«Je n’ai rien changé dans mon approche. Ma philosophie demeure la même peu importe où je suis, car je dirige d’abord et avant tout des individus. Diriger des jeunes de 16 dans le junior n’est pas différent que de diriger des hommes de 25 ans dans la Ligue américaine. Peu importe leur calibre, tous les joueurs ont besoin de sentir que leur entraîneur a leur succès à coeur», a affirmé Boucher, vendredi soir, après avoir vu les siens s’incliner 2-1 face aux Senators de Binghamton devant une foule de près de 15 000 spectateurs au Centre Bell.
«La principale différence pour moi présentement, c’est qu’à Drummondville, la culture était déjà implantée depuis quelques saisons, a-t-il poursuivi. Ces acquis ne sont pas encore en place à Hamilton. Pour le moment, j’apprends encore à connaître mes joueurs. Je suis en train de les mouler à ma façon et je peux affirmer qu’ils progressent rapidement. Le but est d’implanter une culture où l’éthique de travail, l’acharnement et la volonté d’être toujours les premiers sur la rondelle sont rois et maîtres.»
Jusqu’à présent, la méthode développée par Guy Boucher à Drummondville semble porter fruit à Hamilton. Auteurs d’une fiche de 8-1-1-3 depuis le début de la saison, les Bulldogs occupent actuellement le deuxième rang de leur division. La défaite encaissée vendredi soir par le club-école du Canadien de Montréal était d’ailleurs sa première en temps réglementaire.
«On a beau essayer de se convaincre qu’un match des Bulldogs au Centre Bell en est un comme les autres, ce n’est pas vrai, a admis Guy Boucher. Ce soir, les gars ont gelé. Ils ressentaient de la nervosité et ils ont manqué de concentration. En voulant trop bien faire, ils ont oublié la base. En deuxième moitié de match, on a toutefois resserré notre défensive et on a appliqué un échec-avant qui colle davantage à notre image. Au moins, on ne s’est pas laissé abattre et on a bataillé dans l’adversité, ce qui a donné lieu à un bon spectacle. En fin de match, les gens ont pu voir le vrai visage des Bulldogs.»
Dimanche, les Bulldogs ont vengé leur échec en l'emportant 1-0 sur les Senators dans un match disputé à Ottawa.
Reconnu comme un spécialiste du jeu de puissance durant son passage dans les rangs juniors, Guy Boucher ne s’inquiète pas des ennuis des Bulldogs en avantage numérique depuis le début de la saison. L’équipe présente un pourcentage d’efficacité de 11,4 % jusqu’à présent, ce qui la relègue au 26e rang à travers la Ligue américaine.
«En début de saison, j’ai donné la chance à tout le monde de jouer sur l’attaque massive, même à nos joueurs de quatrième trio, a-t-il expliqué. Contrairement à ce qui se passe dans le junior, il y a beaucoup de mouvement de personnel dans la Ligue américaine. Je voulais donc m’assurer que chaque joueur apprenne le système. Récemment, j’ai commencé à cibler les joueurs qui évolueront en avantage numérique. Peu à peu, on gagne en cohésion, comme on a d’ailleurs pu le constater ce soir en troisième période.»
Guy Boucher s’est par ailleurs dit encouragé par les récents progrès de l’énigmatique Sergei Kostitsyn, qui a reçu un accueil très mitigé des spectateurs réunis au Centre Bell, vendredi soir.
«Il s’améliore lentement. On lui a demandé d’exploiter davantage sa vitesse. Il était porté à ralentir le jeu et à se fier uniquement sur ses mains, alors qu’il est pourtant un joueur très rapide», a-t-il souligné.
C’est toutefois à l’endroit de Tom Pyatt que l’homme de hockey de 38 ans s’est montré le plus élogieux. Le jeune attaquant issu de l’organisation des Rangers de New York fait partie des joueurs des Bulldogs qui ont été appelés en renfort par le Canadien au cours des derniers jours en compagnie de Ryan White et Mathieu Carle.
«Pyatt est arrivé de nulle part, mais c’est lui qui a eu le plus d’impact sur nos matches cette saison. Il est à la fois énergique dans ses replis défensifs et agressif dans ses charges en offensive. Il représente à merveille ce que nous tentons d’inculquer chez les Bulldogs en termes d’éthique de travail et d’acharnement», a conclu Guy Boucher.




