Le temps s'arrête pour le doyen des Jeux

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Jonathan Habashi
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Un rêve devenu réalité pour Claude Deshaies

JEUX DU QUÉBEC. Depuis qu'il a eu le coup de foudre pour les Jeux du Québec, à l'hiver 1985, à Dolbeau, le Drummondvillois Claude Deshaies a l'impression que le temps s'arrête à chacun de ces rendez-vous magiques et grandioses. Pour ce bénévole passionné de la jeunesse sportive, véritable sommité en matière de judo dans la région, la venue des Jeux du Québec chez lui, à Drummondville, constitue un vieux rêve devenu réalité.

Entouré de sa joyeuse bande d'athlètes, Claude Deshaies vibre au rythme de chaque finale des Jeux du Québec depuis 30 ans. La venue de ce grand rendez-vous de la jeunesse sportive à Drummondville constitue pour lui un rêve devenu réalité. (Photo TC Media – Jonathan Habashi)

À ses 27es Jeux du Québec, une aventure qui l'a amené aux quatre coins de la province, Claude Deshaies est passé par tous les postes inimaginables au sein de la délégation régionale. D'entraîneur à chef de mission, il a également agi en tant que missionnaire, responsable de l'hébergement et adjoint au chef de mission.

Cette année, celui qu'on surnomme le doyen des Jeux cumule deux fonctions : missionnaire de l'équipe centricoise de trampoline durant le premier bloc et responsable disciplinaire du judo durant la seconde partie des Jeux. C'est sans compter qu'il est appelé à agir en tant qu'expert au sein du conseil d'administration de la 50e finale.

«J'ai adoré tous ces postes, mais j'ai décidé par moi-même de revenir à la base : être missionnaire. J'apprécie plus que tout le contact direct avec les jeunes», explique l'homme de 62 ans.

La première fois que Claude Deshaies a vécu l'aventure des Jeux, c'était comme entraîneur de judo.

«Aussitôt, je suis tombé en amour avec l'esprit sportif qui y régnait, semblable à la tradition des Jeux olympiques. Le fait de pouvoir côtoyer les gens des différents sports, ça me plaisait beaucoup. Et en voyant les organisateurs de l'événement à l'œuvre, je me suis dit que je voulais faire partie de cette gang-là un jour», raconte-t-il en disant aussi avoir été marqué par l'accueil chaleureux des habitants de ce village du Lac-Saint-Jean.

«Chaque fois que je vis les Jeux, ça me réconcilie beaucoup avec le monde. Chaque jour dans le journal, je lis de mauvaises nouvelles. Ici, je côtoie des jeunes qui vivent leur rêve. Ils s'entraînent avec passion pendant des heures pour arriver à vivre cette expérience unique. C'est un privilège de partager ça avec eux.»

Lors de sa rencontre avec L'Express, Claude Deshaies assistait à l'activité amicale Gymblitz au Complexe sportif. «C'est plaisant pour nos gymnastes et trampolinistes. Ils peuvent essayer d'autres spécialités. Ils ne vivent pas avec le stress de la compétition. Leur attitude est complètement différente. Je tripe de voir ça!»

Un message à Roberto Léveillée

À mesure que son engagement envers les Jeux grandissait, une idée a germé dans la tête de Claude Deshaies : pourquoi ne pas attirer ce grand rassemblement ici-même, à Drummondville? En compagnie de quelques complices, il a rapidement convaincu les autorités en place. Au fil des ans, la ville s'est d'ailleurs portée candidate à deux reprises, de vaines tentatives qui ont toutefois découragé les plus optimistes.

«Un moment donné, certains n'y croyaient plus. Pourtant, on avait toutes les installations : il nous manquait juste la piscine. Quand on a su que la Ville allait construire l'Aqua complexe (en 2007), je me suis dit que ça y était! Drummondville avait maintenant le grand avantage d'avoir tous les sites de compétition proches les uns des autres, sauf le ski alpin», relate Claude Deshaies.

«Puis, quand j'ai été intronisé aux Grands du sport (en 2009), j'ai passé mon message à Roberto Léveillée (conseiller municipal). Il cherchait une activité pour souligner en grand le 200e anniversaire de Drummondville. Aussitôt, on a connecté ensemble. La machine s'est rapidement mise en marche.»

Dès 2010, Drummondville a fait part de son ambition de décrocher l'organisation des Jeux du Québec. Unique ville en lice à la suite des désistements de Laval et de Rouyn-Noranda, en 2012, Drummondville a néanmoins dû défendre son dossier en démontrant qu'elle répondait aux strictes exigences de Sports Québec.

«Il fallait prouver hors de tout doute qu'on était capables de livrer la marchandise. Notre dossier était en béton. On les a convaincus. Quand l'annonce officielle a eu lieu, au Stade olympique (en 2013), j'ai eu une larme au bord de l'œil», partage ce récipiendaire du prix régional du bénévolat Dollard-Morin en 2010.

Depuis le début des «ses» Jeux, Claude Deshaies est habité par des sentiments partagés. «D'une part, je suis très autocritique. Je veux que tout se déroule le mieux possible. D'un autre côté, je suis comblé. Je regarde tous nos bénévoles aller et je les trouve fantastiques. Aux cérémonies d'ouverture, j'ai vécu des émotions fortes. Aux cérémonies de clôture, ça va être encore plus émotif.»

Cette 50e finale des Jeux du Québec représentant l'aboutissement d'un rêve pour Claude Deshaies, compte-t-il profiter de l'occasion pour faire ses adieux définitifs?

«Je ne veux pas faire une Dominique Michel de moi-même, mais c'est sûr qu'il y a des postes que je ne peux plus faire. Peu importe ce qui va arriver, je vais toujours demeurer disponible pour les Jeux du Québec. S'ils ont besoin de mon expérience, je vais être là. C'est sans oublier que bientôt, mes petits-enfants vont peut-être participer aux Jeux», conclut ce père de deux enfants.

Organisations: Sports Québec

Lieux géographiques: Jeux du Québec, Drummondville, Village du Lac-Saint-Jean Laval Rouyn-Noranda

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