Un projet coup de cœur pour les travailleuses du sexe



Un projet coup de cœur pour les travailleuses du sexe

Un projet coup de cœur pour les travailleuses du sexe

Caroline Lepage
Publié le 22 Mai 2008
Publié le 10 Juin 2010
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«Cat woman» connaît une demande croissante

Elles sont bien accueillies, les intervenantes de La Piaule qui visitent les travailleuses du sexe. Sur le terrain, les interventions sont appréciées et jugées essentielles. De plus, en santé publique, ce projet, intitulé «Cat woman», vient d'être couronné le «coup de cœur» dans Drummond de l'Agence régionale de la santé et des services sociaux.

Sujets :
Agence régionale , Refuge La Piaule Centre-du-Québec , Rue Pascale Chamberland

Depuis trois ou quatre ans, Le Refuge La Piaule Centre-du-Québec développe ce volet. À raison d'une demi-journée par semaine, environ, les travailleuses de rue Pascale Chamberland et Caroline Guérard visitent les bars de la région où il peut y avoir de la prostitution. Elles y rencontrent les travailleuses du sexe, notamment en vue de faire de la prévention pour des comportements sexuels sécuritaires. «On distribue des condoms, mais on fait plus que ça», a communiqué Mme Guérard, indiquant que les besoins de la personne sont au cœur de leurs interventions. «Avant d'être une travailleuse du sexe, c'est une femme, un être humain», a-t-elle insisté. Évidemment, les intervenantes abordent les travailleuses du sexe sans préjugés. «Notre but n'est pas de les sortir de là, mais on ne veut pas les encourager non plus», a exprimé Mme Guérard. À vrai dire, elles respectent leur décision, même si, parfois, le mot «choix» sonne un peu fort… Mais quand les cris à l'aide surgissent, elles sont là pour les écouter. «La prostitution amène souvent tout un rythme de vie autour. Quand la femme veut arrêter, il y a souvent plusieurs autres choses à changer en même temps», a fait remarquer Mme Chamberland.

Portrait dans Drummond

Contrairement à la réalité des grands centres où les travailleuses du sexe circulent librement dans la rue, celles de la région sont plus discrètes. C'est pourquoi les bars sont les meilleurs endroits pour les aborder.

«On n'a pas vraiment de contacts avec les maisons d'escortes. C'est difficile d'entrer en contact avec eux autres», a poursuivi la travailleuse de rue.

Au dire de Mme Guérard, plusieurs travailleuses du sexe assument ce qu'elles font. Ce ne serait pas la majorité qui subirait leur «métier».

Chose certaine, aucune des deux n'a clairement été témoin de réseau organisé d'exploitation sexuelle, qui touche particulièrement les plus jeunes, même si elles savent que ça existe. «On peut voir un homme (pimp) profiter d'une fille, mais souvent, elle est tellement en amour avec lui qu'elle ne le voit pas. Ces hommes-là sont de grands séducteurs», a expliqué Mme Chamberland.

D'ailleurs, les travailleuses du sexe de la région seraient principalement âgées entre 20 et 40 ans. «Il y a peu de mineurs ici… ce n'est pas ce qui prime», a-t-elle enchaîné.

Leur profil est aussi varié. «Il y en a plusieurs qui ont un passé pas évident du tout… mais d'autres font ça pour payer leurs études ou pour se partir une compagnie. Pour d'autres, c'est un «side-line». Le jour, elles ont un travail normal», a précisé Mme Chamberland.

Bref, le portrait est à l'image de leurs clients, de l'homme éméché à celui qui porte une cravate, ont-elles remarqué.

Elles demandent du soutien

Même si les encouragements vis-à-vis de leurs interventions fusent de toutes parts, les deux travailleuses de rue déplorent que le projet ne bénéficie d'aucun financement.

Elles souhaiteraient qu'une ressource à temps complet soit consacrée à cette fin. Les deux femmes sont d'ailleurs en attente d'une réponse venant du CLSC. Elles aimeraient que des infirmières les accompagnent à l'occasion, ne serait-ce que pour créer un pont afin que les travailleuses du sexe sachent où aller en cas de besoin. «Il y a tellement d'éducation à faire. Ce n'est pas parce qu'elles travaillent là-dedans qu'elles savent tout. Côté santé, il y a une masse d'informations à donner», a défendu Mme Chamberland. À noter que ce projet a reçu le prix «coup de cœur» dans le cadre de la Journée annuelle régionale de santé publique de l'Agence régionale de la santé et des services sociaux.

Selon cette organisation, l’augmentation de la demande dans différents bars souligne le fait que les barrières face aux ressources d’aide tendent à diminuer et que l’agir en tant qu’intervenante répond à un besoin précis auprès de cette clientèle.

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