Ramex Immobilier fait «drôlement» jaser à Sainte-Perpétue

Gérard
Gérard Martin
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Au grand bonheur de l'équipe du Théâtre du Coq

La présence de pancartes aux couleurs de la toute nouvelle agence immobilière Ramex devant quelques propriétés de Sainte-Perpétue et, plus particulièrement, devant celle du Théâtre du Coq, fait drôlement jaser les gens de ce charmant village et les visiteurs qui s'y amènent cet été pour voir la comédie «Trois requins dans l'eau chaude».

Que tout ce beau monde se rassure tout de suite: ce sympathique petit cabaret-théâtre, de quelque 75 places à peine, inauguré en 2010 pour accueillir la joyeuse troupe du Coq à l'Âme, n'est surtout pas à vendre car ses deux tenancières, Joane Saucier et Charlie Jutras, y ont encore une multitude de projets à explorer au bénéfice de la relève artistique du Centre-du-Québec et d'ailleurs.

La présence de ces curieuses de pancartes Ramex dans le firmament immobilier de Sainte-Perpétue fait donc partie, vous l'aurez compris, de l'astucieuse promotion articulée par ce duo mère-fille pour favoriser la vente des 24 représentations estivales de cette pièce du dramaturge québécois Stéphan Allard.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les deux Perpétuennes ont plutôt bien réussi leur coup car déjà plusieurs des soirées prévues d'ici la fin de la saison, laquelle arrivera le 19 août prochain incidemment, affichent «complet.

Cette effervescence est d'autant plus méritée que les commentaires reçus à date par ceux qui ont vu cette comédie sont plutôt du genre élogieux.

Faut dire que la directrice générale des lieux et sa comédienne de fille ont su y agrémenter la sauce au goût du jour, non seulement en mettant au menu une pièce au texte savoureux, mais en y ajoutant en option cette année une nouveauté gustative, le panier pique-nique rempli de produits fins du terroir centricois.

Et si l'on peut se permettre un petit brin de coq à… l'âne, disons que la prise de possession du panier confectionné par un vannier de Saint-Albert pour ce «Souper sur l'herbe» et la découverte de chacune des belles trouvailles qu'il contient en provenance des éleveurs, producteurs et transformateurs de Sainte-Perpétue et des alentours valent bien cette arrivée plus hâtive au théâtre du 2581, rang Saint-Joseph.

Reconnaissance

La qualité artistique de la troupe, qui s'est manifestée lors des deux premières saisons avec «Pour faire une histoire courte» et «À la vie, à la mort!», jumelée à cet encadrement original et efficace, font en sorte que la reconnaissance du milieu cogne déjà à la porte de l'un des plus petits et plus jeunes théâtres du Québec.

Par exemple, Joane Saucier ne peut cacher son bonheur d'avoir vu le Théâtre du Coq obtenir sa place à l'intérieur du GuideOfficiel.ca 2012, alors que cet outil de référence destiné aux amateurs de spectacles estivaux est pourtant habituellement réservé aux spectacles dits professionnels.

«Le hasard a fait en sorte qu'un membre de l'équipe s'est arrêté à Sainte-Perpétue l'an dernier et qu'il a donc été en mesure de témoigner de ce qui se faisait chez nous lorsque nous avons soumis notre candidature pour une place dans ce guide», raconte Mme Saucier qui tient à partager ce succès avec tous ceux et celles qui gravitent autour du Théâtre du Coq.

À cet égard, elle rend hommage au travail de ses proches dont au premier chef celui de son mari, Mario Jutras, qui n'hésite pas à mettre les mains à la pâte en dépit de ses nombreuses occupations à titre de copropriétaire de PH Vitres d'autos, un important employeur de Sainte-Perpétue.

Plusieurs autres membres des familles Jutras, Saucier, et de celles des autres comédiens de la troupe, sans oublier quelques généreux bénévoles du village qui se sont ajoutés cette année, font en sorte d'apporter à tour de rôle une aide au personnel réduit du Théâtre du Coq, que ce soit, entre autres, à l'accueil, pour la distribution des paniers ou pour assurer le service de bar.

Parlant de ce dernier, selon la volonté des deux fondatrices et avec l'accord de toute l'équipe, on y présente essentiellement un choix de boissons entièrement québécoises, tout cela en concordance avec le recours exclusif aux produits du terroir.

Une autre distinction du Théâtre du Coq, c'est que tous les contenants dont ceux pour le Souper sur l'herbe sont réutilisables et la publicité est imprimée sur des médiums 100% recyclés.

«Faire des choix d'achats locaux et éco-responsables fait partie des priorités que je partage avec Charlie», confie Joane Saucier en précisant que le sort de la planète et le recyclage sont des causes bien imprégnées en elles.

Triomphe de la région

En ce qui a trait à la pièce, on pourrait dire que «Trois requins dans l'eau chaude» est fait sur mesure pour Sainte-Perpétue, une petite municipalité comme bien d'autres qui se bat pour créer ou, à tout le moins, pour conserver ses emplois chez elle, tout en laissant une place à ses jeunes.

De fait, l'histoire tourne autour de l'agence montréalaise immobilière Ramex qui, face à un ralentissement des ventes à son bureau régional, menace de le fermer pour de bon.

Le défi imposé par l'entreprise-mère aux trois agents en place pour sauver le petit bureau consiste en rien de moins que de vendre dix maisons en sept jours.

Le défi est gigantesque pour les Jacques Samson (Guillaume Pelletier), Catherine Vincelette (Charlie Jutras) et David Trudeau (Benoît Arcand) lorsque l'on sait que le trio n'a pas réussi à concrétiser une seule vente en quatre mois.

Avec l'aide de David, le jeune vendeur naïf, et de la charmante mais sournoise Catherine, le responsable du bureau, le sieur Samson en l'occurrence, se lance donc à corps perdu dans ce concours forcé qui prend davantage des allures de guérilla interne lorsque l'on apprend sur le tard qu'un poste d'agent seulement, pour la grande ville de surcroît, pourra peut-être être sauvé.

Grâce à une habile mise en scène de Réjean Vallée et de son assistante, Vickie Mercier, et avec la belle complicité des trois comédiens, cette lutte intestine prend des allures parfois loufoques, toujours drôles. La performance des trois finissants en théâtre est d'autant plus méritoire qu'ils doivent incarner au total huit autres personnages, des clients pour la plupart pour le moins colorés.

Il faut aussi souligner le travail de Cloé Alain Gendreau, à la scénographie, et d'Yvan Demanche, à la technique, qui doivent faire avec un espace relativement restreint.

Incidemment, s'il est un projet qui est actuellement sur la table au Théâtre du Coq, au dire de sa directrice générale, c'est bien celui d'agrandir l'arrière-scène pour offrir de meilleures conditions aux comédiens et à ceux qui les accompagnent dans leur jeu.

Et pour en conclure avec la pièce, sans en dévoiler le punch final, disons que l'aventure se termine plutôt bien pour la petite agence régionale.

À preuve, si vous y passez, la pancarte Ramex y occupe toujours une place de choix devant le Théâtre du Coq.

Organisations: Théâtre du Coq

Lieux géographiques: Sainte-Perpétue, Rang Saint-Joseph, Région En

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