Quand l’adultère devient la vraie farce du «Dindon» de Georges Feydeau!

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Par Claude BÉRUBÉ (collaboration spéciale)

Il est bien pris celui qui croyait prendre, car il devient le dindon (de la farce) dans la pièce écrite par Georges Feydeau en 1896. Au dix neuvième siècle, les auteurs comme Molière, Feydeau et autres, utilisaient la comédie et la farce au théâtre pour fustiger et se moquer des travers de la société comme les plaisirs adultères.

Cette pièce de Feydeau est un amusement assuré.

L’auteur est lui-même issu d’une relation adultérine. Noctambule notoire, joueur invétéré, il mène une vie légère et oisive. Il écrit des pièces de théâtre lorsque son compte bancaire est victime de la sécheresse. Marié depuis dix ans avec quatre enfants, il les quitte tous quand il découvre que sa femme le trompe. Cocu, il lui rendra la pareille et écrira plein de comédies conjugales sur le sujet qui deviendront son œuvre. Tout se terminera quand son cerveau sera ravagé par la syphilis.

Un chassé-croisé infernal

Dans sa pièce le Dindon que le TNM a présentée jeudi à la salle Léo-Paul Therrien, on retrouve bien sûr un chassé-croisé étourdissant. On entre par une porte. On sort par l’autre. Sans arrêt.

Un enchaînement de situations complexes. Quand un personnage courtise la femme d’un ami qui, lui, courtise la femme d’un gros client et ainsi de suite. Et toujours une maîtresse qui survient au moment le plus inopportun. Seize comédiens qui vont et viennent comme dans un manège infernal. Arrive le moment où ils sont tous dans le pétrin. Pour s’en sortir, ils inventeront les mensonges les plus invraisemblables. D’une drôlerie incroyable. Mais dans les faits, ils s’enfoncent davantage. Tout finira par rentrer dans l’ordre à la fin grâce au bâton imaginatif de l’auteur.

Qu’on qualifie ces situations d’intrigues libertines, de marivaudage, d’aventures galantes, de batifolage ou de galipote, elles sont toujours contemporaines et le propos de Feydeau n’est pas désuet mais plutôt d’actualité. Cependant il situe toujours son action au sein d’une élite sociale à l’égard de laquelle, il tient des propos très incisifs. Les titres de ses œuvres sont, à ce chapitre, très évocateurs comme l’Hôtel du libre-échange, La Dame de chez Maxim, la Puce à l’oreille, Mais ne te promène donc pas toute nue.

Un placement publicitaire.

Nous avons eu droit à un clin d’œil. Ce théâtre à Paris est en difficulté financière. Lors de la première, on remarque la présence dans la salle du célèbre chocolatier Henri Menier, qui venait d’acheter l’île d’Anticosti au Québec (1895). Pour le charmer et solliciter un financement de sa part afin d’assurer la pérennité du Théâtre, la troupe a employé la technique du placement de produit. Comme quoi, il ne s’agit pas d’une idée nouvelle et récente. Tout au cours de la pièce, il fut question à l’improviste de chocolat, toujours suivi d’une publicité enregistrée qui vantait les chocolats Menier. Bien sûr qu’à la fin nos artistes ont eu la confirmation de l’acceptation de leur demande. Une pièce de Feydeau est un amusement assuré.

Avec des noms comme Rémy Girard, J.Pierre Chartrand, Linda Sorgini, Véronique Le Flaguais, Alain Zouvi, la distribution des personnages est entre bonnes mains, sans compter que la mise en scène est de Normand Chouinard. Le décor tourne sur lui-même pour nous transporter dans trois endroits différents.

Organisations: Maxim, Théâtre

Lieux géographiques: Paris, île d’Anticosti, Québec

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