Sans incarner une solution miracle, la Rue'L propose aux jeunes une réconciliation avec les études. C'est pourquoi cette école de la rue se veut plus adaptée à ceux qui ont décroché du système scolaire traditionnel et qui éprouvent aussi des difficultés dans la formation aux adultes.
Même si le succès n'est pas garanti à 100 %, cette nouvelle alternative promet de faire son chemin, à condition d'être patient.
Par exemple, le jeune Alexandre Letendre n'a pas fait long feu à la Rue'L. Il était souvent absent. Après seulement quelques semaines, il a laissé tomber… mais la porte lui est grande ouverte.
«On lui a dit de régler ses choses, de se rendre disponible et de nous revenir quand il sera prêt. On a pris une entente conjointe avec lui. Le but est que le jeune ne vive pas un échec», explique Josiane Lauzière, travailleuse de milieu, faisant valoir la souplesse de cette école. «Mais les jeunes ont quand même des comptes à rendre», insiste-t-elle.
Le plongeon semble mieux se dérouler pour les autres «écoliers», même pour Sébastien Jacques, qui avait déserté les salles de classe depuis 10 ans. «Les deux ou trois premiers jours n'ont vraiment pas été faciles!», commente-t-il.
En plus de la collaboration du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, la Commission scolaire des Chênes (CSDC) et Emploi-Québec se sont joints au Refuge La Piaule du Centre-du-Québec pour travailler au démarrage de la Rue’L.
Les jeunes ciblés par cette école sont âgés de 18 à 30 ans. Leur niveau de connaissances varie de présecondaire au deuxième secondaire. Ils sont également bénéficiaires de l’aide sociale. Les inscriptions sont possibles tout au long de l’année.
Le mode d’enseignement, offert par des professeurs de la CSDC, est basé sur la pédagogie individualisée, telle qu’à la formation aux adultes, à laquelle s'ajoutent des activités et des projets socioculturels. La formation se donne du lundi au vendredi, de midi à 17 h.
«Ce projet est une innovation qui n'existe qu'à peu d'endroits dans la province et qui a été créé en réponse à un besoin pressant d'une clientèle jeune», a indiqué Jean-Guy Tardif, directeur du centre local d'emploi de Drummondville.
D'autres écoles de la rue ont déjà fait leurs preuves ailleurs, comme à Québec, à Trois-Rivières et à Longueuil. Cette expertise a été mise à contribution, sans oublier les nombreux partenaires et donateurs, à l'exemple de Desjardins Caisse de Drummondville.
Pour prendre part à la Rue'L, les participants sont intégrés au programme d'aide et d'accompagnement social Interagir. Des sacs d'école, contenant des articles scolaires et des effets personnels, sont fournis par Emploi-Québec.
Le ministère s'est également engagé à débourser pour les volumes pédagogiques nécessaires.




