Depuis la mise sur pied du cours d’ECR, plusieurs parents trouvent inacceptable d’enseigner aux enfants sept religions en même temps en plus de ne plus avoir le droit de décider, en quelque sorte, ce qui est moralement bon pour leurs enfants.
La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), qui croise le fer avec le gouvernement du Québec dans ce dossier, réclame que le cours d'éthique et culture religieuse devienne optionnel de façon à respecter le droit des parents d'éduquer leurs enfants en conformité avec leurs convictions religieuses ou philosophiques.
«Ce qu’on veut, ce n’est pas de changer la loi, mais bien de retrouver notre liberté de choix, comme on l’a toujours eue», insiste Françoise Lavallée, initiatrice de la marche ainsi que grand-maman.
De surcroît, la CLÉ estime que l'imposition d'un régime étatique d'éthique et de culture religieuse outrepasse les pouvoirs légitimes du gouvernement, bafouant la liberté de conscience et de religion proclamée par les Chartes canadienne et québécoise.
«Ce que nous dénonçons, c’est que les parents ont perdu des droits, précise Marie-Josée Croteau, présidente de la CLÉ et mère de trois enfants d’âge primaire. Le gouvernement a modifié l’article 41 de la Charte des droits et libertés et il n’a pas consulté la population. La conséquence dans tout ça c’est que c’est l’État qui décide désormais de ce qui est moralement bien pour nos enfants.»
Pourtant, le premier ministre Jean Charest a la ferme conviction que la décision d’implanter ce cours est le reflet d'un consensus parmi la population. Il n’a également pas l’intention de reculer dans ce dossier.
«Ce qui nous arrive, c’est d’une injustice totale», déplore Mme Lavallée.
Au départ, la ministre de l’éducation, Michelle Courchesne, a été claire à propos des exemptions : elle avait informé les Commissions scolaires que toute demande d’exemption devait être systématiquement refusée.
«Il y a beaucoup de directeurs d’école qui sont conscients que ça n’a pas de bon sens, mais n'osent rien faire, car s’ils interviennent, les Commissions scolaires vont s’en mêler. Les commissaires reçoivent des ordres des ministres pour qu’il n’y ait aucune exemption d’accordée, ce qui est anti-démocratique puisque les commissaires sont élus par le peuple et ont la liberté de le faire», explique Patrice Gagnon, père de famille qui s’est vu refuser ses demandes d’exemption et de révision ainsi que son avis de retirer son enfant du cours.
«Ils se sentent obligés de représenter le gouvernement, donc leur rôle est biaisé», ajoute sa conjointe Marjolaine Blanchard.
Malgré ces refus, les parents ainsi que la coalition tiennent tête au gouvernement autour du droit de retirer les enfants de ce cours et aussi, du droit d’exemption, d’où la demande de lever le caractère obligatoire du cours.
Ce cours présente aux enfants, dès l’âge de six ans, différentes religions, visions du monde et de la vie et doctrines religieuses. De plus, tous ces éléments sont présentés d’une égale valeur.
«Dans certains ateliers, on demande aux enfants de créer leur propre religion», informe la présidente de la CLÉ.
Au secondaire, le cours se concentre plus sur le volet éthique.
«Les élèves, à travers des dialogues, doivent rechercher des consensus sur des grandes questions que les parents et les experts ne s’entendent même pas. On rejette donc ça sur le dos de nos enfants et ça, c’est inacceptable», ajoute Mme Croteau.
«Comment peut-on demander à des enfants de faire la part des choses, alors qu’un adulte ne connaît pas tout sur sa religion?, se questionne Mme Lavallée. Le gouvernement, par ce cours, veut implanter ses idées et sa philosophie. On fait face à une religion mondiale et c’est inacceptable. Mais je suis contente, car ça réveille beaucoup de catholiques et nous en avons une belle preuve aujourd’hui, mais ça, ce n’est rien comparé à tous ceux qui nous appuient.»
D’ailleurs les manifestants ont été clairs dans leur message et tout s’est fait dans le calme et le respect. D’autres marches sont prévues au cours des prochaines semaines, car la CLÉ n’entend pas clore ce dossier de si tôt.
«Plus on va en parler et répéter des actions comme aujourd’hui, plus l’État va comprendre. Le mouvement n’est qu’embryonnaire en comparaison de ce qui va arriver, j’en suis certaine, car on voit déjà l’éveil», conclut avec conviction Mme Lavallée.
Enfin, Drummondville est un lieu symbolique, puisque c’est ici que se jouera la bataille judiciaire en Cour supérieure, le 11 mai prochain. Le procès a été intenté par des parents qui veulent rendre inconstitutionnel le caractère obligatoire de ce cours.
