Un débat qui doit avancer

Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Cette lettre se veut être une réponse à l’article écrit par M. Denis Proulx intitulé «Honte à vous professeurs de cégep et d’université».

Le conflit étudiant dure depuis fort longtemps et je suis stupéfait de voir que même après autant de temps les mêmes arguments reviennent encore et toujours.

«Quatre-vingt-dix cents de plus par jour, c’est rien!» Oui, mais comment se débrouillera la personne qui n’y arrive déjà pas, alors qu’elle a déjà coupé un peu partout? Ce n’est pas en divisant la somme en plusieurs parties qu’elle devient plus petite. C’est tout simplement mathématique. Au final, on parle effectivement d’une hausse de 1778 $ au bout de sept ans même si on la fragmente en un milliard de paiements! Et soyez assurés que les tenants de la hausse vont s’assurer que la facture continue de grimper après cela.

«Oui, mais c’est moins chère au Québec qu’ailleurs en Amérique du Nord.» Oui, mais l’Ontario a annoncé tout récemment une baisse de trente pour cent de ses droits de scolarité annonçant ainsi une nouvelle tendance à ce sujet. Également, n’oublions pas tous ces pays comme la France, le Danemark, l’Allemagne et la Suède où les droits de scolarités sont bien plus bas qu’ici. Pourtant, leurs universités sont aussi fréquentées que les nôtres et se portent très bien. Ce n’est pas parce que c’est plus abordable au Québec que ça devient automatiquement acceptable que ça le soit moins tout d’un coup. Pourrait-on dire la même chose pour notre système de santé? J’espère bien que non! Il devrait en être de même pour notre système d’éducation puisqu’il est utile à toute notre société.

En effet, on peut bien rétorquer «que le diplômé universitaire gagnerait bien plus d’argent au courant de sa vie grâce à sa formation», mais il ne faut pas oublier comme l’a si bien dit récemment notre député M. Blanchet à l’Assemblée nationale que le diplômé universitaire rapporte énormément en taxes et en impôts à l’État et de si bonnes façons qu’il rembourse largement le coût de sa formation et même plus encore. Donc, l’éducation est bel et bien un investissement non seulement pour l’individu, mais avant tout pour notre société.

Il serait intéressant aussi de rappeler que tous ces professeurs «choyés par ce système» contribuent justement de bien belle manière au système étant donné qu’ils paient beaucoup d’impôts puisqu’ils sont très bien payés. Il faut aussi rappeler que ces professeurs n’ont pas gagné leur poste à la loterie. Ils ont de bonnes conditions de travail, mais ils ont travaillé dur pour se rendre jusque-là. Ils ont dû effectuer des études supérieures pour ce faire et pour cela, il faut en avoir du courage et de la détermination. Réaliser une maîtrise n’est pas tâche aisée et je ne parle même pas du doctorat.

Ainsi, le constat s’impose. Depuis les derniers mois, on parle très souvent qu’il y a quarante pour cent de la population qui ne paient aucun impôt. Nous sommes d’accord sur le fait que c’est une situation qui doit être corrigée le plus rapidement possible. Or, il faut être naïf pour croire que hausser les droits de scolarité risque d’améliorer la situation. Une hausse de 1778 $ à long terme constitue un obstacle psychologique pour tous ceux qui voudraient s’offrir une carrière nécessitant d’aller à l’université. Oui, il y a les bourses, mais elles ont leur limite et encore faut-il y avoir accès. Or, nous avons besoin d’eux, de ces personnes qui veulent atteindre leur plein potentiel afin que notre société soit plus forte et plus prospère.

« Un peuple instruit jamais ne sera vaincu», ce n’est pas seulement un slogan...

C’est vrai. Pensez-y.

Jonathan Lépine, étudiant et futur professeur

Organisations: Assemblée nationale

Lieux géographiques: Québec, Amérique du Nord, Ontario France Danemark Allemagne Suède

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires