Honte à vous professeurs de cégep et d'université

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Dans le long conflit étudiant, deux choses m'agacent profondément: les véritables raisons de ce conflit et l'attitude des professeurs de cégep et d'université.

On sait que la raison "officielle" du boycott des cours par les étudiants est la hausse des frais de scolarité.

Je rappelle que cette hausse représente une augmentation d'environ 90 cents par jour pour nos étudiants.

Il faut aussi considérer que nos étudiants payent déjà les frais de scolarité les moins élevés en Amérique du Nord.

Je rappelle aussi qu'un étudiant, une fois son diplôme universitaire en poche, pourra monnayer ce diplôme sur le marché du travail, et obtenir un salaire bien au-dessus de la moyenne.

Je me pose de sérieuses questions sur les "vraies raisons" de ce conflit. Si c'est le gouvernement que l'on veut déstabiliser, ou qu'on veuille avoir la tête de Jean Charest, je n'ai rien contre ça, mais qu'on le dise ouvertement. QU'on ne se cache pas derrière une augmentation de 90 cents par jour pour nos étudiants.

J'en viens maintenant à l'attitude et aux positions prises par les professeurs de cégep et d'université dans ce conflit.

Je trouve déplorable que subtilement, sournoisement, hypocritement, ces professeurs envoient nos étudiants dans les rues, les encouragent à la désobéissance civile, au désordre social, pour faire avancer leurs propres intérêts syndicalistes.

N'oublions pas que ces mêmes professeurs qui crachent sur notre système sont des enfants choyés par ce système. Ils sont très bien payés et profitent d'excellents avantages sociaux.

Connaissez-vous beaucoup de travailleurs au Québec qui ont le privilège donné par leur employeur et la capacité financière de différer du salaire pour prendre une ou deux années sabbatiques pour voyager dans le monde? Tant mieux pour eux!

Je rappelle qu'au début de ce conflit une professeure du Cégep de Sherbrooke avait envoyé un courriel à une étudiante qui s'était prononcée contre la grève en lui écrivant: «J'ai honte d'être ton professeure».

Il y a aussi cette enseignante du Cégep de Limoilou, un cégep où tout était calme et où il n'y avait pas de conflit, qui a décidé qu'elle donnerait un cours de désobéissance civile à ses étudiants, à l'extérieur de l'établissement. Résultat: du grabuge et 40 arrestations.

Il y a aussi Martin Hébert, professeur d'anthropologie à l'Université Laval, qui a refusé de donner son cours, désobéissant à une injonction du Tribunal obtenue par Laurent Proulx.

Il a invoqué qu'il ne pouvait donner son cours parce que sa "sérénité" serait perturbée.

Par la suite, il s'est ravisé et a donné son cours. Probablement que quelqu'un lui a expliqué ce qu'était une injonction émise par un juge.

Est-ce que ces professeurs vivent dans le même monde que nous ? Dans nos milieux de travail, nous ne sommes pas toujours dans la "sérénité". Souvent, la pression est forte, il y a des imprévus, il y a des échéanciers à respecter, mais on doit continuer à travailler parce que l'on ne sera pas payé, nous-autres.

Je me demande si ces professeurs seraient prêts à diminuer un peu leur salaire, ou leurs avantages sociaux, pour que nos étudiants ne subissent pas de hausse de frais de scolarité? Je ne le crois pas.

Vous parlez beaucoup de justice sociale, mais dans les faits vous n'êtes pas prêts à faire votre part.

Je me méfie de ces gens qui ont toujours le mot "démocratie" à la bouche et qui l'utilise à toutes les sauces. Je crois qu'ils abusent de la démocratie.

Je pense aussi à nos jeunes que l'on chauffe à bloc et qu'on envoie dans la rue. Certains d'entre eux, qui sont probablement de bonnes personnes, ont commis des actes de vandalisme et se retrouvent maintenant avec des dossiers criminels.

Peut-être que dans quelques années quand ces étudiants seront diplômés et accéderont au marché du travail, ils réaliseront qu'un dossier criminel peut être une grosse embûche dans leur projet de vie, ne serait-ce que de passer la frontière américaine et d'amener sa petite famille en vacances, à Walt Disney, en Floride.

Peut-être qu'ils diront alors: «Où est-ce que je me suis fait fourrer?»

Mesdames et messieurs les professeurs de cégep et d'université, pour ces raisons, j'ai honte pour vous!

Denis Proulx, citoyen de Notre-Dame-du-Bon-Conseil

Organisations: Université Laval

Lieux géographiques: Amérique du Nord, Québec, Cégep de Limoilou Floride

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  • Julie Montreuil
    02 mai 2012 - 09:16

