Des adhérents français s'intéressent à notre agriculture et à notre modèle coopératif



Les adhérents du groupe Terrena ont eu accès à la voiture à foin pour faire un tour guidé de diverses parcelles de culture. À l'avant, on reconnaît les hôtes de la ferme Damilau avant le départ.(Photos : Ghyslain Bergeron)

Les adhérents du groupe Terrena ont eu accès à la voiture à foin pour faire un tour guidé de diverses parcelles de culture. À l'avant, on reconnaît les hôtes de la ferme Damilau avant le départ.(Photos : Ghyslain Bergeron)

Publié le 5 Juillet 2010
Publié le 5 Juillet 2010
Gérard Martin RSS Feed

De passage dans la région, ils ont été reçus à la ferme Damilau

L'agriculture n'a plus de frontière et les façons de faire non plus, si bien que des adhérents du Groupe Terrena, l'une des plus importantes coopératives françaises, étaient récemment de passage dans la région où ils ont fait le tour des installations de la Coop des Bois-Francs et de quelques entreprises agricoles dont la ferme Damilau, à Notre-Dame-du-Bon-Conseil.

Sujets :
Coop fédérée , Coop des Bois-Francs , Laflèche Tourisme , Ontario , Québec , Loire

Ces 44 visiteurs, en provenance principalement de la Loire, ont ainsi passé une journée dans le Centre-du-Québec à l'intérieur d'un voyage d'une semaine dans la Belle Province qui a pris fin en Ontario, aux Chutes Niagara, pour la partie récréative, avec le bon support de l'accompagnateur Laflèche Tourisme.

 

Chez nous donc, les adhérents été accueillis à cette ferme du 9e rang Simpson qui oeuvre au niveau des grandes cultures par les propriétaires, Damien Lemire et Laure Brousseau, ainsi que par l'un des enfants du couple, David, qui travaille à temps plein au sein de cette entreprise familiale.

 

Damien Lemire, précisons-le, est un administrateur à la fois à la Coop des Bois-Francs et à Coop fédérée, une fédération qui regroupe plus de 90 coopératives réparties au Québec, en Ontario et en Alberta.

 

Jean-François Harel, de la Coop fédérée, et Jessica Langlois, de la Coop des Bois-Francs, ont également apporté leur contribution à l'organisation pour cette portion du périple, tout comme Vincent Nadeau, pour la visite des installations de la Coop des Bois-Francs.

Un intérêt mutuel

Pour en revenir à M. Lemire, il est un habitué de ces échanges, puisqu'il a eu lui-même l'occasion de participer à quelques voyages à l'étranger dont, l'an dernier, en France, avec d'autres administrateurs et dirigeants de la Coop fédérée.

Selon le producteur bonconseillois, ces rencontres sont des occasions exceptionnelles d'échanger sur les façons de faire des uns et des autres, d'y prendre des idées nouvelles et aussi de partager nos réalisations.

 

Au fil des ans, depuis 1997, en collaboration avec l'OPA (Organisation professionnelle agricole), il a de plus reçu à sa ferme une douzaine de stagiaires français, des fils de producteurs pour la plupart qui, une fois les études en agriculture complétées, sont tenus d'effectuer un stage à l'extérieur de la ferme des parents s'ils choisissent de s'établir.

 

Damien Lemire, il va sans dire, est de ceux qui croient en la richesse des échanges à tous les paliers entre intervenants agricoles de pays différents, conscient qu'aucun n'a le monopole du modèle parfait et qu'il y a toujours à apprendre de ce qui se fait ailleurs.

Projet Chrysalide

Par exemple, parce qu'ils sont liés eux-aussi à une coopérative, les producteurs français ont manifesté un grand intérêt envers le projet Chrysalide mis de l'avant par la Coop fédérée dont un des volets, lorsqu'il arrivera à terme, fera en sorte que l'on aura réduit d'une quarantaine à une douzaine le nombre de meuneries sur le territoire qu'elle dessert.

Pour des raisons d'efficacité et de rentabilité, le Québec se retrouvera donc avec de plus grosses unités de production d'aliments pour le bétail ayant pour la plupart chacune leur propre créneau.

