Détenteur d’un baccalauréat de l’Université du Wisconsin à River Falls, où il a également joué au hockey collégial, Martin Raymond a traversé l’Atlantique à la fin des années 1980 pour amorcer une carrière de hockeyeur professionnel. Après avoir évolué dans la ligue élite suédoise durant quelques années, il a débuté sa carrière d’entraîneur en France vers le milieu des années 1990. Ses compétences ont rapidement permis à l’équipe de Cergy-Pontoise de graduer de la troisième à la première division française.
Marié à une Américaine (Jessica), Martin Raymond a ensuite choisi de revenir vivre aux États-Unis en 1997, plus précisément en Arizona, où il a pris les rennes des Gila Monsters de Tucson. Appartenant à un ami, cette formation faisait alors ses débuts dans la West Coast Hockey League (WCHL). Deux ans plus tard, Raymond a obtenu le poste d’entraîneur-chef des Mustangs de Phoenix, guidant rapidement cette équipe vers le championnat des séries éliminatoires dans la WCHL.
«La saison suivante, l’équipe a fait banqueroute. J’avais mis une croix sur le métier d’entraîneur et je m’apprêtais à commencer une nouvelle carrière dans la police quand Bakersfield m’a fait signe», raconte Martin Raymond.
C’est ainsi que le Drummondvillois a joint l’organisation des Condors en 2002 à titre d’entraîneur-adjoint, alors que l’équipe évoluait encore dans la WCHL. Raymond a été promu à la tête des Condors deux ans plus tard, au moment où le club venait de faire le saut dans la ECHL.
Avant l’entrée en scène de coach «Marty» Raymond derrière le banc, les Condors n’avaient jamais gagné un match éliminatoire dans leur histoire. Depuis qu’il est a pris les commandes du club, la formation californienne a pris part à la grande danse printanière chaque année, se faufilant jusqu’en finale de division à deux reprises. Raymond détient d’ailleurs aujourd’hui la grande majorité des records d’équipe pour un entraîneur des Condors.
Cette saison, les Condors trônent au premier rang de la division Pacifique grâce à une fiche de 26-14-2-1. Affiliés aux Ducks d’Anaheim de la Ligue nationale de hockey (LNH) depuis deux ans, l’organisation figure parmi les prétendantes à la Coupe Kelly, emblème de la suprématie dans la ECHL.
Puisque la ECHL est une ligue de développement, les meilleures équipes voient souvent leurs joueurs graduer dans la Ligue américaine et même la LNH, souligne Martin Raymond.
«Cette saison, on a perdu pas moins de 11 joueurs. C’est notre travail de développer des jeunes hockeyeurs, mais ça rend nos performances inégales. On n’est plus aussi dominants qu’en début de saison, mais on demeure compétitifs. On vise le championnat», affirme Martin Raymond.
Au fil des ans, pas moins de 431 joueurs ont fait leurs classes dans la ECHL avant d’éventuellement atteindre la LNH. Des joueurs comme Francis Bouillon, Jaroslav Halak, Mark Streit et François Beauchemin ont notamment emprunté ce chemin, pour ne nommer que ceux-là. Cette saison, le talentueux Dan Sexton a d’ailleurs fait ses débuts à Anaheim après avoir joué sous les ordres de Raymond à Bakersfield en début de campagne. Le gardien Justin Pogge a également été rappelé par les Ducks.
«Ça démontre que le calibre de notre ligue est très relevé. Je suis convaincu qu’une bonne équipe de la ECHL pourrait battre une équipe de la Ligue américaine», soutient Raymond .
Invité à diriger l’équipe de la conférence nationale lors du dernier match des étoiles de la ECHL, Raymond souligne qu’il a poli sa façon de diriger au fil des ans. L’homme de hockey de 43 ans affirme être «beaucoup plus relax» qu’à ses débuts dans le métier.
«Aujourd’hui, je me considère davantage comme un professeur qu’un motivateur. Les joueurs sont plus jeunes qu’autrefois. On fait beaucoup de vidéo pour leur expliquer comment s’améliorer. À ce chapitre, les Ducks nous entourent très bien en nous fournissant tout l’équipement nécessaire», explique-t-il.
Par ailleurs, les Condors misent sur quelques Québécois dans leurs rangs, dont Stéphane Goulet, Mathieu Aubin et Maxime Macenauer. Raymond a évidemment eu son mot à dire dans l’embauche de ces attaquants, comme dans celle du défenseur québécois Sasha Pokulok, qui a récemment fait le saut dans la Ligue américaine.
«Ce sont de jeunes joueurs, mais ils occupent déjà des rôles importants au sein de notre équipe. Dans sa carrière, un jeune ne doit d’ailleurs pas rester trop longtemps dans la ECHL s’il veut accéder au niveau suivant», souligne-t-il.
Deux anciens membres des Voltigeurs de Drummondville ont également fait un bref passage dans l’organisation des Condors cette saison. Le gardien Pier-Olivier Pelletier a obtenu un essai lors du camp d’entraînement tandis que le défenseur tchèque Patrik Prokop a fait ses débuts professionnels sous les ordres de Raymond avant d’être impliqué dans une transaction.
Devant le filet des Condors, c’est l’Allemand Timo Pielmeier qui est l’homme de confiance de Raymond. L’ancien portier des Cataractes de Shawinigan en est à sa première campagne chez les professionnels.
À travers l’exigeant calendrier de la ECHL, les Condors font présentement un arrêt à Anchorage, en Alaska, où ils affrontent les Aces à trois reprises en quatre soirs. Mercredi, la formation californienne s’est inclinée au compte de 4-1.
«Ce n’est jamais évident de venir jouer ici après un voyage de six heures en avion. C’est sans compter qu’à la suite des derniers mouvements de personnel, on a perdu notre capitaine et notre meilleur défenseur. Les autres joueurs devront donc relever leur jeu d’un cran», indique Raymond, qui doit retourner auprès de son épouse, vendredi, afin assister à la naissance du troisième enfant du couple.
Alors que le hockey a de la difficulté à s’enraciner dans certains marchés non traditionnels, le sport national du Canada est de plus en plus florissant en Californie, souligne Martin Raymond.
«L’engouement pour le hockey est très fort en Californie. À Bakersfield, il y a pas moins de 6000 spectateurs qui assistent à chacune de nos parties. Notre équipe fait souvent la une des journaux ou des bulletins de nouvelles à la télévision. Nos partisans connaissent très bien le hockey et ils sont d’ailleurs très sévères à notre endroit», témoigne-t-il.
Au cours des dernières années, plusieurs nouvelles patinoires ont d’ailleurs été construites dans cette ville située à 180 kilomètres au nord-est de Los Angeles.
«Il y a de plus en plus de jeunes qui jouent au hockey mineur. C’est d’ailleurs pourquoi il y de plus en plus de prospects qui sont issus de la Californie», signale Martin Raymond.
Même s’il a les pieds solidement ancrés dans le Golden State, Martin Raymond est toujours demeuré attaché à sa ville natale.
«J’ai quitté Drummondville à un très jeune âge, mais pendant plusieurs années, j’y revenais souvent avec mes parents pour voir de la famille. J’y suis encore revenu il y a deux ans. Je n’ai pas manqué d’aller revoir la maison de rue Lafontaine où j’ai grandi ainsi que l’école Sainte-Thérèse», termine celui dont le grand-père, Alphonse Paradis, a déjà été échevin de Drummondville.




