Une soixantaine de personnes ont bravé le froid dans la soirée du 20 novembre pour la Marche de l'espérance. Après s'être rassemblés à l'église Pie X, tous ont pris la direction du palais de justice, où la coordonnatrice de la Société d'aide et d'information aux victimes de la DPJ (SAIVDPJ), Claudette DeBlois, a demandé aux autorités de revoir le système de justice qui négligerait les familles qui comparaissent devant les tribunaux de la DPJ.
«Personne n'a une entière liberté de se défendre des accusations portées contre elle. Les gens qui nous en parlent sentent pour la plupart qu'on ne les écoute pas, que les choses sont en partie décidées avant qu'ils n'ouvrent la bouche», a-t-elle décrié.
Cette Société a notamment l'impression que les experts proposés par les parents sont trop souvent écartés au profit de ceux qui sont retenus par la DPJ.
Les marcheurs ont par la suite emboîté le pas vers le bureau du député sortant Sébastien Schneeberger, où ils ont contesté le pouvoir excessif accordé à la Protection de la jeunesse.
«Elle est devenue si grosse, si forte que le bien des enfants n'est plus au centre de ses préoccupations, mais plutôt le bon fonctionnement de "sa machine"», a poursuivi Mme DeBlois.
Et dans la foulée des enquêtes publiques menées sur les commandites et les accommodements raisonnables, la SAIVDPJ souhaite qu'une pareille démarche soit ordonnée sur la DPJ, pour questionner ses rouages, ses politiques, ses dépenses, sa transparence ainsi que les aptitudes et la formation de ses employés.
Les membres de la Société y verraient également une occasion de raconter les histoires d'horreur et d'injustice qu'ils ont vécues.
Ils réclament également un tribunal, ou du moins, des médiateurs indépendants de la DPJ pour entendre et permettre aux familles d'être traitées avec respect et justice, en plus d'un ombudsman, une personne indépendante chargée d'examiner les plaintes.
Lors de ce rassemblement, le député sortant Sébastien Schneeberger a également pris la parole. Selon lui, le système actuel connaît des ratés et les revendications des marcheurs étaient légitimes.
Dans ce dossier, il a présenté le parti de l'Action démocratique du Québec (ADQ) comme un allié, car leur plate-forme propose de créer un Protecteur de la jeunesse qui serait nommé par l'Assemblée nationale et qui aura comme rôle de surveiller l'ensemble des services d'aide et de protection de la jeunesse.
«Il interviendra afin de corriger les négligences et les injustices commises à l'endroit des enfants du Québec. Il aura le pouvoir d'enquêter sur les agissements de la DPJ, comme un ombudsman le ferait», a communiqué Schneeberger.
Enfin, à entendre le dernier discours prononcé devant la succursale du Centre jeunesse de la Mauricie et du Centre-du-Québec, il est clair que les marcheurs en avaient lourd sur le cœur vis-à-vis de cette organisation.
«C'est dans l'espérance et la confiance en votre bienveillance, votre transparence et votre «passion» pour les enfants que nous avons légué entre vos mains une loi, un pouvoir, une notoriété qui malheureusement… vous a corrompus», se sont-ils insurgés.
Ils déclarent ouvertement la guerre à ce qu'ils considèrent comme des stratèges de complots, de manipulation, de mensonges, d'abus de pouvoir et d'arrogance de la part de la DPJ.
«L'amour que nous portons à nos enfants fera trembler les forteresses que vous avez montées et qui emprisonnent les enfants dans un système sans espérance», ont-ils transmis.
Au terme de cette marche, des pancartes ont été plantées sur le terrain d'une résidence voisine au bureau du centre jeunesse, sur la rue Saint-Pierre.
Il s'agissait d'une première action publique. Selon Annie Berthelot, membre de la SAIVDPJ, un deuxième geste collectif a été annoncé, invitant tous les familles concernées et les sympathisants du Québec à apporter un cadeau au bureau de leur député, le 19 décembre, à défaut de pouvoir le donner directement à un enfant.
À noter que des succursales de la SAIVDPJ sont aussi en démarrage à Sherbrooke et Asbestos.