 

Ce réaménagement, on le comprend, signifie la fermeture de plusieurs petites meuneries qui laisseront la place à de plus grandes, comme cela s'est fait, par exemple, au niveau des fromageries.

 

Selon M. Lemire, les Français s'intéressent à ce projet actuellement en cours de la Coop fédérée, non pas parce qu'ils sont décontenancés par la taille des meuneries qui vont en découler, puisque l'on en retrouve chez eux de plus importantes encore, mais plutôt par le chemin emprunter pour favoriser cette intercoopération entre les partenaires du réseau.

 

De leur côté, les délégués de la Coop fédérée, lors de leur passage en France, avaient eu l'opportunité de vérifier sur place le fonctionnement de ces grandes unités de production et d'y mesurer les avantages et inconvénients avec le concours des responsables habitués à composer avec des volumes aussi grands que 375 000 tonnes/an, comme ils ont vu là-bas.

 

Outre ces curiosités autour du modèle coopératif, les producteurs français avaient manifesté autres intérêts dans l'élaboration de ce voyage.

 

Ainsi, ils avaient souhaité visité, entre autres, un centre de production de la canneberge, un projet qui a pu se concrétiser grâce à la ferme Canneberges Bécancour (SMIC), de Saint-Louis-de-Blandford.

 

Les adhérents avaient également manifesté leur intérêt pour la découverte d'une ferme laitière munie d'un robot, ce qu'ils ont pu faire dans les Bois-Francs, à la ferme Simondale, de Saint-Chritophe-d'Arthabaska.

 

C'est donc à partir de là qu'ils sont pointés à Notre-Dame-du-Bon-Conseil pour une visite de cette entreprise dédiée aux grandes cultures, le tout suivi d'un méchoui.

La ferme Damilau

Devant les visiteurs, Damien Lemire et son fils David ont fait une courte historique de la ferme, et ce, avant de parler du type de production qu'on y pratique aujourd'hui.

Ainsi, après une carrière dans l'insémination, Damien et son épouse Laure se portent acquéreurs d'une première ferme vers la fin des années 1970 afin d'y poursuivre une tradition très ancrée chez les Lemire.

 

Malheureusement, cette première ferme passe au feu et c'est alors, en 1980, que le couple fait l'acquisition d'une belle ferme laitière que l'on gardera en exploitation jusqu'en 2001 après y avoir apporté diverses transformations au fil des ans dont un changement complet de troupeau.

 

En 2004, la ferme Damilau prend un nouvel essor avec l'acquisition de nouvelles terres, ce qui fait en sorte que l'on passe de 227 à 620 acres et que l'on prend un virage accéléré vers la production des grandes cultures.

 

Aujourd'hui, c'est la production de soya qui occupe la plus grande partie des terres avec 332 acres, suivie de celle du maïs, avec 230.

 

Toutefois, ce qu'il y a de particulier à la ferme Damilau, ce sont les 176 acres dédiées à la production de blé et surtout les 90 autres vouées à celle du triticale, un hybride de blé et de seigle, qui, dans les deux cas, sont en fonction de la consommation humaine.

 

Cela fait en sorte que les Lemire sont liés à des protocoles très sévères qui ont donné lieu à différents échanges avec les adhérents français manifestement fort intéressés par toutes ces questions.

 

Après une visite des parcelles de terre, on a donc pu poursuivre les échanges dans le cadre d'un méchoui.

 

Denis Richard et Laurent Bousquet, respectivement président et 2e vice-président de la Coop fédérée, ainsi que Claude Beauchesne, vice-président de la Coop des Bois-Francs, ainsi que les administrateurs Gilles Morin, Sophie Bédard et Claude G. Couture ont joint le groupe pour cette partie festive de la rencontre.

 

Selon Damien Lemire, ce fut encore là une occasion de poursuivre les échanges et de constater que d'un côté comme de l'autre de l'océan, les grands enjeux de l'agriculture se ressemblent et qu'il y a parfois des éléments de solution qui ont été expérimentés ailleurs.

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