Considérant que le Journal de Montréal a consacré la une de son édition de jeudi aux hôpitaux les plus infectés par la C. difficile, cette bactérie «vedette» continue de faire des ravages, à Drummondville comme ailleurs.
Bien que le centre hospitalier drummondvillois ait considérablement amélioré ses résultats au cours des dernières années, il se situe en sixième position parmi les hôpitaux les plus touchés du Québec, avec un taux d'incidence de 10,6 en 2008-2009.
Plus récemment, la situation ne s'est pas améliorée. Au cours de la dernière période (P12), s'échelonnant du 4 février au 3 mars 2010, le taux d'incidence, qui calcule le nombre de cas du Clostridium sur 10 000 jours-présence, a atteint 17,9 à Sainte-Croix.
Ces résultats ne sont pas les pires qu'ait connus le centre hospitalier, bien que «le taux n'ait pas été à la hauteur de ce qu'on aurait désiré», a souligné Élise Leclair, directrice des soins infirmiers au CSSS Drummond.
Ayant du mal à expliquer l'unique cause de cette recrudescence, cette dernière rappelle que ce temps de l'année correspond à une période favorable au C. difficile.
«Je suis un peu déçu…L'an dernier, à la même période, le taux était de 9,9», met en contexte Mme Leclair.
La situation serait attribuable à plusieurs facteurs : toilettes partagées dans les chambres, taux d'occupation élevé, longue durée de séjour, multiplication des cas de gastroentérite hospitalisés sur les étages, séjour en salle à quatre, etc.
«Il n'y a pas de cause précise sur laquelle on peut mettre le doigt. Les causes n'ont pas été localisées sur une seule unité. C'était généralisé», renchérit-elle.
Depuis le 28 janvier, les responsables ont constaté une éclosion de gastroentérite pour l'ensemble du centre d'hébergement Frederick-George-Heriot.
«Actuellement, la situation est sous contrôle. On est sur le point de lever l'état d'éclosion», signifie Mme Leclair, indiquant néanmoins qu'un nouveau cas est apparu mardi.
Une communication étroite est maintenue avec la santé publique régionale, qui a notamment suggéré de prolonger les normes d'isolement.
«On ne fait pas bande à part. Plusieurs établissements de soins de longue durée dans la région sont aux prises avec cette problématique», transmet-elle.
La situation a été plus difficile à maîtriser qu'à l'accoutumée en raison d'un nouveau joueur : le novovirus. L'établissement de santé a dû changer ses produits nettoyants et désinfectants afin d'éliminer le spectre de ce nouveau virus.
«Le personnel a collaboré de façon exemplaire, même si plusieurs ont été sévèrement touchés. Les gens ont dû travailler en plan de contingence. Ça n'a pas été facile», relate Mme Leclair.