    Pourquoi? Certaines personnes vont parler de sous-financement, mais on peut dire d'abord avant d'en arriver à cette conclusion qu'il y a un problème de financement. Savoir maintenant si elles sont mal-financées ou sous-financées ou encore mal gérées. On a tendance à comparer le Québec avec les autres provinces c'est un peu de comparer des pommes avec des oranges. Nous avons un système d'études supérieures à deux paliers, CEGEP, et université. On n'en parle pas durant le débat; du financement de l'état vers les études professionnelles de CÉGEP. Donc, on a escamoté l'essentiel dans la vision globale des coûts versus le taux de diplômation. Pour l'instant les universités sont financées par tête de pipe. En principe un bac en histoire de l'art où commencent 150 étudiants, est rentable. Les études en médecine qui est contingenté et demande beaucoup d'immobilisation et de structures administratives l'est beaucoup moins. A-t-on vraiment besoin de 150 historiens de l'art au Québec? Question-piège, mais que nous ne voulons pas poser. Aussi les universités sortent de leur régions pour attirer une plus grande clientèle pour avoir plus d’argent, mais cela amène des immobilisations importantes, et de l'argent dans les bâtisses plutôt que dans le régime d'étude. Alors sous-financées ou mal-financées? C'est le débat de fond que soulèvent les étudiants, mais du bout des lèvres car ils sont déjà dans les moyens et stratégies ; gel des frais pour les étudiants ou gratuité scolaire, ceci en riposte à la décision du gouvernement. Il est là le problème, on escamote des prémisses importantes; pour dire aux étudiants de faire leur juste part, donc une hausse de 75% sur 5 ans ou de 82% sur 7 ans. On part d'un constat pour aller aux moyens, sans jamais nous parler des causes. Le gouvernement veut imposer des moyens en faisant croire aux contribuables que c'est la seule manière de financer adéquatement les universités. Et en plus pour vendre cette décision, il oppose étudiants et contribuables. Opposition qui n'a pas lieu d'être car les étudiants travaillent en majorité. Ce qui est en plus terrible dans cette histoire ce sont les contribuables qui ne se posent pas la question comment l'argent que je verse au gouvernement est géré? Je crois comme québécois, il faut se réveiller un ti-brin et de savoir que les raccourcis utilisés par le gouvernement servent d'abord des stratégies politiques. Je suis contre la hausse des frais et pour le gel, non pas par idéologie, mais parce que jusqu’à maintenant je ne crois pas que nous sommes vraiment attaqués aux causes. En fait j'ai l'impression que le gouvernent a tombé dans la facilité sans faire ses devoirs. Alors oui des états généraux sur l'éducation supérieure et au plus vite!

  • Alexis Provencher
    01 mai 2012 - 15:07

    La vie des professeurs universitaire semble si jolie selon vous. Leur Salaire miraculeux Leur avantage sociale rocambolesque. C'est oublier que les Profs universitaire ont tous commencer à travailler vers 30 ans et plus, on un doctorat et très souvent un Post doctorat, on des dettes d'études immense sans compter le fait qu'un prof universitaire travaillant moins de 60 heures par semaine est considéré comme un paresseux dans son département. Vous en connaissez beaucoup vous des gens qui vont à l'école si longtemps pour avoir la chance peut être un jour d'avoir un poste de prof chercheur (extrêmement contingenté). Rajouter à ça le stress constant des demandes de bourses de toute sorte, la pression de publier des articles scientifiques pour garder son poste pour les jeunes profs et vous comprendrez qu'AUCUN je dit bien AUCUN prof universitaire fait ce job pour l'argent. La passion et l'amour de la science passent bien avant. BRAVO aux profs, merci pour ce que vous faites pour nous.

  • Samuel Gagnon
    01 mai 2012 - 11:52

    Bonjour M. Proulx, Vous rappeler que c'est environ 0.90$ par jours, je vous informe en vous disant que c'est 0.89$ la première année, 1.78$ la deuxième, 2.67$ la troisième, 3.56$ la quatrième et 4.45$ la dernière année. C'est totalement irresponsable que de ne parler que de 0.90$ par jours quand c'est le quintuple. Dans sa vie un étudiant Universitaire paiera 379 187$ en impôt de plus qu'un étudiant avec un DEC. Admettons que cette hausse décourage 1000 étudiants à continuer à l'Université, la société va perdre 379 millions, soit plus que la hausse et seulement pour 1000 étudiants. Certains études conservatrice prévoit 7000 étudiants en moins. Pas besoin de faire des calculs savant pour savoir que tous seront perdant.... Je ne commenterais pas le reste de vos arguments qui semble provenir d'une personne qui n'a pas réfléchit mûrement à ces propos avant de tenter d'influencer faussement l'opinion public....

  • lise provost
    01 mai 2012 - 11:23

    Cher enfant, celles et ceux qui vous ont appris à écrire, savent aussi qu'on vous appris à entendre des commentaires négatifs autour d'une table de cuisine pour démolir une ou un professeur. D'une part vous êtes innocent car ce sont des adultes qui vous ont incité à juger ainsi celles et ceux qui les ont remplacés pour votre éducation académique. Continuez à vous instruire. Ne délaissez pas les apprentissages que la vie vous donne d'emmagasiner et sachez que le temps est venu pour nous les québécois de toutes dénominations de nous tenir debout pour nos enfants qui n'ont pas besoin de se faire dire quoi faire...qui savent très bien voir les injustices...qui se lèvent enfin pour dépoussiérer ces personnages qui veulent vendre la planète aux compagnies gazières qui n'ont aucune répartie sur le monde de demain car tout ce qu'ils veulent c'est détruire l'harmonie pour mieux régner et appauvrir en se sauvant les poches remplies de nos rêves d'enfants. Ne soyez pas sévère mais ayez de la gratitude pour celles et ceux qui vous ont accompagné tout au long de vos apprentissages. Pendant que la hausse des frais de scolarité est de l'ordre de 75% et plus...