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L'abattoir Colbex conclut son année avec une perte de 7,5 M$

L'abattoir Colbex conclut son année avec une perte de 7,5 M$

L'abattoir Colbex conclut son année avec une perte de 7,5 M$

Lise Tremblay
Publié le 24 Février 2010
Publié le 10 Juin 2010
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La Régie des marchés agricoles pourrait ouvrir une enquête

Pendant que l'Association de défense des producteurs de bovins (ADPB) attend patiemment le début des audiences de la Régie des marchés agricoles, qui auront lieu au mois de mai, l'abattoir Colbex de Saint-Cyrille-de-Wendover continue de cumuler les pertes. Au cours des deux dernières années, l'entreprise a perdu pas moins de 12,5 millions $.

Sujets :
Fédération des producteurs de bovins du Québec , Levinoff-Colbex , Régie des marchés agricoles , États-Unis , Québec , Japon

De façon précise, la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ), qui a acquis l'abattoir Levinoff-Colbex en 2006, envisage une perte d'opération de 7,5 millions $ pour l'année 2009 (le mois de décembre n’étant pas comptabilisé).

Selon le rapport qu’elle a émis sur son site Web il y a quelques jours, le volume de vaches abattues a diminué de façon importante comparativement aux années précédentes. Cette baisse serait attribuable à la hausse des droits de production laitière octroyée depuis deux ans et à la mauvaise qualité des récoltes.

En 2009, Colbex a abattu quelque 133 000 têtes (moyenne de 2558 têtes par semaine) alors que son seuil de rentabilité est de 156 000 têtes par année (ou 3000 têtes par semaine). «Nos pertes d'opérations ont détérioré notre fonds de roulement, ce qui a entraîné une intervention de la Fédération sous forme de cautionnement à la banque pour soutenir nos activités. La hausse substantielle des abattages depuis le mois d'octobre, où nous atteignons régulièrement un volume de plus de 3000 vaches et bouvillons par semaine, nous permet d'améliorer notre fonds de roulement, ce qui sécurise la banque pour l'instant», peut-on lire dans le rapport annuel.

Mis à part le faible volume d'abattage, précisons que l'année 2009 a été caractérisée par une chute dramatique du prix des peaux. De plus, comme en 2008, Levinoff-Colbex a dû assumer des coûts annuels récurrents de l'ordre de plus de 4 M $ en raison de la réglementation canadienne sur l'interdiction des matières à risque spécifiées (MRS) dans l'alimentation animale. Cette réglementation, qui n'a pas d'équivalent aux États-Unis, compte parmi les principaux facteurs affectant la compétitivité de l'abattoir.

Deux abattoirs canadiens ont d'ailleurs dû cesser leurs activités au cours de l'année en raison de ces normes. «Le défi le plus important de l'entreprise est d'aller chercher le maximum de vaches de réforme au Québec pour se rapprocher le plus possible de son seuil de rentabilité. Concrètement, cela signifie que dès 2010, il nous faut hausser notre volume local de 10 000 à 15 000 têtes par semaine. Il s'agit d'un élément fondamental pour assurer la pérennité de l'entreprise», révèle la Fédération dans son rapport.

Japon

Au moins, en 2009, La Fédération a tenté de diversifier ses sources de revenu pour Colbex. Depuis octobre, les employés abattent et découpent à forfait 200 bouvillons par semaine pour Zensho, une entreprise japonaise qui possède plus de 3000 restaurants sous différentes bannières. D’après la Fédération, Zensho a manifesté l’intérêt de hausser le volume en 2010, mais comme le précise Rudolf Binggeli, président de l’ADPB, qui regroupe près d’un millier de producteurs d’un bout à l’autre de la province, ce contrat, bien qu’intéressant, n’est pas une source de revenu garanti à long temps. «Nous sommes contents de voir que la Fédération essaie de trouver des solutions, mais nous avons une petite réserve. Nous avons appris que ces contrats sont renouvelables aux trois mois», a-t-il informé à L’Express. Mardi soir, une soixantaine de producteurs de bovins ont d’ailleurs participé à l’assemblée générale annuelle régionale de leur syndicat à Notre-Dame-du-Bon-Conseil (une tournée provinciale est en cours). C’est à cette occasion qu’ils ont notamment obtenu certains détails concernant le contrat japonais. «Les producteurs sont inquiets et plusieurs sont réellement découragés. Ils sont tannés de payer pour Colbex. Chaque année, la Fédération nous en demande plus. Cette fois, elle propose de changer la méthode de calcul des contributions. Nous avons l’impression que cette entreprise est un puits sans fond», a exprimé Rudolf Binggeli, qui gère lui-même une ferme laitière à L’Avenir.

Audiences

Tous ces producteurs inquiets, qui doutent de la viabilité de cet unique abattoir de vaches de réformes de l’est du Canada, seront entendus au cours du mois de mai. De fait, l’Association qu’ils ont formée en juillet 2009 a réussi à convaincre la Régie des marchés d’agricoles de débuter les démarches visant à ouvrir une enquête.

Parmi ses demandes, l’Association réclame une enquête sur la gestion de l’abattoir, que tous les chiffres soient analysés et qu’elle puisse obtenir certains documents concernant l’acte de vente, qui n’auraient jamais été déposés au Bureau de publicités des droits réels.

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