«J'aurais tant aimé vous amener vers la victoire»

Gérard
Gérard Martin
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Annie Jean, s'adressant à ses militants

Très émue de son propre aveu, Annie Jean a été brève dans ses commentaires lors de son discours devant les militants réunis au pub St-Georges pour cette soirée électorale qui, elle en a convenu, a réservé son lot de surprises.

Annie Jean a accueilli sa défaite avec beaucoup de dignité en compagnie de ses supporteurs et organisateurs réunis au pub le St-Georges.(Photo : Ghyslain Bergeron)



Devant l'évidence de sa défaite, la porte-étendard du Parti québécois dans la nouvelle circonscription de Drummond-Bois-Francs n'a pas caché sa déception.

«J'aurais tant aimé vous amener vers la victoire», a-t-elle d'abord dit à ses supporteurs qui l'ont chaleureusement applaudie dès son arrivée, vers les 22h10, en compagnie de son conjoint et membre de son organisation, Pierre Couture, et de l'ex-député-ministre Normand Jutras.

Bien sûr, Mme Jean a été la première à reconnaître qu'elle ne s'attendait à une défaite, pas à cette défaite, et qu'il était bien tôt pour l'analyser en profondeur.

Toutefois, celle-ci a risqué une explication en disant que le redécoupage de ce comté avait peut-être rendu les choses plus compliquées.

«Il va falloir travailler autrement pour que le Parti québécois fasse sa place dans cette circonscription», a suggéré Mme Jean, laissant à entendre qu'elle allait continuer à travailler pour cette formation.

Bien sûr, Annie Jean n'a pas manqué de se réjouir l'élection de Pauline Marois à titre de première ministre du Québec, devenant ainsi la première femme à occuper ce prestigieux poste.

Elle a également salué quelques autres belles victoires péquistes dont celles de Jean-François Lisée et de Léo Bureau-Blouin, s'est inquiétée de la lutte très corsée à ce moment-là dans Johnson impliquant Yves-François Blanchet et a fait référence à la défaite de Jean Charest dans Sherbrooke en applaudissant la victoire de Serge Cardin.

Bien sûr, Mme Jean a remercié tous les membres de son équipe dont ceux qui l'ont accompagnée dans cette aventure depuis sa mise en candidature en février dernier et a eu de bons mots pour les électeurs qui lui ont témoigné sa confiance.

Se faisant le porte-parole des supporteurs péquistes, Daniel Parent, son directeur de campagne, a félicité Annie Jean pour la qualité de sa campagne et pour tout le travail qu'elle y a consacré.

«Annie, nous sommes tous très fiers de toi. Les gens de Drummond-Bois-Francs ont manqué la chance de se donner une députée de ton calibre à l'intérieur d'un gouvernement du Parti québécois», a exprimé M. Parent en signifiant son incompréhension face à ce résultat.

Une expérience extraordinaire

Quelques minutes plus tard, lors d'un entretien avec le journaliste de L'Express, la candidate s'expliquait mal cette défaite elle aussi, mais l'assumait.

«C'est étonnant. Je ne l'ai pas vu venir, même si au cours de la dernière semaine, j'ai senti qu'il y avait encore beaucoup d'indécis et que la CAQ gagnait du terrain. Les gens ont voulu manifester une volonté de changement et c'est le choix qu'ils ont fait. La démocratie a parlé», a-t-elle confié.

Annie Jean a félicité le député élu, Sébastien Schneeberger, qui reprend donc du service pour le compte cette fois de la CAQ.

«J'espère sincèrement qu'il va répondre aux attentes, qu'il va savoir porter les dossiers de Drummond-Bois-Francs, qu'il sera à l'écoute et qu'il saura se lever le temps venu à l'Assemblée nationale. Je lui souhaite bonne chance», a dit la candidate défaite en reconnaissant toutefois que la position de M. Schneeberger dans la 2e opposition n'est pas nécessairement la meilleure pour les électeurs de Drummond-Bois-Francs.

Que réserve l'avenir à Annie Jean. Chose certaine, elle ne retournera pas à son poste de directrice générale de Centraide Centre-du-Québec et prendra un temps de réflexion.

Elle reconnaît volontiers qu'en dépit du résultat, elle a adoré cette première aventure sur le terrain politique.

«Cela a été une expérience extraordinaire et je lève mon chapeau à tous les candidats et candidates de tous les partis. Je vous le dis, ça prend une dose d'humilité et beaucoup de conviction pour se présenter de porte à porte. Mais, c'est formateur comme expérience humaine. J'ai rencontré de belles personnes d'un bout à l'autre du comté, j'aurais tant aimé les servir», a conclu Mme Jean, gardant ainsi une porte ouverte à une prochaine candidature, elle qui affirme avoir toujours la même enthousiasme pour le projet de pays.

Organisations: Parti québécois, Assemblée nationale

Lieux géographiques: Québec, Sherbrooke

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Derniers commentaires

  • Louise
    05 septembre 2012 - 10:42

    J'aimerais vous féliciter pour la belle lutte que vous avez faite à la CAQ. Malgré votre défaite (bien triste), vous n'avez pas à baisser la tête. Les gens sont plutôt lent à comprendre. Félicitations

    • Doris L.
      06 septembre 2012 - 08:51

      Ne serait-ce pas la peur et le découragement qui paralysent beaucoup plus que le cynisme ou une lenteur de compréhension des gens. --- Multiples facteurs peuvent interférés dans un choix éclairé selon l’expérience individuelle et sociale. Comme par exemple : • le fait de voter pour un député et un chef par la même occasion • le fait d’être entre deux sessions d’une commission importante • que c’est loin d’être la majorité de la population qui a accès Internet ou Tweeter et encore là, il faut savoir où et comment obtenir la bonne information accessible • le fait qu’une législation provinciale est appliquée de façon inquiétante par certaines autorités municipales • que divulguer publiquement une information reçoit comme réponse « on est une société de droits » (vous allez subir si vous continuez à ternir l’IMAGE, la perception) • Les nombreux partis • Les coûts générés (financement des partis et autres) • Etc. Etc. Etc.……. La liste est longue… Être unifié est loin d’être une mince affaire ! Autrement dit, pour plusieurs, « on ne sait plus à qui faire confiance et comment s’exprimer pour éviter le pire ». Prendre un risque est devenu de la haute voltige. On nous impose d'une façon ou d'une autre. --- Même moi, sachant habituellement faire des choix justifiés, étais tiraillée jusqu’au 26 août. --- En bref, les résultats d’élections générales 2012 reflètent l’opinion très très partagée au sein de la population. Malgré les efforts du DGE et de tous les candidats, 25% des personnes habiles à voter étaient absents au rendez-vous 2012.

    • Martin H.
      08 septembre 2012 - 10:26

      Faut croire que je fait parti des gens "lents". J'peux également vous garantir que je vais être encore "lent" à voter pour le PQ! Vous avez donc les bons mots pour attirer des gens de votre bord.