Marie-Josée Lord a séduit l’auditoire avec son «Voyage latin»

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Par Claude BÉRUBÉ (Collaboration spéciale)

Déjà à son entrée sur scène, enveloppée d’une robe rouge qui captait toute la lumière, Marie-Josée Lord rayonnait d’une aura et d’une stature digne d’une grande diva. (Enfin, une artiste qui ne s’habille pas en noir).

Avec son spectacle intitulé «Voyage Latin», la populaire chanteuse lyrique Marie-Josée Lord a exploré plusieurs airs populaires de la musique latine.

Elle qui déclarait qu’elle n’était pas une chanteuse d’opéra a pourtant gagné une kyrielle de trophées internationaux et locaux pour ses interprétations de chants classiques. Elle chante les plus grands airs aussi bien les mélodies plus légères. Elle décrit sa voix comme une voix chaude, avec beaucoup de musicalité et beaucoup d'émotion (un don de Dieu, dira-t-elle) qui lui permet de tout interpréter divinement. Ce qu’elle fit samedi soir dernier à la Salle Léo-Paul Therrien en nous proposant son spectacle «Voyage latin».

Espagne, Argentine, Mexique ont inspiré son répertoire, entrecoupé d’anecdotes, d’histoires et de légendes. Ricaneuse de nature, elle a conquis l’auditoire avec son rire communicatif. En chantant l’éternel «Bésame mucho», on sentit la touche des grandes voix qui donna à cette chanson une dimension personnelle, classique, fort appréciée de l’auditoire. Marie-Josée nous raconta que la chanson «La Foule», popularisée par Édith Piaf, tirait ses racines d’une vieille chanson espagnole «Que nadie sepa mi suffrir», qui, elle, était inspirée d’une autre chanson plus ancienne. Sa performance fut si poignante qu’avant la fin de la dernière note, l’auditoire se leva d’un seul bond pour l’acclamer. Dans la même veine, elle séduisit les spectateurs avec «La Flor de la canela», «Grenada» et «Tico-tico», qui fut la chanson fétiche d’Alys Robi. Son incursion latine lui fit faire un saut aussi dans le répertoire portugais et brésilien, moins connu, mais aussi inspirant.

Guy St-Onge dirigea son ensemble de huit musiciens qui maniaient les guitares, violons, violoncelle, contrebasse, percussions, flûte traversière et accordéon. Le guitariste, David Jacques je crois, nous offrit une performance de haut calibre à la guitare espagnole de «España Cani». Parfois en duo avec Guy St-Onge. Ravissement.

Pour la deuxième partie, Marie-Josée Lord revint dans une robe plissée et de couleur or qui, elle aussi, reflétait la lumière et lui donnait un magnétisme sur scène. Je le souligne parce que peu de nos artistes prennent la peine de porter une autre couleur que le noir de telle sorte qu’ils se fondent dans le décor. Notre chanteuse a compris que le «showbiz» exige une présentation plus «glamour». Petit bémol: notre cantatrice lit ses partitions et ses textes qui servent de ponts. Il me semble qu’elle aurait dû les mémoriser, surtout quand on amorce une tournée.

Pour la petite histoire, soulignons que Marie-Josée Lord est une orpheline née en Haïti. Un couple de Lévis, travailleurs en coopération internationale, fut séduit par elle et l’adopta à l’âge de 6 ans. Période difficile d'adaptation des us et coutumes, de langues et nourritures. Elle apprit le piano classique. Ce ne fut qu’à 22 ans qu’elle découvrit son attirance pour le chant et son ennui pour le piano. Vocation tardive, sa carrière de chant ne débuta qu'en 2003 à l’Opéra de Québec. Starmania vint la chercher pour la version classique et la fit connaitre au grand public. L’an dernier, ce fut «Montréal en lumière» qui la sollicita pour être la co-présidente d’honneur. Comment ne pas la citer comme un exemple d’immigration de première génération réussie, tout comme Michaëlle Jean qui arriva au Québec aussi vers l’âge de 5 ans? Dans une entrevue, elle confia que sa vie est un cadeau de Dieu et du destin : «Je n’ai pas le droit de rater la vie.»

Organisations: Flor

Lieux géographiques: Espagne, Argentine, Mexique Grenada Haïti Lévis Montréal Québec

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