers les institutions démocratiques, gouvernementales et de sécurité publique;

-les risques de radicalisation ou de décrochage social accentués par la dégradation actuelle des rapports sociaux entre les jeunes et les institutions;

L’Association des Travailleurs et Travailleuses de Rue du Québec, l’ATTRueQ, tient à faire part à la population québécoise de ses préoccupations sérieuses et de l’urgence qu’elle voit de considérer la jeunesse plutôt que de tenter de l’étouffer.

Sans nous positionner sur l’enjeu de la hausse des frais de scolarité, nous sommes cependant convaincus que seuls l’écoute, la considération réelle de l’autre et le dialogue véritable peuvent éviter un enlisement encore plus profond et nuisible à la jeunesse du Québec, par conséquent à toute sa population.

En tant que témoins-acteurs au cœur du quotidien des jeunes, les travailleurs de rue estiment qu’il est de leur devoir d’attirer l’attention de la population et des institutions sur les conséquences potentielles à plus long terme de l’engrenage de ruptures du lien social qu’alimente une telle situation de conflit intergénérationnel et qui risque fort de toucher tout particulièrement les jeunes déjà plus ou moins en rupture sociale (que ce soit aux plans socioéconomique, scolaire, familial, relationnel, juridique, symbolique, etc.).

Pour toutes ces raisons, les travailleurs de rue invitent les communautés et les partenaires de leurs milieux respectifs, ainsi que les institutions et les décideurs de notre société, à prendre collectivement conscience des potentielles conséquences négatives de la crise sociale actuelle pour les jeunes d’aujourd’hui et de demain ainsi qu’à réfléchir ensemble aux moyens de prévenir et d’atténuer ces dommages directs et collatéraux.

Organisations: Association des Travailleurs

Lieux géographiques: Québec, Rue du Québec, Drummondville

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Derniers commentaires

  • Melissa
    22 juin 2012 - 10:18

    Vous avez bien raison. Personnellement, j'appuie les étudiants. Je suis issue de la classe moyenne avec un emploi qui me permet à peine de joindre les 2 bouts. Par contre, ma soeur a une situation très enviable au niveau financier et est contre les revendications des étudiants. Dans la même famille, 2 mondes, 2 opinions et malheureusement, les chicanes ont fini par éclater. La tension est partout... Riches contre pauvres, étudiants contre gouvernement, entreprises contre employés, ect...